‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 582 sur 639 · I. Poésies, p · texte numérisé non relu

I. Poésies, p

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un remède ? Question qui provoquait une nouvelle lettre de Fradet'. A la fin de celle-ci, Fradet posait au duc un petit problème concernant un ami : celui-ci était fort amoureux d'une dame qui ne l'aimait pas, et fort aimé d'une autre qu'il ne pouvait aimer : que devait-il faire ?

On pense si cette bonne question devait réjouir le subtil duc d'Orléans. Nous n'avons plus la consultation que Charles dut lui envoyer. Mais c'est en son propre nom que va parler maintenant Fradet quand il dépeint au duc ses chagrins % lui demandant des conseils, se disant prêt à l'aider à toute heure ^ Et sans doute Fradet vint à Blois, puisqu'il composa un rondeau sur les thème alors débattus : En la for est de Longue actente"^ et faciens Faiimosne de doidceurK Le duc lui écrivait que son affaire allait bien : venez me voir et je vous raconterai tout:

Convoitise vouloit rabatre Escharsement, et trop, du sien :

Mais ung peu j'ay aidié du mien, Qui l'a fait cesser de debatre^.

Puis, comme Fradet continuait à se lamenter sur le sujet de ses amours, Charles, impatienté, qui venait en plus d'être joué en cette affaire, lui répondit :

Se regrectez vos dolans jours, Hé, je regrecte mon argent Que j'ay délivré franchement Guidant de vous donner secours.

Se ne sont pas les premiers tours Dont Convostise sert souvent...

Mais, se vous n'avez voz amours.

Puisque Convoitise vous ment, Le mien recouvreray briefment Ou mectray le fait en droit cours?.

I. Poésies, p. 176-181. — 2. P. 279. — 3. P. 280. — 4. P. 322. — 5. P. 325. - 6. P. 335- — 7- P- 336.

A la Saint Valentin qui suivit' (145 5 ?), Fradet devait parvenir à ses fins. Il semble bien qu'il s'agissait de son propre mariage, pour lequel le duc d'Orléans avait cautionné une certaine somme d'argent. Mais Fradet se montra ingrat : marié, il disparut de la circulation et oublia son bienfaiteur. Le duc d'Orléans le relançait avec bonne grâce, comme nous l'apprend le joli rondeau ^ :

Crié soit a la clochete Par les rues, sus et jus :

Fredet, on ne le voit plus.

Est il mis en oubliete ?

Jadis il tenoit bien conte De visiter ses amis :

Est il roy, ou duc, ou conte, Quant en oubly les a mis ?

Banny, a son de trompeté, Comme marié confus, Entre Chartreux ou reclus.

A il point fait sa retrete ?

Fradet s'en excusait mollement \ Le duc lui demandait de ses nouvelles^ et, dans une joyeuse ballade macaronique, lui donnait de sages conseils sur la conduite à tenir comme nouveau marié ^ :

Bon régime sanitatis

Pro vohis neuf en mariage...

Mais Fradet paraissait disposé plutôt à les éluder.

On aimerait à connaître la personnalité de Fradet, entré si avant dans l'intimité du duc d'Orléans, et qui rimait avec

I. Poésies, p. 341. — 2. P. 350. — 3. P. 350-351. — 4. P. 351.

5. Le nom de Fradet est gratté et remplacé par « prince » dans l'envoi de la ballade sur le ms. fr. 25458. Le ms. de Carpentras, copié avant ce grattage, entre plusieurs variantes qui montrent que le duc a achevé de macaroniser sa ballade, nous donne la variante : Fredet.

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une grande habileté \ Il appartenait sans doute à une famille connue auxv^ siècle dans le Berry, dont un membre, doyen du chapitre de Saint-Etienne de Bourges, fonda une chapelle dans la cathédrale \ On l'identifie avec un certain Guillaume Fradet, licencié en lois, que l'on rencontre en 1423 comme garde du scel de la Prévôté de Bourges, en rapport avec le Bâtard d'Orléans ^ Ce n'est là qu'une hypothèse.

C'est avant 145 1 que Jean, duc d'Alençon, a composé le bizarre rondeau : Le Vigneron fut atrapé, en réponse à un rondeau de Charles d'Orléans :

1. Faut-il corriger Fedé en Frede dans la « complainte sur la mort de Millet » publiée par M. A. Piaget, dans la Romania, t. XXII ? Dans ce cas il aurait joui d'une véritable renommée littéraire que méritait son talent.

2. Des Méloises, Vitraux peints de la cathédrale de Bourges, p. 33.

3. Bibl. Nat., P. Orig., 2158, Orléans, 522. — Il exerçait cet office dès 1419 (Bibl. nat., Clairambault, Titres scellés 29, fol. 2171). En 1433 il était toujours en cette charge (Bibl. Nat., P. Orig., 1560, Isnard, 2). — En 1458 on trouve que noble homme Jean Fradet, écuyer, cédait à Etienne de Clamec}^, bourgeois de Bourges, une pièce de terre au village de Rougière (Bibl. Nat., P. Orig., Fradet, 1230, no 5) ; en même temps avait lieu un échange de terres entre ce Jean Fradet et Marie, veuve de Pierre Anjorrant, bourgeois de Bourges (Bibl. Nat., P. Orig., 70, Anjorrant, 4). — En 1462 Pierre Fradet, doyen de l'église de Bourges, faisait son testament et dotait une chapelle de la cathédrale d'un vitrail. Il est dit fils de Pierre Fradet, écuyer, capitaine de La Charité et de la grosse tour de Bourges (f 1449) et d'Agnès Rupy de Cambray (f 1456). Il nomme ses frères Nicolas (exécuteur testamentaire), Geoff'roy, Jacques, sa sœur, l'abbesse, et lègue des livres de droit à son neveu Pierre Fradet, dit le jeune (Arch. du Cher. Testaments, fonds de Saint-Etienne no 372. Communication de M. A. Gandilhon). — Le 4 décembre 1463, noble homme Jacquelin Fradet, écuyer, seigneur de la Chaise, louait son hôtel de Sainte-Catherine, près la porte de Bourbonnoux à Bourges, à Jean Loys, hôteher (Bibl. Nat., P. Orig., 1230, no 6). — En 1470, noble homme Jean Fradet, écuyer, valet de chambre du duc de Guyenne (Ibid.. no 7). — En 1480 Durand Fradet, seigneur des Granges, conseiller et maître d'hôtel du roi, prévôt de son hôtel (Ibid., no 9), — En 1483, restitution de la dot de Simonde Garnière, veuve de feu Etienne Fradet, en son vivant seigneur de la Chaise (Ibid.). — • Armoiries des Fradet (Bibl. Nat., Doss. Bleus, 292). — Il y a une famille Fradel ou Fradet en Bourbonnais (Arch. de l'Allier, Série E. 968. C'est le terrier de noble homme Durand Fradet, escuier, seigneur de Granecte, escuier d'escurie de monseigneur le duc et prevost de son hostel...i^6S-i4j'j).

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