Chastellain, t. II, p
5. On avait produit au procès du duc une lettre du dauphin (fr. 1 8441, fol. 80 vo) : « Mon parrain^ mon parrain ne me faillez pas au besoing et ne faictes pas comme le cheval au pié blanc... ». Voir aussi la compromettante déposition de Edmond Gallet (fol. 117 vo). — Le 16 octobre 1465, Jean d'Alençon se plaignait encore au roi Louis XI des rapports que l'on faisait sur lui ; il lui exposait les pertes qu'il avait subies, «. comme vous avez esté tousjours ma seulle attente et espérance de ma ressource. » [Sign. aut.] (Arch. Nat., J 1021, no 62.)
ce fut ce brutal et honnête homme de guerre, Richemont, tout renfrogné et lippu. Or, depuis qu'il était duc de Bretagne, devenu le plus breton des Bretons, il semblait même oublier qu'il fût encore connétable de France. La duchesse d'Alençon était venue le trouver l'année précédente en Bretagne. Et, malgré la répugnance qu'il avait à se rendre auprès du roi Charles, Richemont s'était embarqué à Nantes' sur une galiote ; remontant le cours de la Loire, il passait par Orléans au mois de juin 1458 : là, sur la prière des procureurs de la ville, il présida à la bénédiction de la cloche de l'horloge municipale, à laquelle il imposa le nom de Cœur de Lys ^ A Vendôme, Richemont avait refusé de siéger, déclarant n'être ni pair de France, ni duc d'un pays faisant partie du royaume ^ Comme il fallait amadouer ce brutal, il avait obtenu la vie du criminel d'Alençon^. Mais le roi Chailes n'entendait pas que Richemont fût venu seulement pour cela. En la présence du roi on lui délégua Dunois pour obtenir son hommage : « Monseigneur, vous devez hommage au roi mon souverain seigneur ci-présent ; faites lui hommage lige à cause de votre duché de Bretagne... » Le Breton ne le I voulut pas : « Tel hommage que mes prédécesseurs ont tait et je vous fais : et ne l'entends ni le fais lige » \ On ne sut tirer rien de plus de cette tête obstinée.
Après quoi le Connétable accompagna Charles d'Orléans