I. De Maulde, Histoire de Louis XII^ t. i. p
2 Martin le Franc, Le Champion des Dames (G. Paris, dans Remania, XVI, 383).
3. J. de Croy, Un portrait de Œarles d'Orléans, tirage à part des Méin. de la Soc. des sciences et lettres de Loir-et-Cher, t. XIX (Blois, 1909, p. 15). Cf. De Maulde, Louise de Savoie, p. 53, où l'auteur s'est corrigé.
4. P. Champion, La lihrairie de Charles d'Orléans, p. lxxviii.
INTRODUCTION
vogue extraordinaire et furent très souvent copiés et imités. Ainsi cette collection repassa en partie dans un manuscrit de la Bibliothèque Nationale ^ (ms. fr. 9223), recueil qui nous permet, dans une certaine mesure, de compléter plusieurs disputes littéraires de la Cour de Blois, de restituer d'une façon plus sûre la part du duc et de ses collaborateurs. Le ms. fr. 1719 nous offre une collection analogue et des conclusions identiques^ Les imitations, parfois heureuses, du ms. du British Muséum, Lansdowne 380, attestent encore le succès des compositions du duc d'Orléans 3.
L'imprimerie reproduisit ces collections de petits vers qui n'avaient pas cessé de plaire au public. Le plus célèbre de ces recueils est le Jardin de Plaisance 4. L'édition du Triomphe de V Amant vert de Jean Le Maire, donnée à Paris en 1535 par les frères Denis et Simon Janot, contient encore 18 rondeaux de Charles d'Orléans et de son groupe. Enfin La Chasse et Je départ d'Amours, donnée sous le nom d'Octovien de Saint-Gelays et de Biaise d'Auriol, et publiée quarante-quatre ans après la mort de Charles d'Orléans, contient 25 3 rondeaux et ballades du duc, rajeunis et réunis par une sorte de rubrique romanesques.
Le nom de Charles d'Orléans n'y est pas prononcé, il est vrai. On a accusé Octovien de Saint-Gelays d'être l'auteur de cette supercherie, sinon de ce faux6. Mais comme Octovien est mort en 1502 il ne saurait guère être l'auteur de la fraude de 15097. Peut-on d'ailleurs à cette occasion prononcer le mot de larcin ^ ? Il faudrait pour cela méconnaître la condi-
1. Gaston Rayiiaud, Rondeaux et autres poésies du xv'= siècle, publiés d'après Je ms. de la Bibliothèque nationale. Paris, 1889, iii-8.
2. Une étude très complète et la table de ce ms. ont été données par Marcel Scbwob, Le Parnasse satyrique du ii.v' siècle, Paris, 1905, in-12.