‹ Vie de Christophe ColombChapitre 6 sur 6 · CES AUTRES LIMITES, IL LES DÉCOUVRIRAIT · texte numérisé non relu

CES AUTRES LIMITES, IL LES DÉCOUVRIRAIT

On a avancé aussi qu'il y avait parmi les gens de la maison de Colomb en Espagne, un pilote qui lui avait donné des notions certaines de l'existence du Nouveau Monde : mais si le fait de ce pilote avait existé, nous dirons de nouveau que les plans proposés pendant vingt ans à diverses cours par l'illustre navigateur , n'auraient été susceptibles d'aucune contradiction, et que l'honneur en aurait rejailli non sur lui, mais sur le pilote que l'on a prétendu avoir été si bien informé. D'ailleurs, ce qui prouve , matériellement , que ce bruit est une absurde fable, c'est qu'il est authentique, ainsi qu'on le voit dans cette histoire, que jamais Christophe Colomb n'a été (loin de là) en position de tenir une maison en Espagne.

Colomb fut enfin le premier entre tous les marins, et ce titre suffirait seul pour l'immortaliser, qui, à part même ses projets de découvertes, osa, sciemment, entreprendre une longue navigation en perdant la terre de vue, et cela à une époque où la science de la géographie naissait à peine, où la sphéricité de notre globe était généralement contestée, où l'art nautique était dans l'enfance, et où la boussole, ellemême, était si mal connue qu'on ne soupçonnait seulement pas la déclinaison ou la variation de l'aiguille aimantée. Il fallait donc bien qu'il y eût une immense supériorité dans l'homme qui, le 17 avril 1492, était entré comme simple particulier dans le palais de la reine Isabelle à Grenade, et qui en était sorti investi des titres de grand- amiral et de vice- roi, sans devoir

cette éclatante fortune à d'aulres causes qu'à son géni(^ et qu'à son mérite personnel !

Nous avons tout dit, nous avons tout analysé, et le lecteur jugera. Mais nous irons plus loin ; nous admettrons, si Ton veut, la validité de tous les reproches, de toutes les accusations que nous avons exposés avec autant d'exactitude que d'impartialité; nous demanderons ensuite , sans .crainte , ce qui reste de tout cela. Or , il n'est personne qui , ayant lu le récit de tant de voyages, d'actions, de faits, de gloire, de malheurs, qui pensant à tout ce qu'il a fallu de génie, de persévérance, de résignation, de science et de talent pour accomplir une si belle vie; non, il n'est personne qui ne doive dire que ce qui reste de ces faibles attaques, c'est un grand homme au-dessus de toutes les insinuations, de toutes les calomnies, et dont la gloire brillera jusqu'au dernier jour des siècles à venir.

Mais si l'univers doit, à tout jamais, son admiration au grand marin dont nous venons de décrire la vie agitée et les travaux gigantesques. Gênes, qui fut la patrie de ce grand marin, doit, en particulier, s'enorgueillir d'avoir donné naissance à l'homme dont les conceptions surhumaines ont doublé notre monde. Quelle merveilleuse époque que celle où Gama, franchissant le cap des Tempêtes, traça une route nouvelle vers les Indes ; où se propageant comme la foudre, l'invention de Guttemberg qui suivit d'assez près celle de la poudre à canon, allait multiplier, à l'infini, les chefs-d'œuvre de l'intelligence; et où, surpassant tous ses émules , (Christophe Golomb s'associa à ce

mouvement de la régénération moderne! A partir de cette époque, les destinées des peuples s'agrandirent; et, grâce à ces êtres privilégiés, les horizons ouverts devant l'humanité prirent des proportions infinies! Enorgueillissez-vous donc, Gênes la superbe, aucune ville , aucune nation n'en eurent jamais plus le droit et le motif!

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IMI'RIMERIE DE »!"'« Y* BOLCH ARD-H W7.ARD , RDB DE l'ÉPERON , 5.

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