‹ Vie de JésusChapitre 56 sur 102 · MIMISTÈRB DE JÉSUS EN GALILÉE · texte numérisé non relu

MIMISTÈRB DE JÉSUS EN GALILÉE

Jésus se trouvait à Cana, lorsqu'un homme de la maison d'Hérode Antipas accourut de Capernaûm (Jean IV, 46) pour le prier de venir au secours de son fils, atteint d'une maladie mortelle. Cet homme connaissait

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déjà Jésus, mais il était sans doute de ceux qui donnaietit raifon au proverbe : Nul n'est prophète dans son pays. Il fallait un besoin pressant pour ramener à reconnêdtre et à invoquer la puissance du fils de Joseph. Tandis que la force intrinsèque de la vérité avait suffi pour conduire les Samaritains à la foi, il fallait aux Galiléens des signes matériels et des miracles éclatants. Aussi Jésus , avant d'aiccorder à cet homme ce qu'il demande de lui, blâme* t-il hautement ces esprits grossiers qui ne peuvent point croire, s'ils ne voient des signes et des miracles *.

Cette guérison merveilleuse venait d'être accomplie, toute la ville en était émue, lorsque Jésus arriva luimême à Capernaûm pour s'y fixer*. A peine arrivé, il commença à endiguer dans la synagogue et à guérir les malades. C'est ainsi qu'un jour de sabbat, comtne il se rendait, au sortir de la synagogue, dans la maison de Pierre pour y prendre son repas*, il trouva la belle-mère de Pierre malade de la fièvre et la guérit, de sorte qu'elle put se lever immédiatement et servir ses hôtes. Le bruit s'étant répandu qu'il était là, et peut-être aussi qu'il allait bientôt quitter la ville, dès que le soleil fut couché, c'est-à-dire que le sabbat fut passé, on s'empressa d'apporter les malades de la contrée. Le lendemain, le concours ne fut pas moins grand, mais Jésus ne voulut

1 Gomp. vol. I, p. 193 et suiv.

* Nous avons déjà vu quels étaient les motifs pour lesquels Jésus vint s'établir à GapeniaOm (p. Sd du présent volume.)

* ExTY] upect xa6^^y to?s «a€€«ffiv ofiaroTrottîffOai vi/iifiàv ieriv ^/ilv. — JosÉPHB, De vita sua, § 54.

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pourtant pis t'aitMcff dfttttitage* Il partit pmf BûttotMt dam les antres tillel Tatétiement du règne de Dieu, déclaratit qu'il était venu pour cela, et quittant Capernafim il se rendit à Nazareth. (Voy. Luc IV, 38 et suiv. ; Matth. Vm, 14, et Marc I, 39).

Le jour du sabbat, lorsquUI entra dans la synagogue, tous les regards se portèrent aussitôt sur lui (Luc IV, 16). On lui présenta le livre des prophètes, et, par uile menr^leuse dispensation de Dieu, le premier passage qui se présenta à lui fut Es. LXI, i . En déclarant que cette année iktorable promis par Esale était maintenant arriTée^ Jésus se présentait ouvertement comme celui qui apportait la délivrance aux esprits captifs sous le joug du péché, et donnait la Tue aux aveugles. Mais il ne se trouvait autour de lui personne qui eût conscience de son état d'esclavage et d'aveuglement et qui soupirât après la délivrance. Ses paroles ne trouvaient pas de point d'appui dans les cœurs et ne pouvaient produire qu'une impression passagère. Les assistants furent d'abord étonnés d'entendre un homme bien connu, un homme sorti du milieu d'eux, parler avec tant de force. Leurs pensées ne s'élevèrent pas plus haut, et bientôt iqprès ils se demandaient l'un à l'autre, d'un ton d'incrédulité : Gomment un tel homme peut^il iaire de A grandes choses? Dépourvus de toute intelligence spirituelle, tout ce qu'ils demandaient c'était de voir un miracle. Mais Jésus n'agissait jamais dans le but de satis* Cadre une curiosité charnelle. Cest pourquoi, au lieu de

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faire aucune concession^ il s'élève hautement contre les dispositions mauvaises de ceux qui Técoutent. « Sans d doute^ s'écrie-t-il, vous me direz ce proverbe : Médea cin, guéris-toi toi-même. Fais aussi, dans ta patrie, <x les miracles qu'on dit que tu as faits à €apemaûm. » Puis, appliquant aux gens de Nazareth le proverbe qu'il avait déjà appliqué à tous les Galiléens, qu'un prophète n'est point honoré dans son pays, il montra, par divers exemples empruntés à l'histoire juive, que la sagesse divine agit avec une entière liberté dans la dispensation de sa grâce, et que si Dieu n'a pas dessein d'accomplir au milieu d'eux aucun miracle, tous leurs désirs ne sauraient faire qu'il en arrive autrement \ Il leur donne à entendre par là, qu'il n'est nullement venu pour guérir iou$ les malades du peuple juif. Ces sévères paroles remplirent de rage les docteurs et la multitude, et ce ne fut que par la protection de Dieu que Jésus put échapper à la mort qui le menaçait \

1 Tandis que les gens de Nazareth représentent parfaitement le caractère do peuple juif en général, les paroles de Jésus contiennent en germe la doctrine de la libre grâce de Dieu développée plus tard par saint Paul, en foce de Texclusisme des Juifs.

* Il est possible quMl se passa, dans ces circonstances, des choses qui ne nous sont pas rapportées, et qui contribuèrent à exciter la colère des assistants ; carie récit de Luc, qui est le plus simple, est en môme temps fort court. Cependant on peut comprendre que les miracles de Jérusalem et de GapemaQm, et les premières paroles du Seigneur ayant excité au plus haut point l'attention et la curiosité générales, les habitants de Nazareth aient été profondément blessés de voir Jésus, au lieu de répondre à leur attente, les condamner au contraire si sévèrement. Comment supporter que le iils du charpentier les tançât de la sorte, avec Tautorité d'un prophète ! Le désir de couvrir leur colore d'une apparence de zèle pouvait facilement les conduire à accuser Jésus comme uu faux

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