Poésies, p
LA NAISSANCE DE MARIE d'oRLÉANS 529
Des lermes tant parmy ma face, Dont, plusieurs foiz, je change place, Alant à part pour crier : las !
L'abit le moine ne fait pas.
Un poète, enfin, célébra la duchesse Marie dans une ballade acrostiche ; elle n'est pas des meilleures ; mais on peut tirer quelques justes indications d'un ensemble artificiel. De cette grande dame entre toutes, le rimeur anonyme entendait obtenir quelque argent : c'est à sa largesse que fera allusion le trait final de son envoi. Toutefois, quand il la nomme « des bonnes la meilleur », célèbre sa douceur, son aimable bonté, sa courtoisie et sa « faconde », l'empire qu'elle exerçait sur chaque « franc cuer », voilà certes des traits véritables qui paraissent bien convenir à Marie de Clèves. Pas n'était besoin pour le dire d'évoquer Dieux et Déesses, les Nymphes et les Muses, et ces femmes fortes de la Bible ' !
^'ame angelique, mer d'honneur meliflue, >rbre de vie apportant le doulx bame, ?cecueil d'amour, rose roial dont flue H-^nexflusible joie qui tous cueurs embame ; mureuse, eslite, excellente et grant dame, oigne chef d'euvre, des bonnes la meilleur, mn vous florist triumphant[e] valleur ; nourtois maintien avez, chère joieuse.
r^e pris est vostre de la fleur lilieuse. mn grant maintien, en douceur, en faconde, <ostre assovye valeur, tant vertueuse, Wn toutes terres, tant que dure le monde, (y^eule vous rent sans per et sans seconde.
Rien plus n'y voy. Les Dieux vous ont eslue Pour régenter, très précieuse gemme, Sur toutes dames : car, de sens et value. Pareille n'a d'Ynde jusqu'à Saint Jame ^