‹ Vie de Frédéric OzanamChapitre 31 sur 313 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

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la faire aimer. On voit à chaque instant percer, dans le seul énoncé de ses problèmes, cette gaieté fine et naïve qui ne l'abandonnait jamais ; et on y retrouve l'utilité pratique qu'il tenait à donner à toutes ses œuvres. Ce livre a eu six éditions.

M. Quérard, dans sa France littéraire, dit, à l'occasion de cet ouvrage, « qu'il e*st beaucoup plus amp'c que ceux qui avaient déjà paru sous le même titre; qu'il contient la solution d'une foule de problèmes d'arithmétique, de géométrie, d'optique, de gnomonique, de mécanique, de pyrotechnie, etc. On y trouve encore un traite des horloges élémentaires (ou dont le moteur est le feu, l'air, l'eau et la terre), traduit de l'italien (de Dominique Martinelli); une dissertation sur les lampes, perpétuelles ; enfin un ample recueil de tours de gobelets et d'escamotage, qui pouvait offrir quelque intérêt avant la publication des ouvrages de Decremps, Guyot et Pinetti.

« Depuis l'édition de Grandin , un savant, homme d'esprit (M. de Montucla), a fait de ces récréations un livre tout neuf par la multitude d'articles ajoutés, élagués, ou substitués dans l'édition qu'il a donnée. »

11° Nouvelle Trigonométriepour calculer toutes sortes de triangles rectilignes, etc. Paris , chez Jombert, 1098, in-! 2.

La Trigonométrie sphérique et rectiligne de Ulacq , corrigée et augmentée. Paris, chez Jombert, 1728, in 8°, et J 7 G o .

12° La Perspective théorique et pratique. Taris, 1693, chez Jombert, in-8°. îd., 1720 ; deux éditions.

1 3° V Arithmétique , où toutes les opérations de cette

sciences sont démontrées par une méthode fort simple , et appliquées aux finances et à la marchandise. Paris, chez Jombert, 1720.

14° Méthode facile pour arpenter et partager toutes sortes de superficies , et pour toiser la maçonnerie, les vuidanges des terres, etc.

15° Nouveaux Eléments d'algèbre, ou Principes généraux pour répondre à toutes sortes de problèmes mathématiques, etc. Amsterdam, 1702, in-8°. « Leibnitz jugeait cet ouvrage supérieur à la plupart des traités d'algèbre. [Journal des savants, année 1703.) 11 en parlait aussi avantageusement dans son Commercium epistolicum avec Bérnoulli , à cause de quelques méthodes algébriques utiles dans la réduction des quantités irrationnelles. »

Fontenelle qualifie cet ouvrage de grand traité d'Algèbre.

1 6° La Géographie et Cosmographie qui traitent de la sphère, etc. 1711, in-8°.

17° Traité de la végétation, cité dans les Récréations mathématiques (tom. IV, ch. iv, des Météores de feu, p. G8, édit. de 1723).

18° Ozanam a donné une édition augmentée des Eléments d'Euclide, avec un Commentai)^ du P. Millet de Challes, savant mathématicien.

19° Notre mathématicien a encore publié une édition, augmentée de la Géométrie pratique et du Traité de la sphère de Boulanger.

20° On a encore de lui quelques Mémoires dans le Recueil de l'Académie des sciences et dans le Journal des sava?its.

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21° Enfin, il a laissé en manuscrit un Trait'- de l'analyse de Diophante, qui se trouvait dans la bibliothèque de d'Aguesseau.

On voit, par ce que nous venons de dire de ses œuvres, combien il aimait le travail.

Il jouissait d'un excellente santé; car il put continuer jusqu'à l'âge de soixante-dix-sept ans, et même, pour ainsi dire, jusqu'à sa dernière heure, de s'occuper de ses ouvrages et de ses leçons.

« A l'âge de soixante et un ans, c'est à-dire en 1701, il perdit sa femme, et, avec elle, tout le repos, le bonheur de sa vie.

La guerre qui s'alluma aussitôt après pour la Succession d'Espagne, le réduisit à une position fort triste, en le privant des élèves étrangers. Ce fut à cette époque qu'il entra dans l'Académie royale des sciences, « où il voulut bien prendre la qualité d'élève, qu'on avait dessein de relever par un homme de cet âge et de ce mérite », ainsi que le dit Fontenelle, dans son éloge d'Ozanam. Au reste, on donnait autrefois le nom d'élèves aux membres adjoints des Académies des sciences et des inscriptions. Il y avait dix élèves dans celle des inscriptions, et vingt dans celle des sciences.

« Nous ne craignons pas de comparer à un des plus grands sujets qu'aient eus l'Académie , un simple élève, tel qu'était M. Amontons. Le nom d'élève n'emporte parmi nous aucune différence de mérite; il signifie seulement moins d'ancienneté, une espèce de survivance. » ( Fontenelle.)

Aussi , tous les ouvrages de notre mathématicien imprimés après 1701 portent -ils sur leur titre pure-

ment et simplement : « Par M. Ozanam , de l'Académie des sciences, et professeur de mathématiques. » Ce qui semble d'autant mieux prouver que l'on n'établissait aucune différence entre Y élève et le titulaire, c'est que tous les livres étant soumis à l'approbation du garde des sceaux , celui-ci aurait réclamé , si la qualification eût été ambitieuse et inexacte. Fontenelle va jusqu'à dire que « l'Académie regarda comme une gloire de le posséder, » et il ajoute « qu'elle eut la douleur de ne pas pouvoir l'en récompenser d'une manière utile ».

« Dans sa pénible situation, Ozanam montra plus que du courage ; il fit preuve d'une résignation et d'une patience vraiment chrétiennes. Il ne perdit même pas sa gaieté naturelle, ni une sorte d'enjouement qui le délassait d'autant mieux, qu'il s'y livrait sans aucune affectation. » C'était chez lui, non seulement le fruit d'un heureux caractère, mais encore celui d'une bonne conscience et de l'innocence de sa vie.

Sans être averti par aucun malaise ni par aucune faiblesse , « il eut un tel pressentiment de sa mort, que des seigneurs étrangers l'ayant prié de leur donner des leçons de mathématiques, il leur refusa, alléguant pour raison qu'il allait mourir. »

« Le dimanche 3 avril 1717, il alla le matin se promener, selon sa coutume, au jardin du Luxembourg; de retour chez lui (rue de Seine, aux Deux-Anges , faubourg Saint-Germain '), il dîna avec appétit, et, à trois heures après midi, il se trouva mal, et demanda à se

1 On trouve sur l'édition de 1685, de son ouvrage intitulé: Table

das suius, tangentes et sécantes :ette indication : .1 Paris, chez

l'auteur, rue de Srine, aux Deux-Ange* , faubourg Saint-Germain.

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