‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 72 sur 639 · p. 761. Cf. Eustache Deschamps, t, VII, p · texte numérisé non relu

p. 761. Cf. Eustache Deschamps, t, VII, p

peuple et l'argent du trésor royal. Le duc de Bourgogne était donc plus à louer qu'à blâmer d'avoir mis à mort le tyran ^

Sur quoi Jean Petit se mit à genoux devant les royaux, et Monseigneur de Bourgogne, ôtant son aumuce, lui dit ; (( Je vous avoue ».

Tête nue, sans changer de voix, le proposant avait parlé de dix heures du matin à deux heures après dîner. Nul n'avait contredit cet orateur passionné et chacun s'en, fut chez soi ^

Plusieurs personnes prudentes et d'un éminent savoir estimèrent certaines propositions de ce plaidoyer répréhensibles. Le religieux de Saint-Denys, témoin de cette séance, aurait été assez enclin à partager leur avis : mais il estime avec sagesse qu'il faut laisser aux théologiens le soin de décider sur les propositions erronées d'un autre théologien 3. Ce plaidoyer brutal avait en somme retourné l'opinion, séduit le populaire, endormi les légistes. Au lendemain de cette séance des lettres de rémission étaient accordées au duc de Bourgogne 4 qui rentra au conseil ^ ; le roi Charles, d'ailleurs malade et enfermé, faisait enlever aux enfants d'Orléans le comté de Dreux, les revenus de Château-Thierry et de Montargis ; quant aux officiers qui avaient fait partie de la clientèle du duc d'Orléans, on les déboutait de leurs offices ^ Après quoi Jean duc de Bourgogne s'en fut combattre les Liégeois rebelles \

1. Religieux de Saint-Denys, t. III, p. 764. — Jiisiificatio diicis Burgnudiœ super cœde ducis Aiiveliauensis, dans les Œuvres de Gerson^ éd. EUies Dupin, t. V, p. 17-42.

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