LES SIEURS MESDEMOISELLES
La Grange, i Molière,
Debrie, I . „ . . „ , La Grange, f
Du Groisy, ( du Palais"R°yal- Debrie, , du Palais-Royal.
Hubert, I Aubry (Gén. Béjart), [
Rosimond, \ Angélique Du Cr
La Roque, J Dauvillieis, j
Dauvilliers, F ; Dupin, , d Marais.
Dupin, ( -Marai!>- Dumout (Ozilloni. l
Verneuil, \ Guyut, 1
Guérin d'Estridié, /
s...urdéac, ) machinistes (c'est ainsi que La Grange désigne ces deux
Champerou, ! personnages .
En tout, vingt et un sociétaires qui avaient ensemble dix-sept parts et demie, et auxquels il faut ajouter un pensionnaire. « Le produit des recettes, disait encore Fieury. en 1771. se répartit entre les acteurs sociétaires dans des proportions inégales, et en quelque sorte relatives. Ce produit étant divisé en tel nombre de parts, les uns ont une part entière, les autres une demi-part ou un quart seulement. Tous les mois les comptes sont réglés; et, après avoir prélevé les frais d'administration et les pensions des acteurs à la retraite, on procède au partage dans l'échelle de proportion établie. »
son service et qui devaient former la nouvelle compagnie. Vingt-sept noms y furent inscrits il).
La lettre de cachet de par le roi, qui confirme ces arrangements, est conçue dans les termes suivants :
« Sa Majesté ayant estimé à propos de réunir les deux troupes de comédiens établies à l'hôtel de Bourgogne et dans l'hôtel de Guénégaud à Paris pour n'en faire à l'avenir qu'une seule, afin de rendre les représentations des comédies plus parfaites par le moyen des acteurs et des actrices auxquels elle a donné place dans ladite troupe (2); Sa Majesté a ordonné et ordonne qu'à L'avenir lesdites deux troupes de comédiens françois seront réunies pour n'en faire qu'une seule et môme troupe, et sera composée des acteurs »-t actrices dont la liste est ci-dessus arrêtée par Sa Majesté; el leur donner moyen de se perfectionner de plus en plu- Majesté veut que ladite seule troupe puisse représenter des comédies dans Paris, faisant défense à tous autres comédiens
({) Ces noms 3ont les suivants :
LES SIEURS M'USELLES
Champmeslé, Champmeslé,
Baron, Baron (Charlotte de La Thoril-
Poisson, Hère),
La Grange, Beauval,
Beauval, Molière,
Dauvillien, La Grange,
La Ti.uilerie, Bellonde,
Guérin d'Estriché, Debrie.
Hubert, Dennebaut,
Rosimond, Dupin,
Raisin, Gu
De Villiers, Angélique Du Ci
Verneuil. Raisin.
Hauteroche, Du Croisy.
En tout, quinze acteurs et douze actrices intervenant dans la société pour vingt et une parts et un quart.
(2) Ce système d'amélioration ne paraît pas avoir eu grand succès, au jugement de Louis XIV lui-même. On lit dans le Journal du marquis de Dangeau, suus la date du 9 octobre 1700 : « Le roi, qui n'avoit paru à aucune comédie depuis longtemps, vit, dans la tribune de la duchesse de Bourgogne, les trois premiers actes de V Avare; mais il ne trouva pas que les comédiens la jouassent bien. Mme la duchesse do Bourgogne le pressa fort de rester iusqu'à la fin. mais il ne put s'y résoudre. »
françois de s'établir dans ladite ville de Paris et faubourgs, sans ordre exprès de Sadite Majesté. Enjoint Sa Majesté au sieur de la Reynie, etc. Fait à Versailles, le 21 octobre 1680.
Signé : Louis, et au bas Colbert. »
« C'est ainsi, dit M. Régnier, qu'en bien peu d'années la troupe de Molière eut absorbé les deux théâtres qu'à son arrivée à Paris elle avait trouvés en possession de la faveur publique. »
La troupe paya 800 livres aux comédiens italiens, qui allèrent s'établir à l'hôtel de Bourgogne, et elle eut seule la jouissance de son théâtre. Elle joua tous les jours. Un brevet du 24 août 1682 lui assura une pension annuelle de 12,000 livres.
A quelque temps de là, lorsqu'il s'agit d'ouvrir le collège Mazarin ou des Quatre-Nations, enfin terminé. l'Université exigea que la Comédie fût éloignée du nouvel établissement; et le roi fit signifier aux comédiens, le 20 juillet 1687, de s'aller loger en un autre endroit.
Thalie et Melpomène errantes cherchèrent longtemps un asile. Racine écrivait à Boileau à la date du 8 août : « La nouvelle qui fait ici le plus de bruit, c'est l'embarras des comédiens, qui sont obligés de déloger de la rue Guénégaud. à cause que messieurs de Sorbonne, en acceptant le collège des Quatre-Nations, ont demandé pour première condition qu'on les éloignât de ce collège. Ils ont déjà marchandé des places dans cinq ou six endroits; mais partout où ils vont, c'est merveille d'entendre comme les curés crient. Le curé de Saint-Germain-rAuxerrois a déjà obtenu qu'ils ne seroient point à l'hôtel de Sourdis, parce que de leur théâtre on auroit entendu tout à plein les orgues, et de l'église on auroit entendu parfaitement les violons. Enfin ils en sont à la rue de Savoie, dans la paroisse de Saint-André. Le curé a été aussi au roi lui représenter qu'il n'y a tantôt plus dans sa paroisse que des auberges et des coquetier- les comédiens y viennent, que son église sera déserte. Les grands augustins ont été aussi au roi, et le père Lembrochons, provincial, a porté la parole; mais, on dit
que les comédiens ont dit à Sa Majesté que ces mêmes augustins, qui ne veulent pas les avoir pour voisins, sont fort assidus spectateurs de la comédie, et qu'ils ont même voulu vendre à la troupe des maisons qui leur appartiennent dans la rue d'Anjou, pour y bâtir un théâtre, et que le marché seroit déjà conclu si le lieu eût été plus commode. M. de Louvois a ordonné à M. de La Chapelle de lui envoyer le plan du lieu où ils veulent bâtir dans la rue de Savoie. Ainsi, on attend ce que If. de Louvois décidera. Cependant l'alarme est grande dans le quartier; tous les bourgeois qui sont gens de palais, trouvent fort étrange qu'on vienne embarrasser leurs rues. II. Billard (1), surtout, qui se trouvera vis-à-vis de la porte du parterre, crie fort haut; et quand on lui a voulu dire qu'il en auroit plus de commodité pour s'aller divertir quelquefois, il a répondu fort tragiquement : « Je ne veux point me divertir! »
La troupe de Guénégaud trouva enfin un refuge au jeu de paume de l'Étoile, situé dans la rue des Fossés-Saint- Germain-des-Prés (à présent rue de l' Ancienne-Comédie). Sur l'emplacement de ce jeu de paume et de deux maisons voisines, fut construite la salle qu'on inaugura, le 18 avril 1689, par Phèdre et le Médecin malgré lui. et dans laquelle pendant près de cent ans la Comédie française eut sa résidence.
Les comédiens italiens, qui étaient demeurés en possession de l'hôtel de Bourgogne, furent expulses en 1697. Les comédiens espagnols avaient quitté la France au printemps de l'année 1673. Nous avons dit (2) qu'au commencement du règne de Louis XIV, dans les années qui suivirent le retour de Molière à Paris, il y eut en cette ville jusqu'à six théâtres, dont quatre d'acteurs français et d.ux d'acteurs étrangers. A la fin du siècle il n'en subsistait plus qu'un seul ià ne point compter l'Académie de musique). On voit combien le théâtre avait perdu de la faveur dont il avait joui sous le gouvernement des cardinaux ministres, et que si Molière pressentit dans un
(1) Avocat alors en renom.
(2) Page 120, note 1.
avenir peu éloigné un péril pour son art. il n'eut point tout à fait tort. Encore un peu d'années, et l'héritier présomptif de la couronne, le duc de Bourgogne, allait montrer des dispositions de plus en plus menaçantes : « L'on sait qu'il s'est répandu un bruit, mais bien fondé, l'année dernière (1711), que les comédiens, après la mort de Monseigneur, ayant demandé à notre prince l'honneur de sa protection, surtout pour obtenir du roi une seconde troupe, il leur répondit qu'ils ne doivent nullement compter sur sa protection; qu'il n'étoit pas en son pouvoir d'empêcher leurs exercices, mais ne pouvoit se dispenser de leur dire qu'il .'toit indigne qu'ils les lissent, particulièrement fêtes et dimanches (1). » Cette question de la comédie lui tenait à cœur. Mme de Maintenon, qui s'en préoccupait aussi, et qui n'aurait voulu, pour son compte. que des pièces saintes, des comédies de couvent, lui demandait un jour : c Mais vous. Monseigneur, que ferezvous quand vous serez le maître? Défendrez-vous l'opéra, la comédie et les autres spectacles? — Bien des gens, répondit le prince, prétendent que, s'il n'y en avoit point, il y auroit encore de plus grands désordres à Paris : j'examinerois. je pèserois mûrement le pour et le contre, et je m'en tiendrois au parti qui auroit le moins d'inconvénients. » Et son biographe ajoute que ce parti eût été sans doute celui de laisser subsister le théâtre, en le réformant sur le modèle des pièces composées pour Saint-Cyr. Terminons ce chapitre par quelques mots sur les migrations de la Comédie française, qui recommencèrent dans la seconde partie du wur- siècle. Elle quitta la rue des Fossés-Saint -Germain en 1770 et s'établit, avec l'agrément du roi. dans la salle des Machines aux Tuileries, où elle demeura jusqu'au 9 avril 1782. A cette époque, elle se transporta au nouveau théâtre que les architi Peyre et de Wailly lui avaient bâti sur l'emplacement de l'hôtel de Condé, et qui porte aujourd'hui le nom d'Odéon. Bouleversée par la loi de 1791 qui proclama la liberté des théâtres, déchirée par les haines politiques, la troupe fut
(1 Mémoire des principaux actes de vertu qu'une personne de probité a remarqués en feu Monseigneur le Dauphin (1712).
emprisonnée pendant la Terreur. Rendue à la liberté, elle resta divisée et se partagea entre la salle du faubourg Baint-GermaiD Odéon . le théâtre Feydeau, et un nouveau théâtre, élevé rue Richelieu, qui portait le nom de théâtre
de la République. Le gouvernement du Directoire parvint, par les soins de M. Mahérault, son commissaire, à rassembler rue Richelieu les débris épars de l'ancienne société, pour en reformer la Comédie française qui a subsisté jusqu'à nos jours. Celle-ci, malgré de nombreuses vicissitudes, est donc vraiment fille d<- Molière, et elle tire de cette origine noa seulement une illustration et une noblesse dont elle a droit détre liere. mais encore des obligations et des devoirs dont elle ne saurait s'affranchir.
L EPIGRAPHIE MOLIERESQUE A PARIS
Lorsque vous montez la rue du Pont-Neuf, dans la partie qui touche aux Nouvelles Halles et qui s'appelait autrefois rue de la Tonnellerie, vous voyez à votre gauche, au premier étage d'une maison portant sur la rue actuelle le n° 31 un buste en marbre blanc, au-dessous duquel on lit cette inscription gravée sur une plaque en marbre blanc : « J.-B. Poquelin de Molière. Cette maison a été bâtie sur l'emplacement de celle où il naquit le 15 janvier 1620 ». Ce buste fut placé et cette inscription fut rédigée en 1799 par les soins de Cailhava, Alexandre Lenoir et Delaporte, ce dernier lils du secrétaire de la Comédie-Française.
Si, après avoir considéré ce buste et lu cette inscription, vous prenez la rue Saint-Honoré qui commence précisément à la rue du Pont-Neuf et vous la suivez pendant quelques centaines de pas, vous apercevez au deuxième étage d'une maison portant le n° 96 et formant le coin de la rue Saint-IIonoré et de la rue Sauvai, qui jadis se nommait la rue des Vieilles-Etuves, une plaque noire qui porte en lettres d'or cette inscription : « Cette maison a été construite sur l'emplacement de celle où est ué Molière, le 15 janvier 1622. » Cette inscription a été posée en is;6 par les soins et aux frais du Cercle de la critique dramatique et musicale sur l'initiative d'un de ses membres, M. Charles de la Rounat.
Nous ne nous attachons point à expliquer la dilTérence des dates données par ces inscriptions pour la naissance de Molière. C'est la première qui a tort. Molière est né en 1622. Il n'y a plus de contestation sur ce point. Mais de ces deux maisons situées à une assez grande distance
l'une de l'autre, quelle est celle qui est bâtie sur l'emplacement de la maison natale de Molière? Ceux de nos contemporains qui ont fait poser la plaque du n° 96 de la rue Saint-Honoré ont été déterminés par les raisons suivantes :
Le contrat de mariage entre Jean Poquelin et Marie Cressé (22 février 1G21), les auteurs de Molière, constate que Jean Poquelin demeure rue Saint-Honoré, par Saint-Eustache. L'acte de baptême de Molière (15 janvier 1622), désigne Jean Poquelin et Marie Gressé comme tirant rue Saint-Honoré. L'inventaire après décès de Marie Cressé (19-31 janvier 1633), l'acte d'acquisition par Jean Poquelin d'une maison sous les piliers des Halles
■ ' septembre 1633), la transaction entre Nicolas e\ Jean Poquelin pour l'office de tapissier du roi (29 mars M formulent tous son adresse de la même manière : rue Saint-Honoré, paroisse Saint-Eustache. Enfin, un rôle di - taxes levées en 1 G.J7 pour le nettoiement des rues de Paris, mentionne la maison occupée par le sieur .I>;m Poquelin, marchand tapissier, rue Saint-Honoré,
de celle des Vieilles Éi
Voila un ensemble de documents qui semblerait tout à fait concluant s'il s'agissail de connaître le lieu de naissance de tout autre de nos hommes illustres, mais quand il s'agit de Molière, on est plus difficile. ■ Ces documents, objecte-t-on, témoignent bien que les parents de Moli habitaient la rue Saint-Honoré, mais le derni.T seul prouve qu'ils habitaient au coin de la rue des Vieil Êtuves, quinze ans après la naissance de Molière. Qui sait s'ils n'avaient point déménagé dans l'intervalle? > Il nous semble que la preuve d'un changement de domicile devrait être faite et que le déménagement, lors même qu'il n'aurait rien d'invraisemblable, ne se suppose pas. surtout lorsque la désignation reste identiquement la même.
■ Les deux maisons à plaques, dit-on encore, celle de la ne- des Vieilles-Étuves et celle de la rue de la Tonnellerie, répondraient également à cette indication des actes authentiques : rue Saint-Honoré, paroisse Saint-Eustache. » Je ic trouve point cela exact. La maison de la rue des
Vieilles-Étuves est bien sur la rue Saint-Honoré, mais celle de la rue de la Tonnellerie n'y est pas. Elle en est séparée par une autre maison qui fait le coin. On peut dire, il est vrai, que la maison qui existait avant celle d'aujourdhui s'étendait peut-être jusqu'à la rue Saint-Honoré; mais c'est une hypothèse qui n'a point la vraisemblance pour elle, car les anciennes maisons de ce quartier sont généralement plus étroites que les maisons dune date relativement récente. Si les parents de Molière à l'époque de sa naissance avaient habité la maison existant à la place de celle qui est ornée du buste blanc, les actes authentiques les auraient désignés, on peut en être certain, comme demeurant, non pas rue Saint-Honoré, mais rue de la Tonnellerie, paroisse Saint-Eustache.
On invoque la tradition : « Grimarest et Voltaire ont dit que Molière était né sous les piliers des Halles » et la maison de la rue de la Tonnellerie justifierait mieux que l'autre cette façon de parler. La rue de la Tonnellerie n'a plus de piliers maintenant, mais elle en eut jusqu'à la transformation de ce quartier sous Napoléon III. Grimarest s'exprime ainsi : « 11 (Molière) était fils et petit-fils de tapissiers valets de chambre du roi Louis XIII ; ils avaient leur boutique sous les piliers des Halles dans une maison qui leur appartenait en propre. » Il est clair que Grimarest veut parler de la maison achetée par Jean Poquelin en 1633 sous les piliers des Halles, située devant le pilori, ayant pour enseigne l'image de Saint-Christophe et dont M. Eudore Soulié a publié l'acte d'acquisition. Cette maison devint le domicile de Jean Poquelin père à la Saint- Jean de 1643. Il la loua plus tard à son second fils, le frère puîné de Molière, en lui cédant son fonds de commerce, en 1654, mais il y conservait un logement, et à partir de cette date jusqu'à sa mort, on le voit presque toujours désigné par cette mention uniforme : demeurant à Paris, sous les piliers des Halles, paroisse Saint- Eustache. Cette maison resta dans la famille, et M. Soulié a exhumé des baux de 1695 et de 1700 par lesquels les héritiers de Jean Poquelin, notamment la tille de Molière, donnaient en location la maison qu'ils possédaient indivis. Grimarest a cru que la possession de cette maison remon-
tait plus haut dans la famille, jusqu'à Louis XIII, comme il dit, et que par conséquent Molière y était né. Voltaire reprit pour son compte l'assertion de Grimarest : « Jean-Baptiste Poquelin naquit dans une maison qui subsiste encore sous les piliers des Halles ». Et toute la tradition du xvne siècle se fonda sur cette erreur.
Quand Cailhava, Lenoir et Delaporte voulurent, après la Révolution, rendre un juste hommage à Molière en désignant et décorant sa maison natale, c'est cette maison qu'ils cherchèrent, la maison sous les piliers des Halles. Ils crurent la trouver, non pas elle précisément, mais celle qui avait pris sa place dans la rue de la Tonnellerie; et leur choix ne fut pas sans doute déterminé par le hasard. La maison sur laquelle ce choix se fixa avait été bâtie sur l'emplacement ou non loin de l'emplacement occupé par celle d'André Boudet, le beau-frère de Molière, tapissier comme les Poquelin, et qui demeurait, comme il résulte de plusieurs des actes authentiques publiés par M. Soulié, « sous les piliers de la Tonnellerie ». Ils devaient prendre le change d'autant plus facilement que Grimarest et Voltaire donnent par erreur le nom d'Anne Boudet ou Boutet à la mère de Molière.
On voit distinctement l'origine du buste et de la plaque de marbre blanc; ils sont l'expression d'une tradition manifestement égarée et erronée, et, comme tels, il y aurait tout intérêt à les faire disparaître. Quant a l'inscription du n° 96 de la rue Saint-Honoré, il nous semble qu'on peut considérer le fait qu'elle constate comme provisoirement acquis. Il est absolument certain que c'était là que Jean-Baptiste Poquelin (le futur Molière» habitait chez ses parents en 1636; il est très probable et il est permis de croire, jusqu'à découverte de documents prouvant le contraire, qu'il y était né. Nous convenons toutefois qu'il eut été plus prudent de n'affirmer absolument le séjour de Molière en cet endroit que pour les années 1636 et suivantes.
Les plaques et inscriptions mortuaires donnent lieu à une difficulté analogue. Si vous suivez la rue Richelieu en allant du Théâtre-Français au boulevard, vous pouvez lire sur la maison n° 3'* cette inscription : « Molière est
mort dans cette maison le 17 février 1673 à l'âge de cinquante et un ans. » Un peu plus loin, sur la maison n° 40, vous lisez : « Ici s'élevait la maison où Molière, né à Paris le 15 janvier 1622. est mort le 17 février 1673. >
Les deux inscriptions sont récentes. La première est du même temps que le monument qui est en face et eut pour but de justifier l'emplacement de ce monument : c'est en faisant valoir cette circonstance que la maison mortuaire de Molière se trouvait en face du terrain où l'on construisait alors une fontaine publique que M. Régnier demanda, au nom de la Comédie-Française, qu'on fît de cette fontaine un monument en l'honneur de Molière.
L'inscription de la maison n° 40 est d'hier; elle a été placée après la publication de M. A. Vitu : « la Maison mortuaire de Molière, Paris, Alphonse Lemerre, 1882. » Cet ouvrage tranchait la question de l'emplacement de la maison mortuaire par des preuves décisives.
Ici encore une simplification serait désirable, et l'inscription du n° 34 devrait être supprimée. « Voilà de belles vétilles! diront quelques-uns: pourvu qu'on sache que Molière est né dans le quartier des Halles et qu'il est mort rue Richelieu, quel intérêt y a-t-il à connaître l'endroit exact? » Sans doute il n'y a point là un intérêt de premier ordre. Mais du moment où l'on pose dans nos rues des plaques chargées d'inscriptions, encore faut-il s'efforcer de leur faire exprimer une vérité, et ne pas tromper le passant.
Il faut ajouter, pour compléter l'épigraphie parisienne relative à Molière, la plaque d'Auteuil dont il est parlé ci-dessus, page 283, et celle concernant le théâtre du Palais-Royal dont il est question à la page 345. L'histoire de la sépulture de Molière depuis les obsèques jusqu'à nos jours se trouve dans notre seconde édition des Œuvres complètes de Molière, tome 1. pages 313-385.
OTHECA
Molière, l'auteur comique par excellence
Apprécié par ses contemporains
Moins goûté en France pendant le xvili* siècle
Centenaire de 1773
Concours académique
Admiration de l'Europe
Molière en Angleterre
— en Allemagne
— en Italie
— en Espagne
— en Hollande, Danemark, Suède
— en Pologne, en Russie
Molière et la Révolution française
Au commencement de ce siècle
Un critique de Molière en Allemagne : Wilbem de Schlegel
Réfuté par Gœtue
Faveur de Molière en Allemagne
Même faveur en Angleterre
En Amérique
Molière en Turquie
Molière et le romantisme
Le monument de la rue Richelieu
Molière pendant le siège de L870-1871
État actuel des travaux et recherche- sur Molière, su vie
et ses œuvres