OPÉRAS DE 110SS1NI A. JAPLE
Tannée suivante, 1816, la voix de mademoiselle Colbrand faiblit, et ce fut déjà une bonne fortune dont on se félicitait, que de lui entendre chanter un air sans faute. La seule crainte d'être toujours tout près d'une note fausse empêchait le charme de naître ; ainsi , même en musique, pour être heureux, il ne faut pas en être réduit à examiner. Voilà ce que les Français ne veulent pas comprendre ; leur manière de jouir des arts, c'est de les juger.
En 1820, pour procurer une vraie joie aux habitants de Naples, ce n'est pas la constitution d'Espagne qu'il fallait leur donner ; c'est mademoiselle Colbrand qu'il fallait ôter.
Rossini n'avait garde d'entrer dans toutes les intrigues de Barbaja. On vit beaucoup que, par caractère, c'était l'homme le plus étranger à l'intrigue, et surtout à l'esprit de suite qu'elle exige; mais appelé par M. Barbaja à Naples, lié d'amour pour mademoiselle Colbrand , il était difficile que les Napolitains ne lui fissent pas sentir quelquefois le contre-coup de leurs ennuis. Ainsi le public de Naples, toujours séduit par le talent de Rossini, a toujours eu la meilleure envie de le siffler. Lui, de son côté, ne pouvant plus compter sur la voix de mademoiselle Colbrand, s'est jeté de plus en plus