Vita Pap. Massoni
2. Elogia, Paris, 1 638, deux vol. in-8o. P. Masson a aussi publié en latin une vie de Calvin, qui est parfois attribuée à J. Gillot.
jour quil ne flst quelque sermon au peuple des choses sacrées. Tandis quil a uescu^ il lis oit trois fois la semaine en théologie; fort laborieux.^ qui escrii^oit toujours ou meditoit quelque chose. Item, son corps étoit foible ueritableme/it, mais parce quil estoit atténué par les çeilles et la lecture^ les escrits^ les méditations et les presches^ les maladies et les affaires. Il dormoit fort peu^ et a dicté la plus grande partie de ses œuvres la nuit de son lict à un sien domestique qui lui servoit d'escriçain. Il ne prenoit quune fois le jour son repas., et confessoit quil nj avoit point de plus efficacieux remède contre les foiblesses d'estomach et les douleurs déteste. S onhabit estoit de peu de prix ^ pour coui^rir et îion pas pour orner son corps.
En troisième lieu , nous pouvons adjouster le tesmoignage que lui rend
monsieur le Président de Thou au livre 36 de son histoire*. Jean Calvin^ dit-il , natif de Noyon en Vermandois^ personnage d'un grand esprit et merveilleusement eloqueîit^ célèbre théologien entre les protestans ^ après avoir esté travaillé durant sept années entières de diverses maladies^ et n ayant pas esté pourtant moins assidu dans l'exercice de sa charge^ et dans V occupation quil avoit continuellement a escrire ; finalement il moujut d'un asthme à Genève oïl il avoit enseigné vingt-trois ans^ ayant à peine achevé la cinquante sixième année de sa vie. D'où nous pouvons recueillir un argument bien fort pour rinnocence de Calvin ; car s'il y eust eu quelque vérité dans tout ce qu'on lui a reproché, il ne faut pas
1 . Ce bel ouvrage fut mis à l'index à Rome par décret du 9 novembre 1609.
douter que monsieur le président de Thou, qui avoit eu des mémoires tresparticulieres et tresfideles de toutes choses, n'en eust esté informé; et s'il en eust eu la connoissance, il est à présumer qu'il n'eust pas manqué de le rapporter dans son histoire, puis qu'outre l'obligation qu'il y avoit, comme un historien fidèle et véritable, dont on ne lui peut pas oster la louange, il eust fait un si grand plaisir à tous ceux de son parti. Puis donc qu'il n'en a fait aucune mention, et qu'au contraire il a estimé digne de le mettre entre les hommes illustres dont il a consacré les noms à la postérité : c'est un signe tres-evident qu'il a esté bien persuadé de son innocence, et que tout ce qu'on disoit contre lui, n 'avoit point d'autre fondement que dans la passion de ses adversaires.
Mais ce seroit encore peu de chose si ce n'estoit que des particuliers qui déposassent en sa faveur, ou des gens tout à fait estrangers qui en parlassent sans le bien cognoistre ; mais si on fait voir des pièces publiques de la ville mesmes de Noyon dont il est sorti, qui le justifient de ces prétendus crimes, quel lieu y aura-il après cela de douter que ce ne soyent des calomnies diaboliques dont on a voulu flestrir la mémoire de ce grand personnage? Or nous en pouvons alléguer deux.
La première est une enqueste qui fut faite autresfois à Noyon, que monsieur Rivet * dans son livre intitulé Jesuita vapulans, tesmoigne d'avoir veu entre les mains de monsieur Wandremyle, qu'il avoit eue, estant à Noyon,
1 . André Rivet, ministre calviniste, qui professa à Leyde et à Bréda, et mourut en 1651 .
du notaire même qui Tavoit faite. En voici les propres termes.
E père de Jean Cauvin qui 'À depuis se fit appeler maistre ,^.^ Jean Calvin * fut Gérard Gau- "v^v ôC vin , qui durant sa vie demeuroit à Noyon, et avoit la charge de procureur dans la cour ecclésiastique de ce même lieu; il estoit natif d'un bourg qu'on appelle le Pont-l'Evesque.
Sa mère, de laquelle nous ignorons le noni^ , estoit de Gambray. L'un et l'autre sont morts bons catholiques.
« Ils eurent quatre fils et deux filles. L'aisné des fils se nommoitGharles Gauvin , qui mourut prestre et chapelain
1. Suivant l'usage de cette époque, il avoit latinisé son nom ; et, par une seconde transformation, de Calvinus avait fait Calvin.
•2. Elle s'appelait Jeanne Le Franc.
de Teglise de la bienheureuse Vierge de Noyon l'an 1536. On le soupçonnoit d'heresie , car il ne voulut pas recevoir les sacremens devant sa mort, d'où vient qu'on enterra son corps entre les quatre colonnes de la potence de Noyon ; ce qui fut fait de nuict pour éviter le scandale , parce que son hérésie n'estoit pas notoire.
Son second fils fut le predict^ Jean Calvin. Le troisième, Anthoine Cauvin, qui fut chappelain de la chapelle ditte Tournerolle dans le bourg de Traches de la parroisse de Noyon.
Mais après que celui- qui s'appeloit Calvin se fut establi à Genève , son frère Anthoine s'y transfera aussi, et là s'y maria et y mourut. Le quatrième fils mourut jeune , et nous en ignorons le nom. Les deux filles de ce