Religieux de Saint-Denys^ t. III, p
5. Arch. nat., K. 56, n'' 16 (Paris, 14 janvier 1402) ; Arch, du Nord, B. 1344; Juvénal des Ursins, p. 411.
l'assassinat de louis d'orléans 41
payer'. Il n'en fallait pas davantage pour soulever de grands murmures.
Le duc Philippe de Bourgogne était prudent, avare et pieux\ Il eut l'adresse de se donner comme le défenseur des deniers publics et de ceux des églises du royaume. Or chacun murmurait contre de tels impôts; les Orléanais eux-mêmes trouvaient mauvais qu'on imposât le douzième de la pinte de leur vin% qu'on peignît sur les panonceaux de leurs portes les armes ducales^. L'un d'eux, Jean Gilbert deDonnery, estimait qu'il eût mieux valu (( que ce dy duc fust pendu par la gorge et sa compaignie que il feust oncques entré en cest pays cy... destruit à sa venue » >. Cest Jean Gilbert que l'on pendit ^
L'an 1404 mourut Philippe de Bourgogne et Jean, son hls, lui succéda, celui-là qui, par son courage au désastre de Nicopolis, mérita le surnom de Sans-Peur ; au demeurant un petit homme rude, parlant mal, obstiné, gendre du dauphin Louis et héritier du riche comté de Flandre 7. Sa laideur, ses façons sournoises et brutales, effrayaient la reine Isabeau. Plus qu'elle n'aimait le duc d'Orléans elle craignait le Bourguignon ; elle chérissait seulement ses Wittelsbach