Poésies, p
6. Ibid., p. 250-251. — 7. P. 251-252. Cf. Monstrelet. t, VI, p. loi. —
quand, après 145 1, Fradet lui écrivit une longue lettre sous forme de complainte, lui rappelant le plaisir qu'il avait pris à lire jadis de ses faits « qui ne valent rien » ; ce dont il lui exprimait sa reconnaissance. Cette épître avait aussi pour but de remémorer à Monseigneur comment, au jour de la Saint Valentin, à Tours, une dame avait été son « pair » et lui avait fait promettre d'être sien toute sa vie. Depuis qu'il s'était donné entièrement à elle, Fradet n'avait connu que maux et ennuis. Il ne faisait plus que penser à cette dame ; quel chagrin pour lui de voir qu'il n'arriverait pas à réaliser ses souhaits. Amour lui avait conseillé, en ces termes, d'aller vers le duc d'Orléans, le seul homme au monde qui puisse l'aider :
« Fay donc qu'ayes son accointance, « Et te metz en sa bienveillance :
« Car, se tu le puis faire ainsi, « Tu ne dois point faire doubtance « Que de ta dure desplaisance « Il n'en ait voulentiers mercy. »
Et Fradet recommandait à Monseigneur de ne pas oublier son très humble serviteur, le priant, les mains jointes, de lui donner :
Tel responce que, soirs et mains, Tout mon vivant joyeulx me face.
Il est toujours flatteur d'être le confident de chagrins d'amour. Le duc Charles répondit à Fradet par une bonne lettre en forme de complainte, et fort amicale. Il lui conseillait de combattre sa mélancolie. Comme une confidence en entraîne une autre, le duc d'Orléans lui disait que maintenant s'il était en repos d'Amour, il ne saurait en dire autant de Souci. A ce mal Fradet connaîtrait-il, à son tour.