OPÉRAS DE ROSSINI A NAPLES
moisclle Colbrand , et XArmide réussit peu , malgré le superbe duetto. Vivement piqué de la froideur qu'on lui montrait , Rossini chercha à conquérir un succès sans employer la voix de la Colbrand ; comme les Allemands, il eut recours à son orchestre, et de l'accessoire fit le principal. Il prit une revanche complète de l'irréussite RArmide , dans le Moïse. Le succès fut immense. De ce moment le goût de Rossini fut faussé; il écrit de l'harmonie légère et spirituelle en se jouant : il avait , au contraire , assez de peine , après vingt opéras , à trouver des cantilènes nouvelles. La paresse, d'accord avec la nécessité, lui fit adopter le genre allemand. Moïse fut immédiatement suivi de Ricciardo e Zoraïde f d'Ermione , de la Donna delLago, et de Mahometto Secondo; tous ces opéras allèrent aux nues, à l'exception d'Er- ■mione, qui était un essai. Rossini, pour varier, avait voulu se rapprocher du genre déclamé . donné aux Français par Gluck., De la musique sans plaisir physique pour l'oreille, n'était pas faite pour plaire beaucoup à des Napolitains. D'ailleurs, dans Ermione, tout le monde se fâchait, et toujours, et il n'y avait qu'une seule couleur, celle de la colère. La colère, en musique, n'est bonne que comme contraste. C'est