Ce est sous-entendu
Iceluy ma déclaré vouloir faire son testament et déclaration de sa dernière volonté^ me priant de Vescrire selon quil seroit par luy dicté et prononcé.
Ce quà sadite requeste^ fay fait; et Vaj escrit sous luj^ et selon quil m'a dicté et prononcé de mot à mot, sans y rien omettre ni adjouster à la forme qui s'ensuit.
Au nom de Dieu. Je^ Jean Calvin ministre de la par oie de Dieu en V Eglise de Genève, me sentant tellement ahbatu de diverses maladies^ que je ne puis autrement penser sinon que Dieu me veut retirer en hrief de ce monde^ ay advisé de faire et coucher par escrit mon testament et déclaration de ma dernière volonté, en la forme qui s'ensuit. C^est en premier lieu, que je ren grâces a Dieu de ce que non seulement il a eu pitié de moy sa povre créature, pour me retirer de Vabysme cV idolâtrie
oïl f estoye plongé^ pour m attirer a la clarté de son Evangile ^ et me faire participant de la doctrine de salut ^ de laquelle festoya par trop indigne ; et que continuant sa miséricorde^ il m^a supporté en tant de i^ices et povretez^ qui meritoyent bien que je fusse rejette cent mille fois de luy. Mais, qui plus est^ il a estendu vers moy sa m,erci, jusques-là de se servir de moy et de mon labeur pour porter et annoncer la vérité de son Evangile. Protestant de vouloir vivre et mourir en cette foy, laquelle il rna donnée ; n ayant autre espoir ni refuge sinon à son adoption gratuite, en laquelle tout mon salut est fondé. Embrassant la grâce quil m'a faite en nostre Seigneur Jésus Christ, et acceptant le mérite de sa mort et passion, afin que par ce moyen tous mes péchez soyent ensevelis ; et le priant de tellement me laver et nettoyer du
sang de ce grand rédempteur ^ qui a esté espandu pour tous poçres pécheurs ^ que je puisse comparoistre devant sa face^ comme portant son image. Je pro~ teste aussi que fay tasché, selon la mesure de grâce quil rn avoit donnée., d^ enseigner purement sa parole tant en sermons que par escrit^ d^ exposer fidèlement r Escriture saincte. Et mesmes quen toutes les disputes que fay eues contre les ennemis de la vérité., je nay point usé de cuutele'^ ne sophisterie ; mais ay procédé rondement à maintenir sa querelle. Mais., helasl le vouloir que j' ay eu., et le zèle ., saille faut ainsi appeler^ a esté si froid et si lasche., que je me sens bien redevable en tout et par tout. Et que si ce nestoit sa bonté infinie^ toute V affection que fay eue ne seroit que fumée; voire mesmes que les