Réué de France, fille de Louis XII et cou
est encores aujourd'huy vivante, grâces à Dieu ; laquelle l'ayant veu et ouy, deslors jugea ce qui en estoit, et tousjours depuis tant qu'il a vescu, Ta aimé et honoré comme un excellent organe du Seigneur.
D'Italie ils revindrent derechef à Basle.
Une chose n'est à omettre ; que comme il estoit soigneux à bien départir ses esludes, durant le temps qu'il fut tant à Basle qu'à Strasbourg, il s'adonna entre autres choses à la cognoissance de la langue hébraïque ; où il profita tellement, que ce luy fut depuis grande aide pour l'intelligence de l'Escriture, comme ses livres en rendent lesmoignage.
sine de Marguerite de Navarre. Les protestants persécutés trouvèrent plus tard un sûr asile dans son château de Montargis.
Or quelque temps après, de Basle il s'en alla en France, et son dit compagnon s'en vint à Neuf-chaslel et à Genève. Mais Calvin après avoir donné quelque ordre à ses affaires, se voulant derechef retirer à Basle et à Strasbourg, print avec soy son frère Antoine * , duquel il a esté parlé. Et pource qu'à cause des guerres le droit chemin estoit fermé, s'en vint passer à la bonne heure par ceste ville de Genève, qui peu de temps auparavant avoit receu l'Evangile par la prédication de deux excellens serviteurs de Dieu, M. Guillaume Farel et Pierre Viret. Il ne pretendoit rien moins que d'y faire sa demeure, mais seulement d'y passer,
i . Il emmena également avec lui sa sœur Marie, sur laquelle on n'a aucun renseignement. Antoine était relieur; il devint bourgeois de Genève, membre du conseil des cinq cents , puis des soixante, et mourut en 1573.
28 VIE DE CALVIxX.
sans se donner autrement à cognoistre.
Toutesfois celuy que nous avons dit qui luy avoit tenu compagnie à Basic et en Italie, fit qu'il fut cognu ; car il s'estoit lors retiré à Genève, comme aussi y estoit demeurant monsieur Morlet , qui depuis a esté ambassadeur du roy vers les ligues, et est mort plusieurs ans après à Basle, ayant tousjours souvenance de sa demeure ancienne en la ville de Genève, tellement que jamais il ne passoit par Lausanne et Genève, qu'il ne voulust voir Calvin et Viret , et discourir avec eux. Le Seigneur donc, voulant deslors se préparer chemin à tant de bien qu'il vouloit départir à son Eglise par le moyen de Calvin, mit au cœur de Farel de le retenir, ce qui luy fut tresdifRcile. Tellement qu'après les prières il en fallut venir jusqu'aux adjurations, que s'il refusoil de s'employer en ceste Eglise
en l'œuvre du Seigneur, Dieu maudist le repos qu'il cherclioit pour la commodité de ses esiudes. Alors il accorda de demeurer, non pas pour prescher mais pour lire en théologie.
Et advint tout ceci 1 an 1536 au commencement de septembre : mais un peu après il fut aussi esleu pasteur. Estant ainsi déclaré pasteur et docteur en ceste Eglise avec légitime élection et approbation, il dressa un brief formulaire de confession et de discipline, pour donner quelque forme à ceste Eglise nouvellement dressée. Il fit aussi un catéchisme^ non pas celuy que nous avons aujourd'huy, composé par demandes et responses, mais un autre contenant seulement par briefs sommaires les principaux poincts de la religion * . Et d'autant que luy et ses