‹ Vie de Jacques IIChapitre 6 sur 28 · A SON FILS LE PRINCE DE GALI.ES. XXI · texte numérisé non relu

A SON FILS LE PRINCE DE GALI.ES. XXI

tellement votre autorité et votre pouvoir, que vous n’ayez que faire de craindre ou de flatter les factieux; car si vous vous les rendez une fois nécessaires, et qu’il vous faille dépendre de leur courtoisie , vous êtes un prince perdu ; le serpent dévorera la colombe , et vous ne devez jamais moins attendre de fidélité , de justiceoii d’humanité de personne que de ceux qui s’engagent en une rébellion religieuse : leur intérêt est toujours celui de Dieu, à ce qu’ils disent : la politique ambitieuse marche sous les enseignes de la piété, non-seulement avec beaucoup d’assurance, mais accompagnée des applaudissements de la populace; leur voix vous semblera être la voix de Jacob , mais ils vous feront sentir qu’ils ont les mains d’Esaü.

Rien n’avait été moins considérable en Angleterre , l’espace de plusieurs années , que la faction presbytérienne, tant ces gens-là étaient souples à s’accommoder à l’ordre public ; et en effet, comme chacun estimait , ils ne faisaient pas un si grand parti dans l’Eglise ou dans l’Etat; maés sitôt que les mécontents sont venus à paraître et faire un corps ( tout ainsi que les mauvaises humeurs se jettent sur les parties faibles et malades , où elles causent de l’inflammation ), de même tous ceux qui d’abord prenaient plaisir à la nouveauté ont tons couru de ce côté-là , comme si rencontrant alors une plus considérable et spécieuse différence es points de la religion;

Toutes les moindres factions, au commencement, obéissaient au presby tériat comme à leur grand-maître.

XXII COÏXSEILS mi ROI CnARI.ES 1"

jusqu’à cc que le temps et le succès des armes, découvrant à chacune d’icelles leurs particuliers avantages, elles se virent invitées à séparer les enjeux et en prendre leur part, et chacun de ces partis, abandonnant le capital qu’ils avaient mb ensemble pour l’uniformité de la religion , chacun voulut trafiquer tout seul et tirer de son côté le profit et la préférence, à la ruine , non-seulement de l’Eglise et de l’Etat, mais même de cet ordre presbytérien, qui semblait an commencement ( et le croyait aussi ) avoir tout mis en ses mains comme par une espèce de monopole.

Ne faites jamais peu d’état des moindres choses qui touchent la religion et la paix de l’Église, et ne les méprisez pas en sorte que vous veniez à y négliger une prompte réformation et une réelle suppression des erreurs et des schismes qui , au commencentent , ne paraissaient que comme une nue de la grandeur de la main; mais qui, agitée par des esprits séditieux, ne tarde guère às’épandre sur tout le corps de l’Eglbe, mnsi que nous voyons les vents imipétueux ponsser et étendre les plus petits nuages sur tonte la face cki ciel, qu’ils couvrent aussitôt d’un voile obscur et ténébreux.

Après que vous aurez ainsi rendu ce que vous devez à Dieu , à votre ame et à son Eglise, pour ce qui est de la profession et de la défense , tant de la vérité que de l’uniformité en la religion, la dispensation de la justice civile doit suivre de près ces choses , et être conune le gond principal où s’attache votre prospérité , et sur lequel ou la voie tourner tout entière ,

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