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4. Bibl. de Grenoble, ms. n''873. — Ce recueil comprend une épitaphe de Charles VII (mort en juillet 1461); en 1463 Guillemette, veuve de Jean Fouquère, le reliait (De Laborde, IIL n° 7026).
5. In quo sunt multi carmina plena joci In quo prseterea moralia plurima vitae
INTRODUCTION
dans son enfance les nobles chants des poètes, je pense qu'il aurait égalé par la science les poètes et les orateurs de l'antiquité, qu'il les aurait surpassés peut-être, puisque, n'ayant lu, dans sa jeunesse, ni un poète ni un orateur, il composa de telles poésies. » Ce n'était pas complètement exact.
Charles d'Orléans a pu lire Horace, dont il possédait un exemplaire dans sa librairie ; il a connu ce que l'on savait en son temps de la littérature latine : mais, insensibles à la forme, les gens d'alors n'y cherchaient que moralités et enseignements. Charles a lu les orateurs et les poètes de l'antiquité, comme il lisait les pères de l'Eglise : pour s'instruire et se distraire. Il eut même le bon esprit de tout oublier de ses lectures. Et s'abandonnant à la tradition lyrique de son pays, à sa nature charmante et molle, à une oreille fine et musicale, il écouta nonchalamment chanter la voix de son cœur. On tiendra compte à l'Astesan de ses intentions : « Je considère comme un grand honneur pour moi de traduire en latin les poésies françaises du duc, honneur égal à celui qui rejaillit sur ceux qui firent latins les livres qu'Aristote composa en grec, ceux qu'Homère, le prince des poètes, a chantés, et les nombreux ouvrages grecs que d'autres traduisirent jadis en latin. » L'Astesan s'est attaqué à l'inimitable puisque tout le charme d'un Charles d'Orléans résidait dans la subtilité du fond comme dans la perfection de la forme. Il abat les fines arrêtes de la fleur gothique et fait rond. Il est insupportable, et touchant, quand il s'efforce de rendre dans un vers artificiel, emprunté aux poètes classiques de Rome, la grâce, l'esprit si raffiné et si artificiel du modèle qu'il voulut révéler au monde, pour le grand amour qu'il lui portait, au moyen du latin international. Fait moins curieux, puisque la littérature anglaise de la fin du Moyen-Age dépendit tellement de la française, Charles d'Orléans fut aussi traduit en anglais vers la fin du xv^ siècle, semble-t-il. (Bristish Muséum, Harley, n^ 682).
Enfin Charles d'Orléans nous apparaît comme le premier des hommes de lettres. On a cru longtemps et l'on a dit que le cercle de Blois était fermé, que « jamais l'idée ne vint à Charles de répandre ses vers, d'en tirer des copies... »^ C'est là une erreur. Les poésies du duc d'Orléans étaient citées comme des exemples et circulaient en France entre 1440 et 1442 ^ ; et nous savons aujourd'hui que Charles d'Orléans avait fait transcrire ses ballades, en 1449, pour les offrir à Madame d'Argueil 3. Ce sont sans doute ses propres poésies qui furent encore copiées pour Mademoiselle de Roigny^. Les rondeaux qu'il écrivit, surtout vers la fin de sa carrière, eurent une