A. de la Borderie, /m// Meschinot, p
léans où elles ont été transcrites par une même main, et sans le nom de leur auteur. Nul doute, ils appartiennent bien au rude Breton ces rondeaux : Les biens de vous honneur et pris \ M' amer e?^ vous bien\ Cest par vous que tant fort souspire 3, Pour mettre fin à mes douloureux plaim^, ainsi que la lourde ballade Plus ne voy rien qui reconfort me donne r Ces pièces sont à écarter impitoyablement de l'œuvre de Charles d'Orléans.
Vers ce temps-là vint aussi à Blois Antoine de Cuise, qui composa un rondeau sur la mort'^ et deux autres sur des sujets d'amours II s'y donnait « comme le chief des langoureux » et souhaitait mélancoliquement sa fin. C'était un jeune homme, un amateur, que cet Antoine de Cuise, et d'un talent véritable et facile. Il imita avec grâce cette fausse sentimentalité amoureuse et mélancolique dont usa Charles d'Orléans sur ses vieux jours; il connaissait parfaitement son œuvre ^ et aussi les morceaux que composa à Blois Meschinot 9 : il les refléta tous les deux. Mais quand il envoyait ses productions, qu'il nomme « ces fatraz », au noble écuyer Blosseville '° :
Ce non obstant que chacun voye Que ne sont pas de main d'ouvrier.
D'amender ilz ont bien mestier, Et je vous pri qu'on y pourvoye,
I. Poésies, p. 410. — 2. P. 410-41 1. Ce rondeau se rencontre d'ailleurs parmi Les Lunettes des Princes, éd. de 1532, fol. 109 yo.
3. Poésies, p. 411. — L'autorité du ms. fr. 9223 (Rondeaux, éd. de G. Raynaud^ p. 28) le donne d'ailleurs à Meschinot.
4. Poésies, p. 411-412. — 5. P. 122. — L'autorité du ms. de Carpentras 375, fol. 74 yo, la restitue également à Meschinot.