LX CONSEILS DC ROI JACQUES
faut qn’il y aît lonjours deux secrétaires d’état , dont l’un réside à la cour et l’autre en Ecosse , et qui devront se relever tous 'les six mois ou tous les ans. Pour empêcher que ces secrétaires n’acquièrent trop de pouvoir , il sera bon aussi qu’il y ait deux ou trois membres <lu conseil qnî résident tonr-à-tour à IA)ndres, où l’on aura des jours fixes pour tenir conseil sur les affaires de ce royaume; par ce nioyen, vous ne recevrez pas tonjonrs les rapports de la même main. La constitutron du parlement d'Ecosse est très-bonne et ne devrait point être changée , sur-tout en ce qui regarde les lords des articles. De cette manière, un parlement ne peut pas faire grand mal; et i’ai toujours observé que ceux qui avalent envie d’exciter des troubles , ou du moins d'en avoir le moyen , commençaient par chercher à enlever à la couronne cette grande prérogative. Pour ce qui regarde les montagnards, envoyez-y des missionnaires, que vous encouragerez; établissez-y des écoles, afin que les habitants puissent avoir de leurs compatriotes pour pasteurs, etnesoient pas obligés de chercher leurs ecclésiastiq\ies en Irlande. Tâchez de faire quehpJC arrangement avec le collège des Ecossais à Paris , pour (pi’on y élève des jeunes gens pour cette mission. Vous êtes tenu d’en agir ainsi et comme chrétien et comme roi.
Quant à l’Irlande, il est de l’intérêt de la couronne d’améliorer la situation de ce royaume commecelle du reste des États. On doit tâcher <le faire ensorte qu’il ne dépende que de la couronne. Cela
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A SON FILS LE PRINCE DE GALLES. LX| plaira aux anciens habitants, tlesquelJil faut prendre un soin particulier, tant parce que 4’équitë l’exige, qu’à cause de leur loyauté et de leurs grandes souffrances pendant la dernière guerre , et aussi pour que dans un des royaumes, du moins, les catholiques puissent être en majorité. Afin de leur donner plus d’influence , il faut s’efforcer de civiliser les anciennes familles, en faisant élever en Angleterre les fils des chefs de cps familles , fnt-ce même aux frais de la couronne, s’ils n’ont pas le moyen de le faire euxmêmes. De cette manière , ils auront plus de confiance dans la couronne, leur haine actuelle pour les Anglais se calmera par degrés , ils se civiliseront, apprendront à améliorer leurs terres par des plantations et par l’introduction des méthodes d’agriculture que les Anglais et les Écossais ont suivies et par-font où ils se sont établis. La couronne devra aussi faire la dépense d’ériger des écoles pour apprendre l’anglais aux enfants des anciens naturels de l’Irlande; ce qui contribuera à éteindre pen-à-peu la langue irlant^aise, sera très-avantageux à tous les habitants anciens on nouveaux, et diminuera rahirhosité qni règne entre eux. - ’ ' *
Pourje clergé catholique , U faut prendre grand soin de n’accorder les dignités de l’Eglise qu’à des hommes capables, instruits, et d’nne vie exemplaire , èt sur-tout de faire cesser un abus qui n’à existélque trop long-temps, savoir, celai de conférer les ordres à des jeunes gens, et puis de les envoyer étudier en pays étrangers. Il serait bon d’envoyer Cn Irlande quelques