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Développement intellectuel de Jésus.
Les renseignements qui étaient excessivement incomplets stir l'existence extérieure de Jésus pendant sa jeunesse, manquent presque absolument sur son développement intellectuel. Luc place, dans l'histoire de l'enfance , une phrase indécise et qui se répète sur ses progrès intellectuels et sa croissance en sagesse , mais elle ne nous apprend rien que nous n'eussions pu supposer. Quant aux espérances que ses parents avaient eues de lui dès avant sa naissance, quant aux sentiments que sa mère en particulier, avait exprimés à cette occasion, il n'y a aucune conclusion k en tirer, car ces espérances et expressions prétendues sont dépourvues du caractère historique. Nous avons examiné tout à l'heure le récit qui représente l'apparition de Jésus dans le Temple à l'âge de douze ans ; mais ce récit nous donne plutôt un résultat , c'est à-dire le développement précoce et spécial de son sentiment religieux, qu'il ne nous révèle les causes et les condi-
(0 Wioer, 1. c. (a) C'est ce que font les deux tbéolo«
giens sommés, 1. cit.
CINQUIÈME CHÀPITM. § XLI. 3^9
tions qui favorisèrent ce développement. Du moins Luc nous apprend, 2, 4i (ce qui va sans dire de tout pieux israélite), que les parents de Jésus avaient l'habitude d'aller chaque année à Jérusalem pour la fête de Pâques. On peut donc croire que Jésus, depuis l'âge de douze ans, les y accompagna, et qu'il profita de l'excellente occasion de se former l'esprit au milieu du concours de Juifs et de judaïsans de tout pays et de toute opinion, d'apprendre à connaître l'état de son peuple et les faux principes des guides pharisiens, et d'é-' tendre son regard au-delà des bornés étroites de la Palestine (1).
* Jésus reçut-il l'instruction d'un rabbin , et , dans le cas de l'affirmative, jusqu'où cette instruction s'étendit-elle? Nos évangiles canoniques ne nous apprennent , non plus , rien là-dessus. De passages comme celui de Matthieu, 7, 29, où il est dit que Jésus avait enseigné , non comme les scribes, oùjj. àç ot Ypafi.|/.aTetç , il faut conclure simplement qu'il ne s'appropria pas la méthode des docteurs de la loi , mais il ne faut pas conclure qu'il n'avait pas reçu l'instruction d'un scribe, ypafi[i.aTstfç. D'un autre côté, Jésus est appelé paëêl et paêëouvt, mon maître, non seulement par ses disciples (Matt. ,- 26, 25. 49- Marc, 9,5. 11,21. i4> 45. Joh. 4? 3i. 9, 2. 11, 8. 20, 16; comparez 1, 38. l\o. 5o) et par ceux qui implorent son secours (Marc, 10, 5i);mais encore le chef pharisien, ap^cov , Nicodème (Joh. 3, 2) ne lui refusa pas ce titre. Cependant ce n'est pas une raison pour croire qu'il „ eût reçu l'instruction scolastique d'un rabbin (2) , car la salutation de faêêl, mon maître*, et le droit de faire leçon dans la synagogue (Luc , 4? 16 seq.) , circonstance de laquelle on s'est aussi appuyé, n'étaient pas seulement le privilège des rabbins gradués, et appartenaient à tout maître
(() Paulus, exeg. Handb., 1, a, (a) Paulns 1. c. S. 275 ff, s'appuie
S. 9^3 ff. sur ces circonstances.
33d PkEtfrttlB SECTION;
qtli avait fait ses preuves (1). Les ennemis de Jésus, tt il île les contredit pas (Joli. ,7, 1 5), lui reprochèrent de ri avoir pa& été instruit dans les lettres, ypa^ptara fd) p.e(xa(to))uâç | et Fétonnenierit qu'expriment les Nazaréens ( Matth* , 1 3 $ 54 seq. ) en troutant en lui Une telle sagesse, montre qu'il n'était pas à letir connaissance qu'il eût fait quelque ëtude. À ces raisdnà dû ne peut guère opposer ce que Jésus dit de tai-tiiême en se représentant comhie le modèle d'un docteur de F Écriture; yp«(ji(jiaT8Ù<; , formé pour le royâiime de Diett (Matth., i3 f ôs) (2) ; car cette expression signifie un docteur de l'écriture en général et non un docteur formé paï l'école. Enfin Jésus inontre, il est vrai, dans le discours de la montagne ( Matth. , 5 seq. ) et dans le discourt contre les Pharisiens (Matth. a3) , une connaissance exacte des traditions doctririales des rabbins et de leur abus (3), mais il puh l'acquérir p'ar les fréquents discours des Pharisiens ati peu^ pie, 3ans suivre un cours de leçons auprès d'eux. Ainsi, des données puisées dans leâ Évangiles et réunies ensemble il résulte, en dernière analyse, que Jésus n'avait pas traversé fbf melleihent les degrés d'une école rahbinique. Pourtant il faut considérer qu'il a été dans l'intérêt de la légende chrétienne de représenter Jésus comme indépendant dé docteurs terrestres ; ces données du Nouveau Testament sont donc, à leur tour, sujettes h des doutes, et l'on peut se laisser aller à la supposition que Jésus n'avait peut-être pas été aussi complètement étranger qu'on l'a prétendu U l'éducation littéraire de sort peuple; maisj en l'absence de renseignements authentiques, la question doit rester indécise.
Différentes hypothèses, plus où moins indépendantes des renseignements fournis par le Nouveau Testament, ont été faites, dans les temps anciens comme dans les temps modérai) Compare? Hase, Leben . Jesn , (3) Schœttgen invoque ces passage*: § 38 ; Neander L. J. Cbr, S. 45 f. Christos rabbinorum* su m mus, dans /?<>• (a) Panlus, 1. c, rce, a, p. 890 seq.
CINQUIÈME CHAPITRE. § XLI. # 3<$i
neô sûr lé développement intellectuel de Jésus ; elles se pair-* tagent en deux classes principales et opposées suivant qu'elles appartiennent à l'opinion naturelle ou k l'opinion surnaturelle. En effet , l'opinion surnaturelle touchant la per^ sonne de Jésus a besoin de le représenter comme complètement unique dans son espèce , comme indépendant de toutes les influehces extérieures et humaines, comme son seul précepteur ou plutôt comme enseigné de Dieu. Ainsi, toiitfe supposition qui tendait à faire croire qu'il avait emprunte et appris quelque chose, dut être repoussée positivement, èfc par conséquent il fallut mettre dans le jour le plds éclatant les difficultés qui s'opposèrent au développement naturel de Jésus (i), et, pour exclure plus sûrement toute réceptivité, on fut enclin à signaler aussitôt que possible, dans Jésus, uùë spontanéité telle que nous la trouvons chez lui dans l'âgé mûr. Cette activité spontanée est double, théorique et pratique. Quant au côté théorique, c'est-k-dire a la sagesse et k la connaissance, la tendance k mettre aussitôt que possible en lumière l'intelligence active de Jésus , se manifeste dailà lès passages des apocryphes qui ont été en partie cités plus haut et qui dépeignent Jésus dépassant ses maîtres longtemps avant sa douzième année; car, d'après un de ces livres, il avait parlé dès le berceau et s'était déclaré fils de Dieu (2); mais aussi, le côté pratique, c'est-k-dire cette activité d'un ordre supérieur qui fut attribuée k Jésus dans les années subséquentes et qui consiste dans l'accomplissement des miracles, est placée par les évangiles apocryphes dans sa première enfance et dans sa jeunesse. U Evangile de Thomas ouvrfe, dè& la cinquième année de Jésus, le récit de ses miracles (3), et Y Évangile arabe de l'enfance remplit le voyage d'Égjrptè
(1) C'est ce que fait par exemple Rein- seq. dans Tliilo, et les passages de ce bar d , dans son livre intitulé Plan de même évangile et de V Evangile de Jfto- Jésus. mas % qui ont été cités § xxxix.
(2) Evangel. infant, arab. c. l. p. 60 (3) Cap. 2, p. 278, Tbilo, j
33a PREMIÈRE SECTION.
d'une foule de miracles, que la mère de Jésus opère kl* aide des couches de son enfant ou de l'eau qui a servi k le laver (1). Les miracles que, d'après ces apocryphes, fait Jésus enfant et jeune garçon , sont , les uns analogues à ceux du Nouveau Testament, guérisons de malades et résurrections de morts ; les autres sont complètement différents du type qui règne dans les évangiles canoniques , car ce sont des punitions extrêmement révoltantes qui frappent de paralysie ou même de mort quiconque contrarie , en quoi que ce soit , l'enfant Jésus (2), ou des imaginations complètement extravagantes, par exemple la vie donnée k des moineaux formés avec du limon (3). ■ '
L'opinion naturelle a eu un intérêt opposé qui s'est manifesté de honne heure parmi les adversaires juifs et païens du christianisme , et qui a été d'expliquer , conformément aux lois de la causalité, l'apparition de Jésus, c'est-k-dire de l'expliquer d'après des apparitions semblables plus anciennes et contemporaines , et , par conséquent , de faire ressortir tout ce dont il dépendit et tout ce qu'il reçut. Dans les premiers siècles de l'ère chrétienne, le sol spirituel était encore, parmi les païens comme parmi les Juifs, un sol surnaturel. À cette époque, quand on reprochait k Jésus de devoir sa connaissance et ses facultés d'apparence miraculeuse , non pas k lui-même et k Dieu „ mais k une communication extérieure, on ne prétendait pas qu'il eût reçu d'autres hommes, par la voie ordinaire de l'instruction, une habileté et une sagesse tout humaines; ce n'était pas la forme que l'imputation devait prendre alors, et dans ce temps et sur ce sujet il ne pouvait être question de l'influence naturelle que les hommes exercent les uns sur les autres ; mais a une influence divine et surnaturelle on opposa
(1) Cap. loseq. (3) Evang. Thomas, c. a. E van gel.
(a) YarexempleY Evangile de Tftoinas, inf.arab. c. 36. c. 3-5t If Evangile arabe de V enfance , c. 46 seq.
une influence monstrueuse et démoniaque, et Ton reprocha à Jésus d'avoir appris la magie dans sa jeunesse pour opérer ses miracles. De très bonne heure, on rattacha cette inculpation au voyage de ses parents en Egypte , cette ancienne patrie de la magie et des sciences occultes, et on la trouve , en effet, sous cette forme , aussi bien dans Celse que dans le Talmud. Celse fait dire entre autres choses à un Juif que Jésus s'était mis en service pour un salaire dans l'Egypte , qu'il avait su y apprendre quelques artifices de sorcellerie, et qu'à son retour il s'était orgueilleusement donné pour un Dieu (1). Le Talmud en fait l'élève d'un membre du Sanhédrin juif, et suppose qu'il voyagea en Egypte avec cet homme, et qu'il en rapporta, en Palestine, des formules de magie (2).
L'explication purement naturelle du développement intellectuel de Jésus ne pouvait être conçue que dans les temps modernes. Maintenant, Jésus s' est- il formé exclusivement sur l'un des éléments que fournissait son époque , ou est-il le produit de l'action simultanée de tous ces éléments? Tient-on , en face de ces actions extérieures , compte des dispositions intérieures et de la vocation spontanée de Jésus, ou bien laisse-t-on trop dans l'ombre ces conditions ? Tels sont les points sur lesquels se partage principalement l'explication naturelle.
Dans tous les cas , la base du développement intellectuel
(1) Orig. c. Cels. i t 28 : xotî (h'yti) Zxt oîroç (0 Ivjffovç) £cà ircvtav «tç Afyvirrov (AtvOapvioaraç » xàxi? ^uvapccay rtywv irctpaGctc, ey' aTç AîyvirTiot fftp.vv* vovxai, cicocVYftOrv, Iv tocTç <?vva/xccrt prya ypovwv, xa: $t* ««Totç G«ov av-rov àvmyopfvcrc.
(a) Sanhedr. f. 107, a : — R* Josua
/. Perachja et \Q^ {Jésus) Alexandtiam
JEgypti profecti sunt... *N0> (Jésus) ex
Mo tempore magiam exercuit, et Israeli-
as adpe ssima quavis perduxit. C'est un
anachronisme considérable; car ce Josna Ben Perachja a vécu an siècle auparavant. Voyez Jost, Gescbichte der Isr. 2 , S. 80 ff. u. 14a der Anluenge). Schabbath, f. io4, 2 : Traditio est, R. Elieserera dixisse ad viros doctos : annon f.
Satdœ (id est Jésus) magiam ex AEgypto adduxit per incisiouem in carne sua factam? Voyez Scbœttgen, Horce, 2, p. 697 seq.; Eisenmenger, cntdecktes Judenthum, 1, S. 149 f.
334 WE1UMI BBCTTO*.
4a Jésus a été dans les écritures sacrées de son peuple. Les discours qui ont été conservés dans les évangiles portent témoignage qu'il les avait étudiées avec zèle , et qu'il y avait pénétré profondément. La source de ses sentiments comme Messie paraît être dans Isaïe et dans Daniel. C'étaient surtout les écrits des prophètes ainsi que les psaumes, qui portaient l'esprit vers une religion spirituelle , et qui F élevaient au dessus du particularisme du commun des Juifs.
Parmi les éléments d'instruction qui se trouvaient alors dans la patrie de Jésus, il faut compter les trois sectes qui se partageaient la vie spirituelle des ses contemporains. Les Pharisiens, combattus plus tard avec tant de force par Jésus, paraissent ne pouvoir être considérés que comme ayant agi sur lui négativement ; cependant, à côté de leur attachement aux traditions , de leur pédantisme légal , de leur bigotisme et de leur hypocrisie qui inspiraient à Jésus de la répulsion , ils avaient la croyance aux anges et à l'immortalité; ils admettaient uniformément un développement continu de la religion juive après Moïse ; et c'étaient là autant de points auxquels Jésus se rattachait. Mais ces opinions n'étaient propres aux Pharisiens que dans leur opposition contre les Saducéens , et du reste elles leur étaient communes avec tous les Juifs orthodoxes. Ainsi, il faudra s'en tenir à penser que l'influence de la secte pharisienne sur le développement de Jésus a été essentiellement négative.
Dans ses discours, il manifeste moins d'opposition contre le saducéisme, avec lequel il est même d'accord pour rejeter la tradition et l'hypocrisie des Pharisiens; aussi, quelques savants ont-ils voulu trouver, pour lui , une école dans cette secte (1). Mais cet accord contre les aberrations des Pharisiens est purement négatif, et il part, chez Jésus, d'un tout autre principe que chez les Saducéens. Il est d'ailleurs mis
(1) Par exemple , Des Côtes , Schutzschrifc fur Jésus von Razaret , S. ■ 1*8 fï.
CINQUIÈME CÏUWWE $ XLI. 9M
Empiétement dans F ombre par le contraste que la disposition de Jésus et sa manière d'envisager le monde forment aveG leur froideur religieuse et leur incrédulité k l'impiORr talité de Vixae et à l'existence des esprits. Il est vrai qu'une polémique contre les Saducéens ne se manifeste pas dans lep évangiles , mais il est facile de s'en rendre raison : cette spcte exerçait peu d'influence sur les cercles ayeç lesquels Jésus était immédiatement en corçtact; elle avait ses partisans dans les rangs élevés de }a société (1).
Une seule des sectes juives alors existantes put faire naître sérieusement la question de savoir s'il ne faut pas lui attribue? roe influence décisive sur le développement de Jésus et sur son apparition, c'est la seGte de Esséniefls (3). Dans le siècle dernier , on aimait beaucoup à dériver le cbristiar nisme de l'essénisme; nqn seulement des déistes anglais, et, parmi les Allemands, Babrdt et Yenturini, mais encore des théologiens comme Stâudlin, partagèrent cette opinion (3). A l'époque de la frauc-ïnaçQjmerie et des ordres secrets, on se complaisait à ranger aussi dans cette catégorie le plus ancien christianisme. En même temps, rien ne semblait plus propre que le mystère d'une loge essénienne pour expliquer la disparition soudaine de Jésus après les scènes brillantes de son enfance et de sa jeunesse , et , plus tard, après sa résurrection. De même encore, outre le précurseur Jean-Haptiste, on considéra , comme des membres de la confrérie essénienne , les. deux hommes qui parurent sur la montagne de la transfiguration , et les anges habillés de blanc qui se montrèrent sur son tombeau , et l'on expliqua aussi plusieurs cures de Jésus et des apôtres , par les traditions médicales des Esséniens.
(t,) tfeandçr, L. J. Cl». S* 09 ff. avec réflexion dans Stâudlin , Gesçliicli-
2) Voyez Josèphe, B. j. a, 8, 2— 13. te der Sittenlehre Jesu , 1 , S. 5jo ff, f
Antiq. 18, 1,5. Comparez Philon : quod et d'une manière romanesque dans X'His-
emnis probus liber et son livre De viia toire du grand prophète de Nazqret
contemplativa, I e * volume.
(3) Cette opinion est développée
Indépendamment de ces idées favorites d'un temps passé , il y a véritablement quelques traits essentiels qui paraissent indiquer une relation plus étroite entre l'essénisme et le christianisme. Au premier rang , il faut placer la défense de prêter un serment, et la communauté des biens. À la défense de prêter serinent, se rattachaient essentiellement la fidélité, l'esprit de paix , et l'obéissance pour toute autorité ; à la communauté des biens , le mépris des richesses, et là coutume de voyager sans aucunes provisions. Ces traits 'et d'autres, tels que les repas sacrés faits en commun, le rejet des sacrifices sanglants et de l'esclavage , ont tant de ressemblance avec le christianisme, que déjà Eusèbe considérait comme des chrétiens les Thérapeutes égyptiens, analogues aux Esséniens (i). Mais à côté, il y a des différences très essentielles qu'il ne faut pas négliger : nous n'y compterons pas , si l'on veut , le mépris du mariage, uTcepo^'a yd^ou , attendu que- Josèphe ne l'attribue qu'à une partie des Esséniens; mais leur ascétisme, la rigueur avec laquelle ils celé- ' braient la fête du sabbat, les purifications et d'autres usages superstitieux, leur attachement au nom des anges, et surtout le mystère qu'ils affectaient , leur esprit monacal, rétréci et exclusif, tout cela était étranger et même opposé aux tendances de Jésus. En outre , il n'est nulle part question des Esséniens dans le Nouveau Testament. La contribution de cette secte au développement de Jésus doit donc être bornée à l'influence incertaine qu'ont dû exercer sur lui les relations qu'il a pu avoir çà et là avec des Esséniens (9). Des éléments non judaïques , ou du moins extra-palestins , ont-ils agi aussi sur Jésus ? Des païens établis dans la Galilée des gentils, ToLkikoLioc tôv êOvôv, il y avait difficilement quelque chose à apprendre, si ce n'est de la patience,
(1) H. E. a, 16, seq, ans dem Essaeismus abzuleiten , dans
(a) Comparez Bcngel, Bemerkungen Flatt's Magazin, 7, S. 1 26 ff.; Neander, ùber den Yersuch , das Christenthnm h* J. Ch. S. 4* ff« —■ ••-*
trsqn'on avait, des rapports fréquents avec eux. Mais, dans 38 fêtes de Jérusalem , on rencontrait non seulement des uifs étrangers, qui, comme les Alexandrins et les Cyrénaïques •ar exemple, y avaient des synagogues ( Â. Ap. ,6, 9) , îais encore des païens remplis de piété ( Joh. , 1 2 , 60 ) , t la fréquentation de ces derniers a contribué à agrandis horizon de Jésus et à spiritualiser ses idées. Cela est confirme , comme je l'ai déjà remarqué plus haut, à toute la raisemhlance historique (1).
.Mais pourquoi , en l'absence de renseignements positifs , bercher péniblement des traces incertaines d'une influence ue les éléments de culture existants au temps de Jésus ont u exercer sur lui, et pourquoi surtout écarte- t-on, d'un utre côté, ces recherches avec tant d'anxiété? Il faut tou- )urs que le génie fasse tomber une étincelle pour allumer 1 flamme qui jettera la statue dans le moule ; et, quelle que it la masse de matériaux spirituels préparés d'avance, intervention de Jésus ne sera ni d'une explication plus icile ni d'un mérite moins grand. Jésus aurait-il épuisé Kites les sources d'instruction de son temps , il n'en est pas îoins vrai que, chez les grands hommes, une faculté comréhensive de recevoir n'est que le revers de leur puissante 1 cul té d'agir. Qu'il doive à l'essénisme, à l'alexandrinisme,
toutes écoles et tendances que l'on voudra, bien plus que e que nous pouvons indiquer , et encore avec combien 'incertitude, aucun de ces éléments ne suffisait, même de )in , pour faire une révolution dans le monde ; et , le ferlent nécessaire à une si grande œuvre , il n'a pu le puiser ue dans les profondeurs de son âme (2).
(1) Cette donnée est exagérée dans thums, in der Période seiner enten Ein-
ihrdt,Briefe ûber die Bibel, zweites fùhrung, 1, S. 84; De Wette, bibl.
icbn. i8«s ao»»« Brief nnd ff. 41er Dogm., § 31 a ; Hase, L. J. § 33 ; WU
ichn., 4o/ ter Brief. ner, bibl. Realw., S. 677 f.; Neander,
(a) Comparez Paulus, 1. c. 1, a , L. J. Ch., S. 38 ff. 73 ff.; Planck, Gescbicbte des Christen-
388 mmiw ssctiom.
Mais il n a pas encore été question de l^pparition d'qji homme qui , d'après nos évangiles , a influé de Ja manièrp k plus décisive sur h développement du rôle d# J^ras , je veux parler de Jean-Baptiste. 11 n'est fait mention 4p l^Ction de cet homme qu'au moment du baptême , et de V$Br parition de Jésus sur la scène publique. En cpnséqaence^ pe qui le regarde , lui et ses rapports avec Jésus , ft^qt étranger à cette prejnière section, formera lg çfébut de J^ seconde.
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