Cousinot, p
Milan entrait à Paris dans une litière couverte de drap noir, traînée par quatre chevaux enjuponnés de noir ; elle était accompagnée de celle que l'on appelait encore la reine d'Angleterre, la femme de son fils Charles et la fille du roi ; plusieurs chariots noirs suivaient, pleins de dames, de plusieurs ducs et comtes, de gens armés'. Ainsi elle descendit à l'hôtel de Bohême ^ Le 5 septembre, bien humblement, Valentine se rendait vers le dauphin, les ducs de Berry, de Bretagne, de Bourbon, et bien piteusement fit sa complainte. Mais on se contenta de lui souhaiter la bienvenue, disant qu'on lui ferait réponse une autre fois. Elle retourna à son hôtel K
Quant à Charles, duc d'Orléans, il était resté à Blois avec ses frères et sœur; mais, le 3 septembre, il certifiait avoir reçu de Guillaume Maigret, secrétaire de Valentine et payeur des gens d'armes, la somme de 60 livres tournois « à nostre partement de Blois et en nostre voyage et chemin » 4. Le 9, il rejoignit sa mère à Paris, en bien humble état, et tout vêtu de noir. A son tour il s'en fut à l'hôtel Saint-Pol, vers le roi, lui faire sa révérence et demander vengeance de la mort de son père. Il lui fut répondu qu'on lui ferait toute raison ; sur ce il retrouva sa mère et sa femme à l'hôtel de Bohême \
Le mardi suivant, 11^ jour de septembre, au Louvre, en présence de Monseigneur le dauphin et des seigneurs, l'abbé de Cerisy lut, d'une voix claire et sonore, un long et éloquent discours, qu'il avait mis par écrit, sur le thème du prophète :
1. Nicolas de Baye, t. I, p. 238. — Bibl. de Blois, Jours., rôle CIV « Mémoire des gages des condoier^ de Blois w,