‹ Vie de G. RossiniChapitre 19 sur 56 · DU CHANGEMENT OPÉRÉ · texte numérisé non relu

DU CHANGEMENT OPÉRÉ

harmonique qui irrite doucement l'oreille sans la fatiguer ; en me servant du mot irriter, j'ai parlé le langage des physiologistes ; l'expérience prouve que l'oreille a toujours besoin (en Europe du moins) de se reposer sur un accord parfait ; tout accord dissonnant lui déplaît, l'irrite (ici faire une expérience sur le piano voisin), et lui donne le besoin de revenir à l'accord parfait.

Aujourd'hui un compositeur pourrait battre Rossini, et le faire oublier, en écrivant dans le style de Tancrède, bien différent du style de Mosè f d'Elisabeth, de Maometto, de la Gazza Ladra.

Nous verrons plus tard quelques anecdotes relatives à la cour de Naples , qui ont forcé Rossini à changer de style ; je ne pense pas que ce grand artiste donnât d'autres raisons de son changement , si par extraordinaire il voulait une fois en sa vie parler de musique d'un ton sérieux. Il pourrait alléguer cependant que plusieurs de ses derniers opéras ont été écrits pour des salles immenses et fort bruyantes : à San-Carlo et à la Scala, trois mille cinq cents spectateurs sont placés commodément ; le parterre lui-même est assis fort à l'aise sur de larges banquettes à dossier, qu'on renouvelle

Page 1