Bibl. Nat., ms. fr., 18441, fol
2. La locution « être bouté en la vigne jusqu'au peschier » est courante au xve siècle pour dire s'enivrer (Voir Cotgrave, cité par Lacurne, ad; v. Peschier). Communication de M. A. Guesnon.
3. Cf. G. Raynaud, Rondeaux, p. xiii. — La Mure, Histoire des ducs de Boiirhon et des comtes de Forest, n. éd. par Chantelauze, t. II, p. 233 et suiv.
4. Le Roux de Lincy, Catalogue de la bibliothèque des ducs de Bourbon, Paris, 1849; L. Delisle, Le cabinet des manuscrits, t. I, p. 165 et suiv.
« droit héritier » de Bourbon et de la goutte paternelle, et qui jouissait en outre d'un « estomac de papier » ' ; Charles avait souhaité patience à ce « gentil comte de Clermondois » alors qu'il pensait à se marier « à la riche » ^ Mais quand le comte de Clermont s'écriait langoureusement : Qui veiilst acheter de mon dueiU' le duc d'Orléans n'était pas dupe de ce chagrin affecté ; il lui conseillait de le vendre ailleurs qu'en sa présence + : ce qui semble assez juste puisqu'en 1448 Mougeote, femme de Jean Mocquinet de Nancy, recevait une robe « en faveur de ce qu'elle nourrissoit une fille à Monsieur de Clermont » K Clermondois composait des rondeaux amoureux^ et parfois ce bon jeune homme faisait aussi le moraliste^; ce dont riait le vieux duc^ Et comme, au sujet de « sa tant aimée », il se représentait amassant un trésor de regrets 9, Charles d'Orléans lui faisait observer que cette épargne-là était fort dangereuse Encore comte de Clermont, Jean composa le joli rondeau " :
Rendre vous fault de toute chose conte : Qu'avez vous fait. Madame, de mon cueur?
Toutes ces compositions, signées Clermondois, sont naturellement antérieures à la mort de son père, Charles de Bourbon ("4 décembre 1456). Il y a même lieu de croire qu'elles sont antérieures à 1454, date à laquelle Clermondois
I. Poésies, p. 253. — 2. P. 254. — Il y a lieu, sans doute, de voir là une allusion à son mariage avec Jeanne de France à qui le roi Charles VII promit loo.ooo écus d'or et des joyaux. Accordée au mois de décembre 1446, à l'âge de 11 ans, elle fut mariée à Montils-lez -Tours en 1452. On comprend donc pourquoi Charles d'Orléans souhaitait de la patience à son jeune ami.