‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 539 sur 639 · Arch. nat., K. 554 (original) et P. 1365 i · texte numérisé non relu

Arch. nat., K. 554 (original) et P. 1365 i

3. Dépêche du 18 mars 1462 de l'envoyé du duc de Milan à son maître (Bibl. nat., ms. italien 1649, fol- 53' '^^^^^ V^^ Maulde, Histoire de Louis XII, t. I, p. 100, note i).

4. Bibl. Nat., ms. fr. 5738, fol. 35 vo (à la suite du discours de Charles d'Orléans en faveur du duc d'Alençon, sans titre ni date).

reçut une « ceinture d'Espérance » suivant son cri et sa devise. Madame d'Orléans, « la nompareille du monde », un cygne sans tache noire, comme celui qui figurait dans l'ordre de la maison de Clèves. Monseigneur d'Angoulême :

Seigneur humain, doulx et prudent,

Pere de paix et union,

Qui estaignez tout feu ardent

De noise et de division,

reçut la salamandre très propre, comme l'on sait, à éteindre les flammes. Quant à Charles de Bourbon, l'archevêque de Lyon, ce humble, bégnin et charitable », Mademoiselle lui ofl'rit une belle palme toujours verdoyante. Puis le poète s'adressa à ces « très haulx princes et seigneurs magnanimes » dont la gloire ne saurait être assez dignement célébrée :

Car Ulixes et Tulles ingenieulx

En beau parler, doulx et armonieulx,

Ad ce faire seroient trop estranges.

11 leur présenta la petite Marie, âgée de moins de quatre ans, qui venait d'offrir ces entremets :

Mademoiselle, vostre humble parente.

Devant vous tous humblement se présente. De cueur joyeulx vous faisant révérence. Qui, pour sa grant et nouvelle jouvente. Ne vous peut pas déclairer son entente. Ne saluer, par faulte de loquence...

11 annonçait maintenant l'humble requête de Mademoiselle : comme on avait jadis fait des vœux sur les paons et sur les faisans (ainsi venait de les renouveler d'ailleurs le duc Philippe le Bon), elle leur demandait qu'il leur plaise :

Sur ce signe honneste Faire les veuz...

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car, ajoutait le poète, la petite princesse est « du lignage du chevalier au signe ». Sur quoi U remercia la compagnie.

Le 27 juin 1462 arrivait à Orléans la nouvelle de la naissance du fils de Charles'. Evénement inattendu, changeant bien des projets, et que le duc tenait pour un miracle de Dieu ^ Dans sa joie il faisait payer 412 livres à cette honnête dame, Marguerite de Husson, en récompense de « certaines promesses » qu'elle lui avait faites 3. Sans doute Charles d'Orléans perdait joyeusement un pari au sujet de l'hoir mâle qu'il n'attendait plus^.

Le roi Louis, qui se trouvait alors à Amboise, avait bien accepté d'être son parrain, ainsi que la reine d'Angleterre, Marguerite d'Anjou, la fille malheureuse du roi René 5. Louis se rendit donc à Blois ; mais il s'arrêta à la porte du donjon, qui était alors une sorte de lieu public : il n'entra pas au château. C'est là que se forma le cortège, et l'on traversa la première cour où se trouvait l'église Saint-Sauveur. L'évêque de Chartres reçut le roi sous le porche : ainsi l'on se rendit aux fonts. Pendant la cérémonie, comme le roi touchait les genoux de l'enfant, celui-ci pissa dans sa manche. Louis XI vit là un mauvais signe : « Cet enfant qui ne fait que de naître », observa-t-il. Le roi monta cependant, d'assez méchante humeur, dans la chambre où gisait la mère, richement habillée et couverte de ses perles ; il la salua, se plaignit de sa mésaventure, refusa de dîner au château, allé-

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