‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 56 sur 639 · De Maulde, Condition forestière de l'Orléanais, p · texte numérisé non relu

De Maulde, Condition forestière de l'Orléanais, p

7. Cousinot, p. 110 ; Religieux de Saint-Denys, t. IV, p. 143 ; voir son portrait dans C. Couderc, pl. LX, LXII, et la petite peinture du Musée Condé à Chantilly.

8. Marcel Thibault, o[). cit., p. 426. — Les amours d'Isabeau de Bavière et du duc d'Orléans sont du domaine de la légende ou du roman. Ils eurent seulement des intérêts communs. Brantôme est naturellement l'auteur le plus informé sur ce sujet ; toutefois une longue satire allégorique, rédigée par un Bourguignon vers 1420, a décrit sous forme de bergeries quelques épisodes où l'on croit reconnaître certains témoignages de cet amour (Le Pastoralct, Collection des Chroniques belges, textes français). Ce document est fort suspect.

dont les intérêts, en Italie comme dans l'empire, étaient contrecarrés par ceux de Louis d'Orléans. Longtemps elle s'était montrée toute Bourguignonne et c'est au duc Philippe qu'elle avait dû la présidence du conseil (1403). Longtemps enfin elle avait été l'arbitre des querelles qui servaient d'ailleurs ses propres intérêts et ceux de sa famille. Aujourd'hui elle trouvait dans Louis d'Orléans un protecteur. Et peut-être chercha-t-elle par sa coquetterie à diriger selon ses vues un homme sensible aux avances de toute femme.

En fait Jean Sans-Peur reprit passionnément les querelles de son père, sut se rendre lui aussi très populaire en protestant contre des tailles levées sur le peuple à titre de subsides de guerre On débitait alors dans les tavernes toutes sortes de calomnies sur le duc d'Orléans et la reine Isabeau ^ ; des gens, bien informés, savaient que six chevaux chargés d'or monnayé étaient passés en Allemagne. Or n'était-il pas évident que la reine Isabeau ruinait la France et enrichissait ses bons Allemands 3 ? On accusait enfin Louis d'Orléans d'avoir rompu les huis du trésor de la tour du Louvre Mais à juste titre d'ailleurs, le populaire le tenait pour grand joueur et coureur de filles \

On répétait aussi que le duc d'Orléans et la reine Isabeau avaient tenté de s'emparer du dauphin. Jean Sans-Peur du moins sut le rattraper ; avec une forte armée il rentra dans Paris, se donnant cette fois aux mécontents comme réformateur et protecteur du royaume (août 1405) ^ Quant au

Page 1