CHAPITRE II
allons faire à cet intéressant travail de larges emprunts, d'autant plus qu'il est presque le seul trésor où nous puissions retrouver les premiers essais littéraires de ce remarquable écolier. Au reste, M. Legeay lui-même, ne consultant que sa constante affection pour son élève, nous a généreusement autorisé à moissonner dans son champ au profit de Frédéric Ozanam.
Nous commencerons donc par déclarer avec luiqu'Ozanam « était du petit nombre de ceux dont un maître prudent doit ralentir l'ardeur ». La délicatesse de sa constitution , si fort disproportionnée à son zèle pour l'étude , rendait encore cette précaution plus nécessaire. Ce qui frappa tout d'abord son professeur, ce fut la justesse de son esprit, la netteté, la précision, la concision de son style dans les analyses qu'il faisait des leçons verbales , dont il savait déjà reproduire toute la substance avec une singulière sobriété de paroles. On serait étonné de voir avec quelle intelligence il écrivait dès lors ses résumés d'histoire sainte et d'histoire ancienne.
Pour donner une idée de cette faculté spéciale qu'il possédait à un si haut degré dès son jeune âge , qu'il nous soit permis de citer ici une des analyses qu'il écrivait à treize ans, après avoir assisté aux conférences qu'un illustre missionnaire, aujourd'hui Son Imminence le cardinal Donnet, archevêque de Bordeaux, donnait avec tant de succès aux élèves du collège de Lyon, en 1826 '.
1 M. Legeay a précieusement conservé les devoirs et les compositions de Frédéric Ozanam, et c'est dans cette riche collection qu'il a choisi ses citations.