‹ Vie de J.B.P. MolièreChapitre 13 sur 221 · CHAPITRE II 'il · texte numérisé non relu

CHAPITRE II 'il

même sur le théâtre. Il ne s'explique que comme un nom de théâtre ce nom de sieur de Belleville qui lui est donné dans le contrat de mariage d'Armande Béjart avec Molière. Mais tout cela est trop conjectural. Ce qui est certain et bon à retenir, c'est que les trois Béjart qui sont signataires du contrat du 30 juin formeront, avec J.-B. Poqueîin, le noyau solide, le groupe persévérant de la troupe qui aura de si étranges destinées. Continuons notre revue des jeunes artistes de l'Illustre Théâtre.

Nicolas Bonnenfant était un clerc de procureur, qui persista fort peu de temps dans Le parti où il s'engageait.

Georges Pinel, maître écrivain, empruntait à Jean Poquelîn, le père, au mois de juin 1641 et le 1er août 16i3, des sommes de 172 et de 160 livres. On le voit dans un autre acte signer Georges La Couture, un nom de guerre sans doute. La qualité de maître écrivain à Paris qu'il prend dans les actes d'emprunt a fait supposer qu'il était cet ancien maître de pension dont parle Ch. Perrault, que le tapissier aurait envoyé à son iils pour le dissuader d'embrasser la profession de comédien, et que le tîls Poqueîin aurait au contraire déterminé à s'enrôler avec lui. Mais il y a bien des motifs d'en douter. Il est à noter que le second emprunt de Pinel au tapissier, celui du le* aout, a suivi d'un grand mois son enrôlement dans la compagnie comique. Nous croyons, d'ailleurs, que l'expression de maître écrivain n'a pas le sens de professeur d'écriture, mais celui d'écrivain public ou d'homme faisant des travaux d'écriture. Georges Pinel était marié, car pour l'obligation du i« août, sa femme. Anne Pernay, souscrit avec lui.

Madeleine, ou comme elle signe, Magdale Malingre, est inconnue.

Catherine de Surlis ou Desurlis. fille aînée d'Estienne de Surlis, commis au greffe du conseil privé du roi. et de Françoise Lesguill.ui. devait être fort jeune en 1643 (1). C i st pour cela sans doute que sa mère signe avec elle le contrat de constitution de l'Illustre Théâtre. Elle entra plus tard au théâtre du Marais.

(1) Elle avait quinze ou seize ans. Voyez le MoUèriste. novembre 1883, p. 841.

Marie Hervé signe l'acte, comme Françoise Lesguillon, non en qualité d'actrice, mais pour corroborer l'engagement de ses enfants, et particulièrement celui de Geneviève. i Noble homme André Mareschal advocat en parlement » est sans doute le môme bel esprit qu'on trouve désigné ailleurs avec le prénom d'Antoine. Les frères Parfait lui attribuent, outre la Généreuse Allemande, tragi-comédie en deux journées, huit pièces de théâtre : X laçonsd'Hylas (1630), La sœur Val 1633), le Bail

(1636 . /" Véritable Capitan Matamore (1637). Lisanor ou la cour bergère (1639), le Mausolée (1639), le Jugement équitable de Charles le Hardy, dernier due de Bourgogru 1645 . Papyre ou le dictateur h L645). Ils

constatent que dans le privilège de Y Inconstance d'Hylas l'auteur es! qualifié « Maistre Antoine Mareschal, avocat en notre cour de Parlement ». Mais M. G. MonvaJ (dans le Moliériste, neuvième année, p. 207) cite un marché authentique passé avec Pierre Rocolet imprimeur et libraire au sujet de la Généreuse Allemande, où l'auteur est appelé maistre André Mareschal, advocat en la cour de Parlement. Il cite encore la « Chrysolite ou le secret romans, par André Mareschal » Paris, Du Bray, I 2 vol. in-8°. On serait tenté de croire qu'il y eut en même temps à Paris deux Mareschal, t. mis deux avocats en parlement, tous deux poètes dramatiques, l'un Antoine. L'autre André; mais <-'est peu probable. L'initiale A mal interprétée est sans doute la s. ail», cause de cette apparente dualité. Ce qui est certain c'est que la minute de l'acte du trente juin 16 ±3 porte bien en toutes lettres André Mareschal. Les deux autres signatures sont celles d'hommes de loi. La troupe ainsi constituée, il s'agissait d'avoir une salle pour donner des représentations. Les associés jetèrent les yeux sur un jeu de paume situé au fossé de Xesle (depuis rue Mazarine), appelé, du nom de ses premiers propriétaires, le Jeu de Paume des Mestayers. M. A. Vitu, dans un opuscule sur le Jeu de paume des Mestayers I . a établi que ce jeu de paume occupait l'emplacement que représentent aujourd'hui (1891) les nos 10, 12-14 sur la rue Mazarine, les nos 11 et 13 sur la rue de Seine. l'ai- bail du 12 septembre 16i3, le maître paumier Noël

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