‹ Vie de Jésus: ou examen critique de son histoire (volume 2)Chapitre 1 sur 23 · S LXXXVIII · texte numérisé non relu

S LXXXVIII

Jéiui considéré comme opérant des miraclef.

Trois raisons montrent que le peuple juif, au temps dé JësQSy attendait des miracles du Messie ; d'abord cela, en soi, est naturel, puisque pour les Juifs le Messie était un second Moïse et le plus grand des prophètes , et que la légende nationale racontait toute sorte de merveilles des prophètes et de Moïse ; en second heu, des écrits juifs postérieurs rendent la chosevraisemblable(f) ;en troisième lieu, les évangiles même en font foi : Jésus ayant guéri une fois (sans moyen naturel) un démoniaque muet et aveugle , le peuple fut par là conduit à se demander : Celui-là n'est il pas le Jils de Daifid? pivfTiouTOç sctiv 6 uioç AauiJ ( Matth. la, q3) ; ce qui prouve qu'à cette époque on considérait, comme un attribut du Messie, le pouvoir de produire descures miraculeuses. Jean*Baptiste , à la nouvelle des œuvres de Jésus , fpyoïç , demanda s'il n'était pas celui qui doit venir ^ èpj^'iji.evoç ; et Jésils, pour montrer qu'il Test en ejfïet , n'invoque à son lour que ses miracles (Matth. 11,2 seq., et passages parallèles). A la fèle des Tabernacles , que Jésus célébra à Jérusalem , plusieurs du peuple crurent en lui, disant en eux-mêmes : Le Christ j quand il viendra, fera-t-il plus de signes que

(1) Voyez les passages cites dans le aSG) etSohar Exod. fol. 3, cp). i2(daK$

tonie i*r, Introduction, p. loo , note i , Schôttgen» Horœ^ a, p. 54i, et aussi dlaat

à quoi on peut ajouter 4. Esdras, i3, 5o Bertholdt, Christol. § 33, not. i). (Fkbiic. God« pseudepigr.y . T. , a, p.

celui-^i rJbenfaii ? on o Xpi(rro; otov eX(hj , (jLvfTt w^eiova ^jxeîa TouTwv iroiTfGet, wv outoç eiroiTicev (Joh. y, Si).

L'attente populaire avait décidé d'avance, non seulement que le Messie ferait des miracles en général, mais encore qu'il les ferait de telle ou telle espèce. Cela provenait aussi de types et de sentences fournies par 1* Ancien-Testament. Moïse, par une voie surnaturelle, avait procuré au peuple de quoi manger et boire (2. Mos. 16 , 1 7) ; on ei1*^^attendait autant du Messie, ainsi que les rabbins le disent expressément. Sur la prière d'Elisée, aux uns les yeux avaient été surnaturellement fermés , aux autres surnaturellement ouverts (q. Reg. 6); le Messie devait aussi ouvrir les yeux des aveugles. Ce prophète et son maître avaient ressuscité des morts (1. Reg. 17 ; 2. Reg. 4) ; le Messie ne pouvait pas être privé du pouvoir sur la mort (1). Parmi les prophéties, c'était surtout celle d'isaïe (35 , 5 seq. ; comparez 42, 7) qui avait exercé de l'influence sur ce côté de l'idée du Messie. Il y avait été dit des temps messianiques : ^/ors les yeux des ai^eugles s *ouif riront^ et les oreilles des sourds entendront; alors le boiteux sautera comme un cerf ^ et la langue des bègues articulera^ totc âvoij^ÔvfdovTat ôf6a>.[xol TufXûv, xal (OTa xcofûv OHouGovTat* tot6 à>.6iTai cbç . îXaço; 6 ywXoç , Tpav/j Sa ferai yXûdda pLoyiXaXwv (lxx). Ces expressions forment, à la vérilé, dans Isaîe, un contexte métaphorique ; mais elles furent bientôt entendues au propre, ainsi qu'on le voit par la réponse que Jésus fit aux messagers de Jean (Matlh. 11, 1 5) ; il y décrit ses miracles en se référant évidemment à ce passage du prophète.

Du moment que Jésus se donna et fut considéré comme Messie, ou môme seulement comme prophète, cette attente devint pour lui une exigence quand, d'après plusieurs passages déjà examinés (Matth. 12 , 38 ; 16, 1 et passages pa-

(i) Voyez les passages rabbiniqaes dans l'endroit do premier yolume anqael je I ftBToie dans la note précédente.

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raUèles), un signe, (j7i(xeiov, lui fut demandé par ses ad versaîres pharisiens ; quand , après l'expulsion violente des vendeurs et des changeurs hors du Temple, les .Tuifs désirèrent de lui un signe qui légitimât son action*(Joh. 2 , 1 8) ; et quand les gens, dans la synagogue de Gapharnaûm, mirent , à la croyance que Jésus exigeait qu'ils eussent en lui comme envoyé de .Dieu , la condition de leur montrer un signe (Joh. 6, 3o).

D'après les renseignements fournis par le Nouveau -Testament , Jésus a plus que satisfait à cette exigence que ses contemporains imposaient au Messie. Non seulement une partie considérable des narrations évangéliques consiste en descriptions de ses actes miraculeux ; non seulement , après sa mort, ses partisans se rappelèifent, avant toute chose, k eux et aux Juifs, \^s puissances, ^uvajxstç, les signes, GY)(j!.eia, €t lesprodiges, Tepaxa, accomplis par lui (Act. Ap. 2, asi, comparez Luc 24 , 1 9) ; mais encore le peuple lui - même fut tellement satisfait de ce côté par lui dès son vivant , que plusieurs , pour cette raison, crurent en lui (Joh. 2 , 23 ; comparez 6,2); qu'on l'opposa à Jean-Baptiste , qui n'avait fait aucun signe (Joh. 10, 40 ' ^*^ V^^ même Ion pensa que le Messie futur ne pourrait pas le surpasser à cet égard (Joh. 7, 3i). Ces demandes de signes ne prouvent pas que Jésus ait manqué de faire des miracles, et elles le prouvent d'autant moins, que plusieurs d'entre elles sont faites immédiatement après des miracles considérables, par exemple après la guérison d'un démoniaque (Matth. 12 , 38) , après la nourriture donnée aux cinq mille (Joh. 6, 3o), A la vérité, cette position même fait difficulté ; l'on ne comprend pas bien comment les Juifs ont contesté à ces deux derniers le titre de vrais signes , car l'expulsion des démons en particulier était estimée très haut (Luc 10, 17). 11 faudrait donc préciser davantage le signe demandé dans ces passages, à l'aide de Luc 11,16 (comparez Matthieu, 16,1; Marc 8 , j

Il), en faire un signe du ciel^ frf[\Lim i\ oùpavou, et songer, soit au signe spécifiquement messianique du fils de V homme dans le ciel ^ (n)[/.gtbv rou uîoO tou ôyôpcoTrou gv tw oùpavô (Malth., 24, 3o), soit k l'interruption du cours des astres, à leur obscurcissement, et peut-être k une voit céleste qui vînt imposer la, croyance (1). Si Ton aime mieux l'ompre toute connexion entre ces demandes de signes et les miracles antécédents, Jésus peut avoir fait de très nombreux lûifacles, et cependant quelques pharisiens hostiles, qui, par hasard , n'avaient encore été témoins oculaires d'attcttn miracle, ont pu demander d^en voir eux-mêlnes.

Si Jésus blâme la manié des miracles (Joh. 4* 48), et à ces demandes de signes répond toujours en les refiisant , en soi cela ne prouve pas qu'il n'ait fait volontairement des miracles dans d'autres cas où ils lui paraîsssliënl mieux placés. Quand, relativement k la demande des •pharisiens , il déclare , d'après Marc 8 , 12 , qu'il ne sera donné aucun signe à cette génération^ r/i ysvea Totu-nj , ou , d'après Matthieu ,12, 3g scq. 16, 4 > et d*après Luc 1 1 , 29 seq. , qu'il ne lui sera donné aucun signe , si ce n'est le Hgne de Jonas le prophète^ <r/i[i.£Îbv ioDva toijf -TcpoçvÎTou , il Semblerait que Jésus refusait tout miracle, excepté le signe de Jonas, c'est-k-dire, d'après l'interprétation du premier évangile, sa résurrection. Cependant, comme, d'après la relation moins altérée de Luc, il faut plutôt entendre pat le signe de Jonas la manifestation entière de Jésus dans laquelle ses miracles sont aussi compris , Jésus , sans aucun doute , veut seulement dire que cette génération est sans justification en demandant encore un signe particulier pour croire en lui , puisque toute sa manifestation et toute son action renferment assez de choses capables d'inspirer la foi (et parmi

(t) Comparez De Wette, exeg. Handb., sur ce passage; Xeander, L. J. Chr. ' «64.

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ces choses il y a des miracles), pour qu'un cœur tout-à-fait endurci puisse seul rester inaccessible k la conviction ( i ) .

Si l'on recherche les documents historiques qui attestent les miracles de Jésus, on peut, à la vérité, trouver surprenant que, malgré tous les récits qu'en font les évangiles, ils aient ,

'pour ainsi dire, complètement disparu dans les Actes et dans les Lettres des apôtres , à part une couple de mentions générales (Act. Ap. 2, 22 ; lo , 38 seq.) , et que tout y soit rapporté à sa résurrection. Mais cela s'explique d'après la relation des Actes des Apôtres , si l'on considère que, dans

. la première communauté chrétienne , la preuve par les miracles était présente aux esprits , et qu'il était hesoin , non d'invoquer les miracles appartenant au passé , mais seulement de faire voir comment les miracles mêmes des Apôtres dérivaient de l'action de Jésus (Act. Ap. 2, 33 ; 3, 16 ; 4, 3o). ,

Le don des miracles dura dans l'Église apostolique, même après la mort de Jésus ; non seulement l'histoire des apôtres, dont le témoignage pourrait peut-être être contesté , en donne l'assurance , mais encore l'apôtre Paul est un témoiiï irrécusable dans ses Lettres , où, d'une part , il s'attribue à lui-même xm^ puissance, accordée par le Christ, de signes et de prodiges j ^uvajjitç oTijjLeicov xal Teparwv (Ëom. i5, ig), une action en signes , prodiges et puissances ^ ev (j7i(jL£totç xotl T^pacDtal SuvajjLeat (2. Cor. 12, 12), et où, d'aiitre part, il cite, parmi les dons spirituels concédés à la communauté, les grâces des remèdes , jjx.fiGjxoLT(x, lajjLaTwv , et les efficu" cités des puissances ^ évepyYf[xaTa Suvapiewv (1. Cor. 12,9 seq. 28 seq.). De là on tire une conclusion rétrospective pour Jésus lui-même, conclusion qui n'est pas de telle sorte que noiïs n'ayons pas, en général, un droit absolu de rejeter dans un endroit ce que nous avons été obhgés de recon-

(1) Voyez Neanderl. c, S. a65 f.

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naître dans une autre , mais qui contient un argument à minori ad ma jus ^ c'est-à-dire que nous devons juger l'extraordinaire plus croyable en Jésus qu en ses disciples , ou, plus précisément, que nous devons, conformément k rindicatioi! donnée par les apôtres eux-mêmes, trouver, en lui et dans les dons extraordinaires dont il était doué, la cause productrice de semblables phénomènes dans l'âge apostolique.

Maintenant , comment cet examen historique, favorable à la créance du merveilleux raconté de Jésus, se comporte-til avec l'exposition philosophique de l'impossibilité du miracle, exposition présentée dans l'Introduction (i) ? n'existet-il pas, entre l'un et l'autre, la plus complète contradiction? Cela semble ainsi ; dans le fait , ils ne se contredisent pas immédiatement; mais, tandis que l'une des propositions nie

•le miracle dans le sens rigoureux, la seconde proposition reconnaît des effets et des phénomènes au sujet desquels il s'agit d'abord de demander si ce sont des miracles absolus. Que Dieu par Jésus , ou celui-ci par lui-même , ait agi sur des choses finies absolument en créateur, par sa simple volonté, sans être Ué par les lois de l'action finie , c'est ce qui demeure Inadmissible à notre esprit, et tout ce qui nous serait raconté de semblable resterait incroyable pour nous.

^ Mais les histoires évangéliques des miracles sont-elles de telle nature qu'elles conduisent nécessairement à supposer une action infinie? Quelques unes, k la vérité, pour le dire ici d'avance, telles que la multiplication des pains, la transformation de l'eau en vin , les résurrections des morts , si l'on s'en tient au texte, ne peuvent s'expliquer que par l'action d'un être qui, placé au-dessus de la nature considérée comme l'ensemble de causalités finies et agissant réciproquement les unes sur les autres , y intervient de dehors ou

(x) T. 1,§XIT.

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d'en haut. Mais , dans plusieurs autres narrations dé miracles , une explication paraît possible , sinon par les forces Baturelles ordinaires, telles que l'emploi de médicaments ou d'opérations chirurgicales dans les cures miraculeuses de Jésus , comme le disait l'explication prétendue naturelle , du moins par ces forces qui , appartenant à l'ensemble de rexistençe finie , y occupent , aux yeux de notre esprit , une place plus haute ou plus profonde; de telle sorte que , se manifestant plus rarement dans leur action, elles se dérobent davantage a l'observation et par là à la trivialité quotidienne. Pour nous assurer du caractère naturel de Faction de Jésus dans certains actes miraculeux , et de la créance qu'ils méritent, nous devons chercher des phénomènes correspondants dans le domaine de ces contingences qui sont régardées comme naturelles; or ici , le magnétisme animal forme, comme on sait, le point central de toutes les analogies que l'on peut trouver. Nous y avons également une action curaiive de la main , non de la main qui offre un remède ou qui pratique une opération , mais de la main qui touche simplement, de l'imposition seule des mains, à l'aide de laquelle J ésus aussi guérit si souvent. Ici encore , nous avons, sans un contact immédiat , une efficacité de la simple parole , et même de la direction de la volonté du magnétiseur; et cependant , individu qui çpère et procédé de guérison , tout empêche de penser à quelque chose de positivement surnaturel. C'est aussi dans ce domaine que , en voyant se rompre les barrières de l'action ordinaire, nous voyons sembhblement s'étendre les limites de la faculté de percevoir; et apparaître une lucidité et une vue à dislance qui nous rappellent maintes particularités de la vie de Jésus d'après la narration évangélique. Ainsi , d'une part les phénomènes magnétiques , de l'autre Faction de Jésus sur l'organisme malade , nous montrent des points de contact avec ce qu'on observe ordinairement se passer d'une façon

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liatnrelle ; ail contraire , les récits d'une influence de Jésus sur la nature extra-humaine et srir l'être hutaain frappé par la mort, étant hors de toute analogie, subsistent comme absolument surnaturels, et par conséquent incroyables (i). Cependant, jusqu'à quel point l'action de Jésus, et! tant qu'elle à de l'analogie avec les phénomènes magné- Ûqtie» et semblables ati magnétisme, dcpasse-t-elle la mesure de l'observation ordinaire , et quelle influence cette difiFérence exerce-t-elle sur la créance des récits? c'est ce dont il sera temps de traiter quand nous examinerons eu particulier chacune des histoires de miracles.

Ici appartient encore une teinarque sur la valeur que nous sommes habitués k attacher à de pareilles facultés et opérations, là où elles se présentent ordinairement. D'abord, quant à la force d'agir magnétiquement, nous ne la connaissons pairtoUt que comme un don naturel qui, tel que la vigueur corporelle , l'éloquence , etc. , n'est que dans un rapport accidentel avec la valeur morale ou la. piété de ceux qui en sont doués. La lucidité et la vue à distance se montrent dans le somnambulisme , comme Tadihettent les partisans mêmes de cette analogie pour les mira-

(i) comparez mes Écrits polémiques, I, 3 rf 9. 3S f. «54 f.; Weiise, die evangelische Geschichte critisch und philosophisch bearbeitet, i, S. i44 ff« 334 ff; Tbol*ck . Glaubwtirdigkeit, 3. go ff. le premier fait, à cet égard, une distinction éûite le miractileux et le merveilleux, le dernier enlfe miraculam et tnirabile.

Dans le même sens, Weisse dit (mélÀOii-e publié dans Tiioluck*s literariflchem Anzeiger, i836, n* 10, S. 157) ; ■ « Pour la croyance aux miracles propredient dits, en tant qu'elle ne trouve pas un point fire rationnel dans le magnétisme animal , dans la lucidité des somnaftlbilles^ été i là philosophie , en acceptant et en maniant la physique tpéculadre et Topinion qui considère dynamique-

ment la nature , ne s'est pas placée dans un autre rapport que celui où l'opinicHi qui considérait mécaniquement la nature , était jadis placée. Au contraire , la répugnance du naturaliste spéculatif à admettre tonte 'interruption extérieure du cours régulier de la nature sera d'autant plus grande, en comparaison de là/ répugnance d'un partisan de l'opinion mécanique, qu'il a la conscience de reconnaître, dans ces lois, l'essence propre, la substance , l'idée de la nature , qui serait complètement abolie par une interruption des lois; au lieu que« pour la philosophie mécanique , les lois, n'étant que jointes extérieurement à la substance de la nature I pourraient être également brisées par Textérieur. »

NEUVIÈME CHAPITRE. § LXXXVIII. ii

des de Jésus (i ) , bien plutôt dans un état et par un état de dépression spirituelle et de limitation du sens interne. Des phénomènes pareils se trouvent , il est vrai , en dehors dit Cercle pi oprement magnétique, et en particulier sur lé terrain de la religion. Mais ces faits, tels qde plusieurs des hiis^ toires merveilleuses d u moyen âge, Ik 6ù elles sont appuyée^ de témoignages, tels que les scènes du lomhèaU du diacre Pari^, ott celles qui se passèrent parmi les Caraisards dans la guerre des Cévennes , ne sont nullement des signes caractéristiques du vrai et de railthentiquè eu matière de religion ; ils sont associés, non moins souvent, avec des éléments faux et impurs ; ils accompagnent de violentes émotîons^ religieuses, en tant que et aussi long-temps que ces émotions fermentent plus dans la profondeur du sentiment et delà conscience qu'elles ne se développent sous l'œil de la réflexion. En conséquence, ce ne serait dans aucun cas par ces facultés et par ces phénomènes que Jésus se ferait reconnaître à nous comme le fondateur de la vraie religion ; au contraire, c'est parce que nous le connaissons comme tel par une autre toie , que nous devons considérer ces phénomènes datfe sa vie Cônlme des phénomènes de santé et de pureté.

Sans doute il peut être naturel , au moment où la vie spirituelle prend de nouveaux développements, d'attendre, dans la nature corporelle, des phénomènes correspondants , tésultat de la nouvelle force spirituelle ; et , par ce motif, de supposer que le Christ, qui a exercé tltiè action si particulière sur le reste de la nature humaine , aura, par l'intermédiaire de l'enchaînement universel , manifesté aUssi une puissance particulière pour agir sur le côté corporel de cette même nature (2). Mais tin tel don corporel tient-il à son essence spirituelle par un lien nécessaire ? Ce don doit -

( 1) Tholuck, 1. c, S. 94, 98 ; Olshau- (a) Scbleiermacher, Dlanlienslelire, i ,

seri, blM. Comm., Préface de la seconde $ i4, S. loa. édition, p. vu.

la DEUXIÈME SECTION.

il le faire reconnaître comme la plus haute personnalité religieuse? Prouver cela (i), ce serait prouver le miracle dans le sens du système orthodoxe ; or cette preuve ne pourra jamais se donner, parce que non seulement , sur d autres terrains , les plus grandes époques n'ont point présenté de pareils phénomènes , mais encore parce que , dans Tintérieur même du domaine religieux, ces phénomènes ne sont pas les cV)mpagnons exclusifs de ce qui est pur et authentique.

Nous nous en tiendrons à ces généralités sur les miracles de Jésus. Quant à Texamen des miracles en particulier, nous considérerons d'ahord, par un motif qui bientôt deviendra clair, les expulsions de démons.

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