JEAN -ANTOINE OZANAM ET MARIE NANTAS
Ce ne fut qu'après douze ans de mariage que Benoît Ozanam vit naître son fils aîné, Jean- Antoine, le seul qui ait survécu. Ce fils naquit le 19 juillet 1773. En 1784, c'est-à-dire à l'âge de onze ans, on le mit au collège de Bourg, où il fit ses études avec succès jusqu'en rhétorique; en 1790 et 1791, il étudia la philosophie à Lyon,
au séminaire de Sâint-Irénëe , qui était agrégé à l'université de Valence. De 1792 à 1793, son père le plaça chez un de ses alliés, M. Populus, receveur de l'enregistrement à Bourg. Nommé en 1793 receveur à Pontd'Ain , il ne put aller occuper son poste ; la réquisition le força à prendre les armes. Appelé d'abord au huitième bataillon de l'Ain, à Châtillon-sur-Chalaronne, eti octobre 1793, on le nomma bientôt sergent-major, puis capitaine de la cinquième compagnie. Mais il ne tarda pas à obtenir d'entrer dans la première compagnie du premier régiment de hussards, dit de Berchiny. Il y était incorporé depuis environ trois mois, lorsque son régiment en garnison à Buu rg reçut l'ordre de partir pour Vienne en Dauphiné. La première étape était à Meximieux ; Chalamont était presque sur sa route, et sa mère y habitait. Il ne résista pas au bonheur de l'embrasser en passant ; mais il la trouva plongée dans la désolation la plus profonde. Son mari avait été dénoncé , arrêté et mis en prison dans la maison de détention d'Ambronay, près de Bourg ; c'était le vestibule de l'échafaud. Ozanam est hors de lui ; il apprend que le comité de surveillance se réunit ce jour- là même ; il y court armé , avec deux hussards qui l'avaient accompagné , et somme le pistolet à la main les membres de cette assemblée de lui délivrer un ordre pour faire mettre son père en liberté. Il l'obtint par cette brusque intimidation; mais les membres du comité, revenus de leur terreur, s'empressent d'expédier un contre -ordre qui annule complètement la pièce qu'on leur avait arrachée par force. Notre excellent père avait mis dans cette démarche audacieuse plus de cœur et de c jurage