SA DESCENDANCE
La Grange, après avoir écrit sur son registre la recette du vendredi 17 février, 1,219 livres, ajoute : « Ce même jour, après la comédie, sur les dix heures du soir, monsieur de Molière mourut dans sa maison, rue de Richelieu, ayant joué le roosle dudit Malade imaginaire, fort incommodé d'un rhume et fluction sur la poitrine qui luy causoit une grande toux, de sorte que dans les grands efforts qu'il fit pour cracher, il se rompist une veyne dans le corps, et ne vescut pas demye heure ou trois quartz d'heure depuis ladite veyne rompue... »
La lettre de Robinet, datée du jour suivant. 18 février, traduit assez bien l'émotion causée par cette mort presque soudainp :
Notre vrai Térence françois
Qui vaut mieux que l'autre cent fois,
Molière, cet incomparable.
Et de plus en plus admirable.
Attire aujourd'hui tout Pari-
Par le dernier de ses écrite.
Où d'un Malade imaginaire
Il vous dépeint le caratère
Avec les traits si naturels
Qu'on ne peut voir de portrait? tels.
La Faculté de médecine.
Tant soit peu. dit-on. s'en chagrine.
TA... mais qui vient en ce moment M'interrompre si hardiment?
O dieux! j'aperçois un visage Tout pâle, et de mauvais présage!
" Qu'est-ce monsieur? vite, parlez.
Je vous vois tous les sens troubla.
— Vous les allez avoir de même.
— Hé comment? ma peine est extrême.
Dites vite. — Molière... — Hé bien, Molière? — A fini son destin.
Hier, quittant la comédie, Il perdit tout soudain la vie.
— Seroit-il vrai? d Clion. adieu!
Pour rimer je n'ai plus de feu.
Non. la plume, des doigts, me tombe.
TA sous ïa douleur je succombe.
A l'extrême chagrin par ce trépas réduit. Je mis fin à ces vers en février le dix-huit.
Molière expiré, une grave question surgit aussiôt, celle de la sépulture. Le curé do Saint-Eustache refusa de procéder à l'inhumation. Une requête fut présentée à l'archevêque, qui était alors Harlay de Champvalon, requête signée du notaire de la famille. Le Vasseur. et de Jean- Baptiste Aubry, époux en secondes noces de Geneviève Béjart et, par conséquent, beau-frère du défunt. Cette requête contient les détails les plus intéressants sur les derniers moments de Molière. Elle a été publiée pour la première fois en 1800, dans « le Conservateur, ou Recueil de morceaux inédits d'histoire tirés des portefeuilles de M. François de Neufchàteau ». C'est un document qu'on ne peut se dispenser de reproduire ici :
A monseigneur ttttustrissime et réoérendissime archevêque de Paris.
Supplie humblement Élisabeth-Claire-Grasinde Béjart, veufve de feu Jean-Baptiste Pocquelin de Molière, vivant valet de chambre et tapissier du roy, et l'un des comédiens de sa trouppe, et en son absence Jean Aubry. son beau-frère; disant que vendredy dernier, dix-septième du présent mois de febvrier mil Six cent soixante-treize, sur les neuf heures du soir, ledict feu