Ibid., no
I 6. Ibid., no 6991.
Lorraine, nous avons lieu de croire que ce jeune homme, un beau chevalier, tout italianisé', et poète de mérite, se montra empressé envers la jeune femme. Ainsi elle reçut de lui un anneau d'or, émaillé à sa devise, avec une pointe de diamants Enfin nous savons que Marie de Clèves prit part à deux de ces sortes de concours poétiques sur un thème donné par le duc, cette innocente récréation des loisirs de Blois. La duchesse s'y est dépeinte comme une mélancolique 3 ;
En la forest de Longue actente.
Entrée suis en une sente, Dont oster je ne puis mon cueur :
Pourquoy je viz en grant langueur Par Fortune qui me tourmente.
Souvent Espoir chascun contente.
Excepté moy, poure dolente, Qui, nuyt et jour, suis en doleur...
Ay je donc tort se me garmente Plus que nulle qui soit vivente ?
Par Dieu, nennil, veu mon maleur.
Car, ainsy m'aist mon créateur, Qu'il n'est paine que je ne sente En la forest de Longue attente.
Elle dira encore, jouant sur sa devise larmoyante + :
L'abit le moine ne fait pas :
Car, quelque chère que je face,
Mon mal seul tous les autres pacc
De ceulx qui tant plaignent leur cas.
Souvent, en dansant, fais mains pas
Que mon cueur, pris en dueil, trespace :
L'abit le moine ne fait pas...
Las ! mes yeulx gectent sans compas