DEUXIÈME ÉPOQUE DU THEATRE DE MOLIÈRE
L'auteur comique ne s'accorda pas une longue trêve : pendant cet été qui suivit son mariage, il composa une nouvelle comédie qu'il intitula L'École des*Fe m mes . Dans V École des Maris, Molière enseignait que
Le? verroux et le.- grille?
Ne font pas la vertu de? femmes et des filles,
C'est l'honneur qui les doit tenir dans le devoir.
Il prouvait qu'une tyrannie étroite de la part des maris n'était nullement propre à assurer le bonheur domestique. Il va montrer maintenant qu'une ignorance excessive chez les femmes n'est pas un meilleur moyen d'obtenir ce résultat. L'École des Femmes n'est [tas une contre-partie de V École des Maris, et ce titre ne serait exact que s'il pouvait signifier l'éducation qu'il convient de donner aux femmes. On doit plutôt la considérer dans l'œuvre de Molière comme une contre-partie des Précieuses ridicules et des Femmes savantes. On n'a pas. en effet, toute la pensée de Molière, si l'on n'oppose à la pédanterie des unes et à l'afféterie des autres la périlleuse naïveté d'Agnès, et aux théories de Gorgibus et de Chrysale la méprise d'Arnolphe, En regard de lÉcole des Maris, la nouvelle pièce est une continuation, un second chapitre du même traité, un nouveau manifeste, comme on dirait aujourd'hui, en