‹ Vie de Frédéric OzanamChapitre 16 sur 313 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

plupart de ses habitants, et en particulier à la maison de celui qui l'avait accueilli avec un si généreux empressement. Ce fait important aurait eu lieu dans le mois de juillet 607 ou 608, peu de temps avant la mort du saint archevêque, qui fut poursuivi par les soldats de Brunehaut et assassiné sur les bords de la rivière de Chalarone, près d'un village qui prit dans la suite le nom de Saint-Didier de Chalarone, ou le Plantai/ *.

Ce fut de cette famille que naquit, au xvne siècle, Jacques Ozanam, le mathématicien qui fut l'arrièregrand- oncle de Benoît Ozanam2, grand-père de Frédéric Ozanam. Il avait « un frère aîné, auquel, d'après les lois qui régissaient alors les successions en France, tous les biens de la famille devaient appartenir. Son père, homme vertueux, voulut compenser autant que possible ce désavantage en faisant donner à son fils cadet une excellente éducation. Il le destinait à l'Église, espérant le pourvoir de quelques bénéfices qui dépendaient de la famille » .

La conduite du jeune homme répondait admirablement à la sainteté de la vocation à laquelle on le destinait. Une mère très pieuse travaillait avec succès à développer ces heureuses dispositions ; ses exemples et ses soins étaient d'autant plus efficaces, que son fils avait

1 Voir les notes et pièces justificatives n° t , à la fin du volume.

2 La lignée de celui-ci se continue de la manière la plus authentique, avec pièces justificatives à l'appui, depuis l'année 1637, jusqu'à nos jours. On trouve encore sur les registres de la paroisse de Bouligneux , et sur ceux des paroisses voisines, plusieurs actes au nom d'Ozanam. Mais il n'a pas été possible de constater le point précis où les noms se rattachent à la famille de Frédéric Ozanam.

pour elle une tendresse extrême. Cependant, loin de se sentir appelé à l'état ecclésiastique, après avoir fait ses humanités d'une manière brillante, il éprouva une invincible répulsion pour la philosophie scolastique, et pour la théologie , qui ressemblait trop à cette dernière ; puis, il faut le dire, il avait ouvert quelques ouvrages de mathématiques qui lui avaient révélé tout à coup les vues que la Providence avait sur lui.

Déjà, dans son enfance, son attrait pour ce genre d'étude s'était manifesté, .'•ans qu'il s'en doutât, par le plaisir qu'il prenait à la contemplation des astres. « A dix ou douze ans, il passait quelquefois des nuits dans le jardin de son père, couché sur le dos, pour considérer attentivement les splendeurs et les magnificences d'un ciel bien étoile. On ne conçoit pas comment la force même de l'habitude peut nous rendre si insensibles à un aussi merveilleux spectacle. »

« L'admiration qui le ravissait en suivant les mouvements des corps célestes, s'enflammait déjà du désir de les connaître, et il en démêlait par lui-même ce qui était à la portée de sa raison naissante. » Il n'avait pas de maître ; mais comme ce goût prononcé que l'on avait remarqué en lui , l'aurait évidemment éloigné des études propres à la carrière qu'on désirait lui faire parcourir , on se gardait bien de le développer et de le cultiver en lui donnant des professeurs versés dans cette science.

Malgré cela, dès l'âge de quinze ans, sans autres ressources que celles de ses réflexions et de ses raisonnements, il composa un ouvrage de mathématiques qui est resté manuscrit , mais où il trouva dans la suite des

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