CHAPITRE
que de prudence ; car elle aurait pu devenir fatale à celui même qu'il voulait sauver; heureusement il n'en fut rien: la mort de Robespierre vint rendre la liberté aux prisonniers.
Après avoir travaillé quelque temps dans les bureaux du quartier-maître en qualité d'écrivain de l'état-major, il fut nommé fourrier , puis il partit pour l'armée d'Italie.
Le 3 juin 179.1, il fut fait maréchal -des -logis en chef, et peu de temps après sous-lieutenant. Il assista aux batailles les plus importantes et les plus célèbres de cette campagne : à Mondovi , Fombio , Lodi , Pavie ; au passage du Mincio , où son colonel fut tué à côté de lui. Ce fut là qu'il fit prisonnier le prince délia Catholica, général-major de la cavalerie napolitaine. A Castiglione, il fut blessé au poignet gauche ; à Roveredo, il reçut à la tète une balle qui lui enleva la peau et une touffe de cheveux. Il prit part aux combats de Bassano, Saint-Georges, Arcole, Rivoli, de la Favorite, du passage du Tagliamento. Ce fut là que l'aide de camp du général Dugas fut tué à ses côtés, lui-même reçut un coup de feu au coude , et s'empara d'un étendard des uhlans de Krasinsky. Il alla le présenter à Bonaparte ; celui-ci lui demanda son nom, et lui promit qu'il se souviendrait de lui. La bonne volonté du général en chef fut malheureusement sans résultat.
Ferdinand IV, roi de Naples, ayant déclaré la guerre à la France , quatre compagnies du régiment des hussards de Berchiny furent détachées et envoyées à cette nouvelle campagne.
Le général Brune remplaçait alors Berthier dans le
commandement de l'armée d'Italie. On eut bientôt raison des Napolitains. Le général Mack avec son étatmajor se rendit prisonnier de guerre; Ozanam fut chargé de les conduire à Bologne , puis il alla rejoindre le reste de son régiment à Roveredo.
La paix est de nouveau rompue entre la France et l'Autriche au congrès de Rastadt. Scherer, ministre de la guerre, est nommé général en chef de l'armée d'Italie. Ozanam prend encore part aux batailles de Mugnano, de la Trebbia et de Novi. Cette campagne fut malheureuse. Mais Bonaparte, revenu d'Egypte et nommé premier consul , rassembla à Dijon une armée de soixante mille hommes, passa l'année suivante le grand Saint-Bernard et reconquit, à Marengo (14 juin 1800), l'Italie, que nous avions perdue.
Dans le courant de l'année 1799, Ozanam sollicita et obtint avec beaucoup de peine sa démission, après avoir refusé le grade de capitaine, qu'on lui proposait dans le deuxième régiment de chasseurs. Nous avons une huitaine de lettres qu'il écrivit à ses parents, pendant qu'il était à l'armée. Elles sont remplies des sentiments du plus profond respect et de la plus tendre affection.
Malgré toutes les privations et les souffrances qu'il eut à endurer pendant les six années qu'il passa au service , sa gaieté naturelle ne se démentit pas un seul instant. On la voit toujours percer, même au milieu du récit des plus dures épreuves auxquelles il fut soumis.
De temps en temps, il y mêle des réminiscences des psaumes et des hymnes qu'il chantait au collège. C'est ainsi qu'en se réjouissant de la délivrance de son