I. Poisics, p. 405. — 2. P. 357. — 3. P
tristesse, qui nous accable avec les années, est-il un meilleur remède que de s'entourer de bons amis ?
Mais s'entour moy plusieurs je voy, Et qu'on rie, parle, chante ou crye, Je chasse hors Merencoliei.
On ne s étonnera donc pas de constater que le recueil de ses poésies prît avec le temps un caractère collectif; de trouver, parmi ses collaborateurs, les officiers et les domestiques de sa maison. C'est là le miracle du séjour de Blois qui mue un médecin, un comptable, un notaire en poète. Mais là-dessus il est bon de s'entendre : dans bien des cas, rimeur serait plus juste.
On connaissait alors deux rhétoriques : celle des clercs, qui écrivaient en vers latins (ils sont déjà assez rares en France) ; celle des laïcs s'exprimant en langue vulgaire, qui enseignait l'art de rimer en roman, la « seconde rhétorique » comme on la nommait \
Ces arts poétiques ne sont aujourd'hui si rares que parce qu'ils ont été extrêmement communs. Ils faisaient consister la poésie dans un agencement mécanique de rimes et dans la connaissance des règles de la versification. On y apprenait la « couple des lais », la forme des ballades, des chansons et des rondeaux. Cette rhétorique était comme une partie de la logique, enseignant à ordonner les mots suivant la mesure. On y trouvait des suites de rimes. Un des théoriciens l'a dit avec simplicité : « les sentences de la prose sont plus belles si elles se terminent en rimes » 3. De la prose rimée, c'est bien cela