Poésies, P. 303. — 4. P
5. Vayssière, Fragment d'tm compte de Gilles le Tailleur, argentier de Charles I duc de Bourbonnais, Paris, 1891, p. 18 (BulL arch. du comité des travaux hist. et scientifiques). — 6. Poésies, p. 309. — 7. P. 310. — 8. P. 311. — 9. P. 354. — 10. P. 334-335- — II- P- 354-
devint lieutenant général du roi en Guyenne, où il séjourna presque constamment.
Devenu duc de Bourbon (1456), le héros deFormigny et de Castillon quitta la Guyenne pour visiter ses états. En 1457, une nouvelle tentative des Anglais en Guyenne le rappelait dans son gouvernement; en 1458, il se rendait au lit de justice de Vendôme où il siégea entre Charles d'Orléans et le comte d'Angoulême \ C'est donc entre 1456-145 7, ou après 1458 qu'il dut composer les poésies signées Bourbon dans le recueil de Charles d'Orléans. Jean II se lamentait encore des maux d'Amour^; le duc d'Orléans lui répondait 5 :
Comme parent et alyé Du duc de Bourbonnois a présent, Par un rondeau nouvellement Me tiens pour requis et payé...
Alors qu'il se disait inconsolable ^ Charles d'Orléans le réconfortait finement ^ :
A voz Amours hardiement en souviengne, Duc de Bourbon, se mourez par rigueur, Jamais n'auront ung si bon serviteur, Ne qui vers eulx tant loyaument se tiengne. Dieu ne veuille que tel meschief adviengne : Hz perdroient leur renom de doulceur...
S'il est jangleur qui soctement maintienne Que Bourbonnois ont souvent legier cueur, Je ne respons, fors que pour vostre honneur : Espérance*^ convient que vous soustiengne.
Au duc d'Orléans qui se demandait :
Sera elle point jamais trouvée Celle qui aime loyaulté ?
1. La Mure, Histoire des ducs de Bourbon, éd. Chantelauze, t. II, p. 244 et suiv.
2. Poésies, p. 383. — 3. P. 383-384. — 4. P. 386. — 5. P. 386-387. — 6. « Espérance » était la devise des ducs de Bourbon.
Le duc de Bourbon répliquait :
C'est ma dame très bien amée ^
Tous deux enfin plaisantaient suivant les formes de l'hommage féodal, ce qui convient assez à de grands seigneurs ^ Bourbon est encore l'auteur d'un rondeau contre les menteurs 5 : c'est la dernière pièce de sa composition que nous possédions, la dernière inscrite dans le recueil des poésies du duc d'Orléans. Jean et Charles enfin aimaient les beaux livres ^.
Le duc de Bourbon transporta à Moulins les habitudes de courtoisie en honneur à Blois et le goût de la poésie. Ainsi Moulins devint un second « séjour d'honneur » dont les lettrés apprirent le chemin ^ : Bourguignons et Français le fréquentèrent après 1456, et surtout après 1458. C'est vers ce temps-là que François Villon adressa au duc de Bourbon sa charmante requête. Jean II lui avait donné déjà six écus : un nouveau don d'Espérance (c'était la devise du duc de Bourbon) réconforta le pauvre poète, dans la bonne ville de Moulins, « au plus fort de ses maulx », tandis qu'il cheminait (( sans croix ni pile ».
Autour du duc de Bourbon nous rencontrons d'autres personnages cultivant la poésie qui furent aussi les hôtes de