LA CONSCRIPTION ET L'ENVIE
jours un certain effet, et ils seront reproduits tant qu'on applaudira les opéras de Rossini. La discussion des fautes d'orthographe occuperait quarante pages et ennuierait mortellement; je la supprime : le seul exposé technique des objections des pédants remplirait dix feuillets. Le lecteur peut aller à Feydeau un jour où l'on donne Montano et Stéphanie, et le lendemain entendre Tancrède : M. Rerton apparemment n'est pas tombé dans ces fautes de composition qu'il reproche avec tant de hauteur à M. Rossini ; eh bien ! je prie le lecteur de répondre la main sur la conscience : quelle est la différence des deux ouvrages?
Il y a dans chaque ville d'Italie vingt croquenotes qui, pour un sequin, se seraient chargés de corriger toutes les fautes de langue d'un opéra de Rossini. J'ai oui faire une autre objection : les pauvres d'esprit, en lisant ses partitions, se scandalisent de ce qu'il ne tire pas un meilleur parti de ses idées. C'est l'avare qui traite de fou l'homme riche et heureux qui jette un louis à une petite paysanne en échange d'un bouquet de roses : il n'est pas donné à tout le monde de comprendre les plaisirs de l'étourderie.
A Bologne, le pauvre Rossini eut un embar-
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ras plus sérieux que celui des pédants : sa maîtresse de Milan , abandonnant son palais , son mari , ses enfants , sa réputation , arriva un beau matin dans sa petite chambre d'auberge plus que modeste. Le premier moment fut de la plus belle tendresse ; mais bientôt parut aussi la femme la plus célèbre et la plus jolie de Bologne (la princesse C....); Rossini se moqua de toutes deux, leur chanta un air bouffe et les planta là 5 il n'est pas fort pour l'amour.
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