CHAPITRE I
Les aïeux de A.- F. Ozuiuun.
Notice sur la vie Je Jacques 0/anam, de l'académie royale des sciences et professeur de mathématiques 1.
Jacques Ozanam naquit en 1640, dans la souveraineté de Dombes, à Bouligneux dans la Bresse , département de l'Ain. Son père était riche, et possédait un assez grand nombre de terres ; plusieurs charges occupées dans les parlements de province par cette famille
1 L'accord si contesté de nos jours entre la foi et la science nous a engagé à donner une certaine étendue à la biographie du patriarche de notre famille. Comme Frédéric Ozanam, dont il était l'arrièregrand-oncle , il sut unir à une science éminente une piété vive , sincère et pratique. Nous avons eu la bonne fortune d'avoir entre les mains la plupart des vingt ouvrages qu'il à composés , nous y avons trouvé des détails intéressants et inédits, qui complètent l'éloge de Jacques Ozanam prononcé à l'Académie française par Fontenelle , auquel nous emprunterons plusieurs passages indiqués par des guillemets.
l'avaient illustrée. Juive d'origine, comme l'indique son nom, qui s'écrivait primitivement Hozanna, ou plutôt Eosannam, selon l'usage hébraïque de mettre au pluriel les noms de famille , elle embrassa le christianisme dès les temps les plus reculés.
D'après une légende et des traditions orales conservées dans la famille, mais auxquelles nous sommes loin d'accorder une véracité irréfutable, le premier Ozanam que l'on connaisse serait venu dans les Gaules avec Jules César et la XXXVIe légion romaine. Après la conquête des Ségusiens, peuple situé entre la Saône, le Jura et les Alpes, il aurait été créé préteur de cette province ; car, « à dater de 337 ans avant Jésus-Christ, « les plébéiens furent admis à la préture. Les préteurs étaient magistrats faisant fonction de grand juge au nom de la république romaine. Ils pouvaient, dans les provinces, cumuler tous les pouvoirs; alors ils étaient à la fois chefs militaires, civils, législatifs et financiers1. »
Ozanam eut en partage un canton couvert de bois et de marais appelé Bellignùm, dont on aurait fait plus tard le nom de Bouligneux.
Toujours d'après la tradition légendaire, saint Didier, archevêque de Yienne, fuyant la persécution de la reine Brunehaut, dont il avait énergiquement blâmé la vie scandaleuse, se réfugia à Bouligneux. Il y reçut l'hospitalité chez le chef de la famille Ozanam , qui était fort nombreuse ; après avoir converti tout le pays à la religion chrétienne , saint Didier donna le baptême à la
1 Dictionnaire de Bouillet.