COLLABORATEURS POÉTIQUES. — I. LES DOMESTIQUES
Charles d'Orléans nous l'a confessé : le plus beau passetemps qui soit au monde, c'est « de jouer à sa pensée » Mais encore n'est-il de bonnes parties sans bons compagnons. Et le duc les aimait rimeurs; tels ils devaient paraître à ses yeux, sinon doués par la nature, du moins attentifs à lui plaire. Leur prince s'entendait à les provoquer gentiment à l'aurore de la Saint-Valentin. Qui donc n'aurait pas répondu à ce joyeux appel ?
A ce jour de Saint Valeiitiii Venez avant, nouveaux faiseurs ; Faictes, de plaisirs ou douleurs.
Rimes en françoys ou latin.
Ne dormez pas trop au matin :
Pensez a garder voz honneurs ^.
La vie que le duc d'Orléans aimait à partager avec eux était franche et libre ^ :
L'un parle ou dort, et l'autre chante ou crie, Les autres font ballades ou rondeau.
Charles d'Orléans l'a éprouvé : si l'on veut chasser cette