‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 493 sur 639 · Arch. Nat., KK. 272, fol. 16 v · texte numérisé non relu

Arch. Nat., KK. 272, fol. 16 v

4. On sait qu'il était frileux. En 1455 on ressoude les chaufferettes d'argent de Monseigneur et de Madame (De Laborde, t. III, 6738). — On maçonna une cheminée en manière de chauffe-pieds dans la « librairie neuve » qui se devait faire à Orléans (L. Jarry, Le Chdtelet tV Orléans au XV<^ siècle, p. 14).

reposer avec ses intimes et se divertir de « choses agréables ». Après les vêpres, l'été, on se promenait dans les jardins. En hiver, le roi se faisait lire diverses belles histoires jusqu'à l'heure du souper, qui se prenait de bonne heure. Puis il i s'ébattait encore et s'allait coucher \

Quelle qu'ait été la frugalité du roi Charles, cette simplicité demeure encore toute solennelle, et la charge d'un grand royaume ne lui laisse pas les loisirs dont jouira plus tard I un Charles d'Orléans. Il y a lieu cependant de penser que I l'emploi de leur journée ne devait guère différer.

Charles a entendu sa messe du matin, dit ses prières et, dans le courant de la journée, expédié ses affaires^ ; puis le duc a plaisanté avec ses amis et fait sa partie journalière i d'échecs. Il gagne maintenant son haut retrait. C'est là « la chambre de sa pensée » : l'été, on en ferme soigneusement I les fenêtres pour la tenir fraîche ; et quand vient l'hiver plui vieux, où se lèvent vents et brouillards, les pertuis en sont étoupés. L'Amour peut bien venir en vain frapper à son huis ^ ! D'aspect lourd, mais de physionomie fine^, Charles d'Orléans i s'est assis devant son comptoir. Ayant ajusté ses besicles sur I son nez, il a ouvert devant lui le petit cahier de ses poésies :

i Or, maintenant que deviens vieulx,

Quant je lis ou livre de Joye Les lunectes prens pour le mieulx, Parquoy la lectre me grossoye 5...

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