‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 71 sur 639 · Ihid · texte numérisé non relu

Ihid

sations de sortilèges, d'enchantements, de breuvages empoisonnés débitées jadis dans les tavernes \ Il parlait alors sans faiblesse, s'agenouillant toutefois devant les princes, ne nommant plus Louis que le « criminel d'Orléans » \ Il disait comment, pour hâter la mort du roi Charles, le c( criminel d'Orléans » était entré en rapport avec un apostat qui avait évoqué pour lui les deux démons Herman et Astramon. N'avait-il pas recueilli l'anneau qui avait séjourné dans la bouche d'un voleur et l'os de l'épaule d'un pendu ? C'est par cet anneau qu'il se soumettait toutes les femmes, et il en usait jusque pendant le saint repos du Carêmes Il avait jeté de la poudre meurtrière dans un plat destiné au roi 4, fait présenter au dauphin une très belle pomme empoisonnée \ — Le populaire, si ému naguère à la nouvelle de l'assassinat de Louis d'Orléans, frémissait au récit de ces horrifiques histoires du « criminel ». Puis l'astucieux Petit, tourné vers les prélats qui composaient l'assemblée, déclarait Louis d'Orléans fauteur de l'exécrable schisme ; qu'il avait adhéré à Monseigneur Benoît pour retarder l'union; que l'anti-pape lui avait promis le trône ainsi qu'à sa postérité ^. Sa dévotion d'ailleurs n'était qu'apparente puisqu'il passait les nuits à jouer aux dés, au milieu des blasphèmes, de l'ivresse et des orgies^. — Enfin, s'adressant aux bourgeois, il rappelait comment, depuis treize ans, le criminel avait entretenu dans le royaume des pillards armés ; qu'il avait converti à son usage les contributions levées sur le

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