Ihià., t. III, p. 754 ; Cousinot, p
6. Rapport fait à la duchesse de Bourgogne de l'assemblée tenue à l'hôtel Saint-Pol, le 8 mars 1408, par Me Thér}^ le Roy, avocat, demeurant à Lille, publié par L. Douët-d'Arcq, dans V Aunuaire-Bidletin de la Société de l'Histoire de France, 1864, p. 1 1-26.
de gris. Il ôta l'aumuce qui couvrait son chaperon ; à la saignée du bras on vit bien qu'il était armé. Puis il fit la révérence aux royaux, assis sur le banc du fond de la salle ; quant au roi, qui était « enfermé comme malade », il n'assista pas à l'assemblée'. Et c'est un fait que le greffier qui tint la plume cette séance-là ne put écrire à longues lignes, suivant son habitude, pour la presse et la foule de gens d'armes et autres qui emplissaient la salle \
Sur le côté gauche se dressait un échafaud de six degrés ; de l'autre un échafaud semblable où se tenaient le prévôt de Paris et ses sergents \ C'est sur celui de gauche que monta Jean Petit, professeur en théologie, et Normand, réputé plus fameux pour la véhémence de ses propos que pour l'élégance de son langage^. Il prit pour thème la parole du sage : Radix omuimn rnaJorum ciipiditas. Certes Jean Petit se mit d'abord à genoux devant les royaux, comme il convient, disant de très humbles paroles, combien il était tenu envers Monseigneur de Bourgogne dont le père l'avait fait instruire K Puis, entrant en son propos, il rappelait comment Judith vengea le peuple de Judée d'Holopherne, comment saint Michel l'archange chassa du paradis Lucifer (le plus bel ange qui fut jamais) ; il disait aussi que Monseigneur de Bourgogne était l'homme du roi, venu pour le servir ^ Or si le duc d'Orléans était un scélérat, souillé de tous les vices, un tyran, était-il illicite de le tuer? Non, puisque les constitutions impériales le permettaient. Venu à cette proposition le Normand n'eut guère de peine à rassembler les accu-