CHAPITRE II
le joug du Seigneur. 11 est aisé à porter, il est plein de douceur. Cette loi divine vous enseigne tous vos devoirs; elle vous apprend à réaliser toutes les espérances que votre famille et la patrie fondent sur vous.
« Ne pourrait-on pas attendre quelque temps pour revenir à Dieu ; mais quel moment pourrait être plus propice que ces saints jours de prières et de bénédictions? Vous le savez, l'avenir est bien incertain. Mille circonstances imprévues peuvent vous surprendre et vous ôter les moyens d'un retour vers Dieu. Y a-t-il rien de plus incertain que la vie? Qui peut compter sur le lendemain? Tous vous garderez bien de livrer à de pareilles chances l'affaire si importante de votre salut. D'ailleurs, ne l'oubliez jamais , la volonté de la conversion est une grâce que Dieu n'accorde pas toujours. Si vous aviez le malheur d'abuser des grâces qu'il vous accorde aujourd'hui, vous auriez bien à craindre de ne pas les obtenir quand vous les réclameriez. Si vous ne voulez pas vous convertir quand vous le pouvez , vous ne le pourrez plus quand vous le voudrez. C'est la punition que Dieu inflige souvent à ceux qui ont méconnu les grâces qu'il leur a faites. Oui, sans doute, la miséricorde de Dieu est grande, mais sa justice aussi est infinie. Ne semble-t-il pas que sa gloire et l'ordre du monde demandent qu'il refuse une grâce dont le pécheur s'est montré indigne, en fermant l'oreille à toutes ses instances?
« Jeunes chrétiens, vous reviendrez au Seigneur, qui vous appelle par son ministre. Quelle serait notre douleur si , tandis que nous voyons tant de pécheurs rentrer dans les voies du salut , vous nous refusiez cette
consolation. C'est en vous préparant à être toute votre vie de bons chrétiens , que vous vous disposerez à être de bons citoyens, et à vous conduire honorablement dans toutes les carrières où vous pourrez être appelés. » (Mars 1826. — Ozamam.)
. Frédéric n'excellait pas moins dans les traductions que dans les analyses. Lorsqu'il faisait une version de Thucydide , de Tacite , d'Homère ou de Virgile , il rendait la pensée de ses modèles avec une scrupuleuse exactitude, s'efforçant de conserver jusqu'à leurs tournures de phrases, autant toutefois qu'elles étaient compatibles avec le génie de la langue française. Il cherchait à se pénétrer des inspirations qui avaient conduit la plume de l'auteur, pour les faire passer dans sa traduction; et, grâce aux expressions vives et animées que la richesse de son esprit lui suggérait, il parvenait à reproduire son texte sous une forme telle, qu'on aurait pris facilement son travail pour l'original. 11 conserva toute sa vie cette fidélité consciencieuse qu'il apportait dans ses versions, et nous l'avons souvent entendu déclarer qu'il regardait comme coupables de faux ceux qui, faisant passer un ouvrage d'une langue dans une autre , se permettaient de le faire librement, c'est-à-dire en se contentant d'employer des périphrases , au lieu de s'astreindre au sens littéral.
Les exercices littéraires qui lui souriaient davantage , et dans lesquels il réussissait le mieux, étaient ceux qui avaient la religion et le patriotisme pour objet. Souvent la forme poétique lui semblait être le seul moyen qui pût mettre ses expressions d'accord avec l'enthou-