Bibl. nat., Pièces orig., 2606, du Saillant
8. On voit que le 14 février 1409 Bertault de la Borde, Me de la Chambre aux deniers du duc d'Orléans^ donnait quittance à P. Sauvage, le trésorier, de 200 1. sur le voyage que le duc « veut faire a Chartres » ; cette somme fut baillée au Me de l'hôtel (Bibl. nat., Pièces orig., 416, de la Borde, 4),
^2 VIË DE CHARLES D*0RLÉANS
pour trouver paix et accord entre les seigneurs, malgré le mauvais vouloir de Jean Sans-Peur. Car c'était grand'pitié des pilleries qui régnaient alors ' ; et ceux de Paris réclamaient aussi leur roi Charles ^
Le 9 mars 1409, comme il avait été convenu, le duc de Bourgogne entra dans la ville de Chartres, accompagné de six cents hommes désarmés. Il vint droit vers le roi, entouré de la reine, du dauphin et des royaux, assis sur un trône près de l'autel, dans l'ombre éblouissante de la vieille cathédrale; parmi eux se tenait le jeune Charles d'Orléans, au milieu de ses frères, escorté de gens d'armes et d'officiers, comme son cousin de Bourgogne \
Le duc de Bourgogne fit alors prononcer en son nom les paroles suivantes : « Mon très redouté et souverain Seigneur, voici Monseigneur le duc de Bourgogne, votre cousin, qui se présente devant vous, comme votre humble et fidèle sujet, serviteur et cousin, pour le fait qui a été commis en la personne de Monseigneur d'Orléans votre frère, par sa volonté et par ses ordres, pour votre bien et le bien du royaume, ainsi qu'il est prêt à le déclarer, s'il vous est agréable. Il a appris que vous en aviez éprouvé grand déplaisir et il en est affligé et fâché, autant qu'il le peut. C'est pourquoi, mon très redouté et souverain Seigneur, il vous supplie aussi humblement qu'il lui est possible, de bannir ce déplaisir de votre cœur et lui rendre votre faveur et votre amitié... » Le duc de Bourgogne ajouta: « Mon très redouté et souverain Seigneur, les paroles que vous venez d'entendre ont été dictées par
1. Religieux de Saint-Denys, t. IV, p 192 ; Juvénal des Ursins, p. 442.