‹ Vie de J.B.P. MolièreChapitre 157 sur 221 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

Cassiodore. L'a vol. in-fol., à Paris.

Montaigne. Les L->ais. Un vol. in-fol., a Auteu.il.

Balzac. Les Œuvres. Deux vol. in-fol., à AuteuiL

La Mothe le Vayer. Deux vol. in-fol., à Pari-.

Georges de Seudéry. Alaric ou Rouie vaincue. L'i\ vol. in-fol., a Paris.

Pierre Corneille. Deux vol. in-fol.. à Paris.

Rohault. Traité de Physique. Un vol. in-4°, à Auteuil.

Comédies françaises, italiennes et espagnoles. Deux cent quarante vol.. à Paris.

Poésies. Quelques volume?, à Paris.

Dictionnaire et Traités de philosophie. Environ vingt vol., à Pari-.

Histoires d'Espagne, de France et d'Angleterre. Quelques volumes, a Paris.

Valdor. Les Triomphe- de Louis XIII. lu vol. in-fol., à Paris.

Voyage du Levant. Un vol. iu-ï". à Auteuil.

Voyages. Environ huit vol. in-4°, :i Paris.

Calepin. Dictionnaire des langues latine, italienne, etc. Deux vol. in-fol., a Paris.

Claude Paradin. Alliance- généalogiques. Un vol. in-fol., a Paris.

Antiquités romaines . Un vol. in-fol.. a Paris.

Un livre italien. In-fol., à Paris.

Nul doute que bien des livres n'aient été omis par lhuissier-priseur. Comment croire, par exemple, que Molière n'eût pas Rabelais, qu'il savait par co.'ur; les Contes d'Eutrapel, le roman de Yrancioa. Searron, et Plant'' surtout, qu'on ne nous cite pas'.'* Nous apprenons que Molière avait deux cent quarante volumes de comédies françaises, italiennes et espagnoles: mais, hélas! l'huissier-priseur n'a pris le soin de mentionner aucun titre, aucun auteur. On ne peut nier que sur ce point il n'y ait eu un peu de déception, nous ne sommes pas beaucoup plus avancés qu'auparavant.

La fortune de Molière, telle qu'elle résulte de cet inventaire , n'est pas aussi considérable qu'on devait le sup-

32i VIE DE MOLIÈRE

poser. M. Soulié a fait le calcul suivant : Molière laisse en meubles, linge, habits, livres, argenterie, deniers

comptant, etc., une valeur d'environ 18,000 1.

Il est du à la succession, en y comprenant les dix mille livres réclamées par la veuve aux héritiers Poquelin, un peu plus de 25,000

Total 43,000 1.

Les dettes s'élèvent a près de 3.000

L'actif de la succession est par conséquent de. 40.000 1.

Si donc le poète avait un revenu de trente mille livres par an. il était loin d'en posséder le capital.

La veuve de Molière, dont la conduite dans les circonstances critiques qui suivirent le trépas de son mari a obtenu grâce, même auprès des plus acharnés détracteurs, ne resta veuve que quatre ans. Les violentes inimitiés auxquelles elle était visiblement en butte devaient rendre sa position difficile. Si l'on veut avoir une idée des invectives qu'on se permettait contre elle, et, du reste, contre les actrices en général, il faut lire les factuin^ d'Henri Guichard, dans le procès qu'il eut avec Lulli en 1676, et où Mlle Molière et d'autres comédiennes furent appelées en témoignage (1). Si Molière eut des ennemis, il semble que sa femme en ait eu davantage; et que cette jalousie effroyable, cette haine sans nom. qui est propre

aux couli: des théâtres, ait sévi contre elle avec une

rage particulière. On peut jusqu'à un certain point l'expliquer. Molière tenait sa troupe sous son autorité par l'ascendant du génie et par l'énergie du caractère; et encore l'on aperçoit bien des traces de résistance et de révolte. Quand Armande Béjart se trouva seule, héritière en partie des droits de son mari et cherchant à maintenir ses prétentions, quelle âpre opposition ne dut-elle pas rencontrer! On lui fit payer cher sans doute la supériorité que lui avait value le nom qu'elle portait; et l'éclat

Guichard, accusé d'avoir fait la proposition d'empoisonner Lulli avec du tabac mêlé d'arsenic, intentait un procès en diffamation contre Lulli, Sébastien Aubry, etc.

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