‹ Vie de G. RossiniChapitre 35 sur 56 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Après l'éclatant succès de Y Elisabeth,, Rossini fut appelé à Rome pour le carnaval de 181 6; il y composa, au théâtre Valle, un opéra semiserio assez médiocre, Torvaldo è Dorliska ;et, au théâtre Argentina, son chef-d'œuvre du Bar hier de Sémite, Rossini écrivit Torvaldo pour les deux premières basses d'Italie, Galli et Remorini, en 1816; Lablache et Zuchelli étaient encore peu connus. Il eut pour ténor Domenico Donzelli, alors exccllentet surtout plein de feu.

118 TOKVALUO È DORLISKA.

Il y a un cri de passion dans le grand air do Dorliska :

Ah Torvaldo.

Dove sei ?

qui, lorsqu'il est chanté avec hardiesse et abandon, produit toujours beaucoup d'effet. Le reste de cet air, un terzetto entre le tyran, l'amant et un portier bouffon :

Ah ! quai raggio di speranza,

et on peut dire tout l'opéra , ferait la réputation d'un maestro ordinaire, mais n'ajoute rien à celle de Rossini. C'est comme un mauvais roman de Walter Scott, le rival du maestro de Pesaro en célébrité européenne.

Le tyran, dans l'opéra de Dorliska, lequel a la niaiserie uniforme, et visant au sublime du style et au manque total d'originalité et d'individualité dans les personnages , me semble une traduction de quelque mélodrame du boulevard ; le tyran chante un superbe agitato : c'est un des plus beaux airs que l'on puisse choisir pour une voix de basse ;* aussi Lablache et Galli ne manquent-ils guère de le placer dans

TORVALDO È D0RL1SKA. lit)

leurs concerts. J'ajouterai, pour diminuer les regrets de ceux des lecteurs qui ne le connaîtraient pas , que cet air n'est autre chose que le fameux duetto de la lettre , dans le second acte d' Othello.

Non m' inganno, al mio rivale.

31 ©arbitre M Simglta,

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