‹ Vie de J.B.P. MolièreChapitre 164 sur 221 · CHAPITRE XVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVIII

comtesse d'Escarbagnas que les filles de ^«s^Ses tvnes oopulaires ne sont nullement flattes ils sont carac &£.*£ l niaiserie, la servillité. la P*™"^ convoitise : Pierrot, par exemple, dans Don Juan. Luca-, dans le Médecin maigre lut. ,Q„,oln„s visions de

Si Molière nous paraît avoir eu certaines usions oe l'avenir ces \Lons étaient dues à l'étonnante persp.cacité de son regard, nullement à l'esprit de prophétie H

hum ni" comme une vieille enfant et un, , mcurable qu il «'««rit de redresser un peu, de soulager surtout en 1 amu

nous jugeons les choses à distance et par les «sur a dégagJés! nous semble beaucop plus gresMf contrôla société de son temps qu il ne ciut '.cire dont nous devons nous garder en ^J^^gS^ta

c'est précisément de ne pouvoir rencon^e dans U ^ passe la satire et l'ironie sans supposer aussitôt une de renversement et de bouleversement «Jg^Jg artiste dominé et possédé par son ««jJ«*J2«lte «e et aucun des éléments de comédie que lu ^ofi aient la le monde. Il a cherche partou des ■gU"^ A

ni catégories n'ont été épargnées par fin. Bri ™ P^ tour à four en pitié ou en mépris en ~£«J*ïE c'est pour les mieux comprendre t les -» «I et

On s'abuse lorsqu'on lui prête dauties preocc |

d'autres calculs. . avons dit

Nous ne reviendrons pas ic, sur ce ^£%*g±L. de sa vaste lecture et de ce que le P"nc^ f ^Lfi lait son érudition. « Je ne m'ennuie )™^l \fu on disait ce prince : c'est un homme qu> fou n tde ou , s érudition, son jugement, ne s epuisen ama » grands écrivains, surtout les grands ec :n ains Uass «p font ceux qui donnent une forme definibW a ce qui

dit avant eux. Molière, autant que personne, a joui de ce privilège. Mais il joint à cette puissance d'absorption, si l'on peut ainsi parler, une puissance d'invention dont bien peu, parmi les plus grands écrivains classiques, ont été doués. Ce qu'il répète, traduit, imite, ne fait que s'ajouter à ce qu'il invente. Son esprit créateur domine et vivifie les matériaux qu'il emprunte. Il leur donne ainsi une nouvelle et incomparable valeur. Du cuivre qu'il dérobe il fait de l'or.

On dirait plus justement peut-être que son observation ne se contente pas du présent et qu'elle cherche à faire son propre butin de l'expérience des siècles : « Y a-t-il, après tout, moins de génie, remarque M. Nisard, à reconnaître la nature dans l'auteur qu'on lit que dans l'original qui passe? »

Molière s'est maintenu en possession du domaine entier de la comédie, dont Boileau aurait voulu lui supprimer au moins la moitié en le renfermant dans les hautes régions. Chacun a présents à la mémoire ces vers trop célèbres de Y Art poétique :

Etudiez la cour, et connoissez la ville :

L'une et l'autre est toujours en modèles fertile.

C'est par là que Molière, illustrant ses écrits,

Peut-être de son art eût remporté le prix

Si, moins ami du peuple, en ses doctes peintures

Il n'eût point fait souvent grimacer ses figures,

Quitté pour le bouffon l'agréable et le fin,

Et sans honte à Térence allié Tabarin.

Dans ce sac ridicule où Scapin s'enveloppe.

Je ne reconnois plus l'auteur du Misanthrope.

Ce jugement était déjà contesté au temps où Boileau exerçait une autorité presque absolue sur la littérature française. Népomucène Lemercier, au commencement de notre siècle, s'exprimait ainsi : « Boileau, dans ce passage, reproche à Molière d'avoir composé ses tableaux pour l'universalité des hommes, de ne s'être pas gêné dans un cadre rétréci où n'eussent comparu que des personnages pris dans une haute classe peu nombreuse, et d'avoir fait dialoguer les siens, non seulement pour

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