‹ Vie de Jésus ou Examen critique de son histoireChapitre 42 sur 110 · XXVII · texte numérisé non relu

XXVII

Retour sur les généalogies.

De toutes les preuves de l'exégèse contre la réalité d'une conception surnaturelle de Jésus, la plus décisive et aussi la plus directe s{3 trouve dans les deux généalogies que nous avons discutées précédemment. Déjà le manichéen Fanstus avait soutenu que celui qui, comme nos deux généalogistes, fait descendre Jésus de David par Joseph, ne peut suppo-

^OG pRr:\ijiîRE section.

ser, sans conlradictioii, que Joseph n'a pas été le père de Jésus (1), et Augustin ne fut pas heureux dans sa réponse, quand il fit observer qu'en raison de la prérogative du sexe masculin, la généalogie de Jésus avait dû être rattachée ù Joseph, qui était, sinon par un lien corporel du moins par un lien spirituel, époux de Marie (2). Dans ces derniers temps, plusieurs théologiens ont soutenu que la nature des arbres généalogiques, dans Mattiiieu et dans Luc, montraient que les rédacteurs avaient considéré Jésus comme le véritable fils de Joseph (3). En effet, les généalogies doivent prouver que Jésus descend par Joseph de la race de David; mais que jjrouvent-elles, si Joseph n'a pas été le père de Jésus? Dans Matthieu (1, 1) la première assertion (et c'est la tendance de toute la généalogie) est que Jésus est fils de David, uîo: \y:jio- mais cette assertion est ensuite détruite par le passage postérieur où est nié Tengendrement de Jésus par Joseph, fils de David. Il n'est donc nullement vraisemblable que la généalogie et l'histoire de l'enfance proviennent du même auteur (4); et il faudra adinellre, avec les théologiens susdits, que les généalogies ont été prisL^s ailleurs. On ne rem.édierait à rien en observant que, Joseph ayant, sans aucun doute, adopté Jésus, la généalogie du premier est devenue celle du second • car l'adoption peut bien suffire pour transférer au fils adoplif certains droits extérieurs, tels que le droit d'hériter, etc. (5); mais

(1) Augnstinns, Contra Faustum Ma- f5) Dire, comme îloffinann , S. 200, iiichœum , L. 23, 3, A. qu'il s'agit aussi , dans le cp.s de Jésus,

(2) L.c.,n.8. d'un héritage, à savoir de relui de la (■") Esquisse du dof»rae , etc., dnns prophétie, ce n"estqncjor.er sur lesmots.

Sthmidt's Bihl.^ 1. c, S. 403 f.: K. (]Ii. Aussi lui-même ne trouve-t-il pas que

L. Schmidt , iZi, 3, 1, s. 133 f.; Schlcier- son argument soit probant : car. avoir

mâcher, Clauhenslehre , 2, §97, S. 7î. été adopté, du côté paternel, dans la

Comparez Vi egscheider , Inslilut. , race de David, ne lui parait suffisant

§123, n. d. qu'autant qu'ily aune vraie descendance

[II) Ce qui est déclaré expressément davidique dn côté maternel ; ce qn'à

vraisemblable par Eicbhorn , Einl. in tort il croit é'.abb dans la généalogie de

das y. T., d, s. i25, et du moins pos- Luc. sible i>ar De Wcf'e , Exe^. Handhurh , 1,1, S. 7.

TROISIÈME CHAPIIUE. ^J XXVII. 207

elle ne pourrait conférer des tilrps à !a tlignilé Je Messie, laquelle était attachée au véritabie sang de Daud. Celui qui aurait regardé Joseph simplement comme le père adoptif de Jésus, ne se serait guère donné ia peine de montrer qu'il descendait de David j et si, après avoir établi que Jésus était fils de Dieu, on avait conservé encore un intérêt à le représenter comme fils de David, on aurait plutôt, dans cette vue, pris la généalogie de Marie, car, dans le cas où il n'existait aucun père mortel, il fallait recourir, quoique ce fût contre l'usage, à l'arbre généalogique de la mère, Enfin, si, du temps de la rédaction de ces généalogies, on n'avait pas admis un rapport plus étroit qu'une simple adoption entre Joseph et Jérus, plusieurs auteurs ne se seraient pas occupés à dresser un arbre généalogique où Joseph eût sa place, et il ne nous en resterait pas encore deux écliantiilons différents.

il n'est donc guère possible de contester ù ces savarils que ces généalogies ont élé rédigées dans l'opinion que Jésus a été le véritable fils de Marie et de Joseph. Les auteurs ou compilateurs de nos évangiles, bien que convaincus, pour leur part, de l'origine supérieure de Jésus, les ont reçues dans leur collection. Seulement Matthieu (1, j6), trouvant dans son original : Joseph engendra Jésus de Marie, loicrr.o ()ï iyévrf,ci tov ïr.co'jv s/, -rviç Mapia; (comparez V. o. 5-G), et ayant une autre opinion, changea ces mots en : Joseph, époux de Marie, de laquelle naquit Jésus, Tov hùar.o tov à'v^pa Mapiaç, il, r,q sysvvn'Sv: ir.ocîjç. Par ia même raison, Luc, de son côté, au lieu de mettre simplement : Jésus fils de Joseph, îr.co'jç uîoç ia>crv;o, mit .- Jésus fus, comme on croyait, de Joseph, wv, to; svoy-ÇgTo, uîoç \oi(jr,o. Nous avons remarqué plus haut que nos généalogies ne peuvent pas avoir été composées avec l'opinion que Joseph n'était pas le père de Jésus; et il ne faut pas s'appuyer sur cette remarque, pour objecter qu'alors il ne peut

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y avoir eu aucun intérêt à les incorporer dans les évangiles : car la composition primitive d'une iiénéalogie de Jésus, à supposer même que. dans notre cas, il se fut agi seulement de rapporter à Jésus des arbres généalogiques déjà existants, était demandée par un puissant intérêt; et cet intérêt était, dans l'hypothèse de la descendance corporelle de Jésus par Joseph, de donner un appui capital a la croyance en lui comme Messie. Dans l'autre hypothèse, un intérêt différent, mais plus faible, engageait à adopter les généalogies déjà faites; car, bien qu'il n'y eût pas de filiation naturelle entre Joseph et Jésus, ces généalogies ne paraissaient pas inutiles pour rattacher Jésus à David. De la même façon, les deux histoires de la naissance, dans Matthieu et Luc, qui excluent décidément Joseph de la conceplion de Jésus, attachent néanmoins de l'importance à la descendance davidique de Joseph (Matth., 1, 20; Luc, 1, 27; 2, Ix). De la sorte, même après que le point de vue eut été changé, on conserva ce qui pourtant n'avait de l'importance que dans la première opinion.

Ainsi l'origine de nos généalogies se trouve reportée dans un temps et dans un cercle de la primitive Eglise où Jésus passait encore pour un homme né naturellement. Nous sommes donc conduits aux Ébionites. L'histoire de ces premiers temps nous apprend que les Ebionites, en tant qu'ils se distinguaient encore des Nazaréens, avaient adopté cette opinion de la personne du Christ (1). Nous devrions donc nous attendre à retrouver ces arbres généalogiques dans les anciens évangiles ébionites sur lesquels il nous reste encore des renseignements , mais nous ne serons pas peu surpris d'apprendre que justement ces évangiles étaient sans les généalogies. A la vérité, l'évangile des Ebionites ne commençant , d'après Épiphane (2; , qu'après l'apparition de

(1) s. Justin. Mart., Dial. cuin Tryphone, US ; Origenes contra Celsum, L. 5, 61; Euseb. H. E., 3, 27. — (2) Hœres'., 30 , § 14.

TROISIÈME r.HAPITKE, jv^ XX Vil. '200

Jean-Baptisle , on pourrait entendre, par les généalogies , yevsaXoyiat? , qu'ils auraient supprimées , l'histoire delà naissance et de l'enfance, contenues dans les deux premiers chapitres de notre Matthieu ; car, rejetant la conception de Jésus sans père, ils n'ont pas dû adopter ces deux chapitres, au moins dans la forme qu'ils ont aujourd'hui- et il serait possible de croire qu'il ne manquait à leur évangile que ces deux chapitres contraires à leur manière de voir, et que les arbres généalogiques conformes à leurs dogmes avaient été insérés quelque part ailleurs. Mais cette explication n'est pas admissible : car Epiphane, parlant des Nazaréens, et disant qu'il ne sait pas si les généalogies leur ont manqué oui ou non, caractérise ces pièces en rapportant qu'elles allaient d'Abraham jusqu'au Christ, Ta; d-o to-j Àépaàj/, swç Xpt- (7ToO(l): par conséquent, lorsqu'il dit que les généalogies manquaient à quelques hérétiques, il entend évidemment les arbres généalogiques, bien que, en appliquant cette expression aux Ebionites, il y comprenne aussi l'histoire de la naissance.

Comment donc se fait-il que l'on ne trouve pas les généalogies, justement chez la secte chrétienne où nous pensions devoir en chercher l'origine? et comment nous expliquer ce fait singulier ? Un érudit a récemment émis la conjecture que les judéo-chrétiens ont supprimé, par prudence, les arbres généalogiques pour ne pas faciliter et augmenter les persécutions qui menaçaient, sousDomitien, et peut-être auparavant, la famille de David (2). Mais des explications prises en dehors du sujet et dans des circonstances accidentelles qui sont même soumises au doute de la critique historique, ne devraient être invoquées que lorsqu'il est tout à fait impossible de trouver une explication dans la chose même. Les choses dans notre cas ne sont pas aussi désespérées.

(1) Eiiiplian., Na'ies., 29, 9. (2) Crcdiicr, ilans Beiliœ^e zitr Ei/f

hiliing in il<is V, T., j . S, t\lxZ, Anm,

Les pères de l'Église parlent, on le sait, ùe deux espèces d'Ebionites , dont les uns , à côté de principes sévères sur l'obligation de suivre la loi mosaïque, tenaient Jésus pour le fils, naturellement engendré, de Joseph et de Marie, et les autres, nommés aussitôt Nazaréens, adoptaient, avec l'Eglise orthodoxe, une génération par le Saint-Esprit (1). Les plus anciens pères de l'Église, comme Justin martyr, Irénée, ne connaissent que ces Ébionites qui regardaient Jésus pour un homme engendré naturellement et doué seulement, lors du baptême, de forces supérieures (2). Au contraire, dans Epiphane et dans les Homélies Clémentines, nous rencontrons des Ébionites qui ont reçu en eux un élément gnostique. On a attribué cette direction, qui, d'après Epiphane provient d'un certain Elxai, à l'inlluence de l'Essénisme (3), et l'on en a déjà remarqué des traces chez les docteurs de mensonge de la Lettre aux Colosses [d] ; au lieu que la première classe des Ébionites était manifestement sortie du judaïsme ordinaire. Laquelle de ces deux tendances est antérieure, et laquelle postérieure, c'est ce qu'il n'est pas facile de déterminer. Vu la différence signalée en dernier lieu, les Ébionites gnostiques étant mentionnés pour la première fois par les Clémentines et Epiphane, et les autres l'étant déjà par Justin et Irénée, on pourrait considérer ces derniers comme les plus anciens. Mais TertuUien a connaissance d'une christologie gnostique des Ébionites (5), et dès le temps de Jésus le germe de telles opinions se trouvait dans l'essénisme. En conséquence, ce qui paraît le plus sur, c'est de prendre les deux tendances comme contemporaines

(1) Ori-., 1. c.

(2) Coinp. Neaader, K. G. , 1, 2, S. 615.

(3) Credner, Sur les Esséniens, les Ebiouites et un rapport ])artiet entre eux, dans Winer's Zcitschriji J'dr wissenschajtliche Théologie , 1 Ed., 2'" und 3'^* Heft. Corap. Bauer, dans son Propramme , De Ebionitamm origine et

doctrina ah Essenis repetenda. Comparez Cliristl. Gnosis, S. 403.

(i) Neander, 1. c., S. 620.

(5) De carne Christi , li : Poterit li:iecopinioHebionicouvenire,quintiduni liominem , et tantum ex seinine David , id est , non et Dei filiiim , tonstituit Jesum , lit in illo an^elum fuisse edifat.

TROISIÈME CHAPITRE, g XXVn. 211

et marchant l'une à côté de l'autre (1). Quant à l'autre différence , on ne peut pas prouver davantage que l'opinion nazaréenne de Christ ne se soit que plus tard réduite à l'opinion ébionite (2); car les renseignements, en partie confus (3), en partie tardifs, dus auK écrivains ecclésiastiques, s'expliquent naturellement par l'illusion optique de l'Église, qui , faisant de continuels progrès dans la glorification de Christ, tandis qu'une partie des judéo-chrétiens était sta-» tionnaire, voyait les choses, comme si, elle étant immobile,, les autres reculaient vers l'hérésie.

Par cette distinction d'Ébionites simples et d'Ébioniles philosophant, on gagne un point: c'est que l'absence des généalogies, chez les derniers, ceux dont parle Épiphane, ne prouve pas quelles aient aussi manqué aux autres. Et elle le prouvera encore m.oins, si nous sommes en état de rendre vraisemblable que les motifs de leur aversion pour ces arbres généalogiques gisaient danr- ce qui les séparait [iroprement des Ebionites simples. Or, un de ces motifs était évidemment l'opinion défavorable que les Ebionites d'Epiphane et des Homélies Clémentines , avaient de David , dont la généalogie de notre premier évangile fait descendre Jésus. Ils distinguaient, on le sait, dans l'Ancien Testament, une double prophétie, l'une mâle, l'autre femelle ; l'une pure, l'autre impure- la première n'annonçant que des choses divines et vraies; la seconde, des choses terrestres et fausses; la première venant d'Adam et d'Abel; la seconde d'Eve et de Caïn, et toutes deux se suivant dans toute l'histoire de

(1) AvecNeander.l c, et Sclinetken- (2) Comme Hoffmann essaie de le

blirger. iiber einen hœujîg iiherseheneii prouver, S. 198.

Punfit in der l.ehre dfr Ebionilen von (3) J'entends les renseignements der Person C/iiisli, Tiibinger Zeil.tcltrift, d'Hégésippe dans Eiisèbe, H. F!., i . 22. y. T/ieol., 1830, 1, 114. — La première H est faux, pomme Hoffmann le souopinion est celle de Gicseler, iiher î\'a- tient, qu'F.pipliane, Hieres., 30, 1, opzanver ttnd Ebioniten . dans Stœudlin's pose les F.hionites aux IS'azarceijs en undTzschirner's Arvhh-Jur}^.. Çi.lx'&A., tant que secte plus réccnic ; il en fait et de Credner, I. c. l'origine contemporaine, Hares. ^f) 7

212 l'HEMlÈRK SECTION.

la révélation (1). Us ne reconnaissaient pour vrais prophètes dans l'Ancien Testament que les hommes pieux depuis Adam jusqu'à Josué; non seulement ils ne reconnaissaient pas pour tels , mais encore ils détestaient les prophètes et les iiommes de Dieu postérieurs, parmi lesquels David et Salomon sont nommés (2). Nous trouvons même des indications positives que David a été l'objet de leur abomination particulière. Plusieurs raisons leur rendaient odieuxDavid (et aussi Salomon) : David avait été un guerrier sanguinaire ; et l'effusion du sang était, d'après lesÉbionites, un des principaux péchés. On connaît un adultère de David (et, de Salomon, ses voluptés); or, lesEbionites abhorraient l'adultère plus encore que le meurtre. David était un joueur d'instruments à cordes; or, la musique des instruments à cordes, invention des Cainites ( 1 Mos. , li, 21), était un signe de la fausse prophétie; enfin les prophéties venues de David, et celles qui se rapportent à lui (et à Salomon), allaient a un royaume terrestre dont les Ebionites ne voulaient pas entendre parler (3). Or, ce motif d'aversion pour les généalogies ne pouvait trouver place chez les Ebionites , sortis du judaïsme ordinaire ; car, pour le juif orthodoxe, David était l'objet de la plus haute vénération.

Les renseignements ne sont pas suffisamment clairs et concordants sur un second point, à savoir, si ces Ebionites avaient été conduits à rejeter la généalogie par un renchérissement sur l'ancienne doctrine ébionite touchant la personne du Christ. D'après Epiphane, ils distinguaient, tout à fait à la façon des gnostiques, Jésus, fils de Joseph et de

(1} Homil., 3, 23-27. HoniiL, 3, 25 : Et: /J^-^iV xa! ot â-Tto tvîç

(2) Kpiph. , //(t/tf^., 30, 18 ; conipa- toûtsu (toù Vicu-t) Si'y.Soy7,ç irpot/r/Iivrez 15. GÔt£5 -npiàxoi fj.oc^ot iyîwov-o, xat \|/aÀ-

(3) Voyez les passages dans Credner Tvi'pta , >.aî xtÔapac , xaî pKaÀxîT; ôn/.juv (Méinoirecité). Un endroit des Homélies TroJsatxwv tyt'vovTO. Ai' S xai •/) tùv if- Clémeutines , bien qu'il n'y ait pas dési- yovtjy irpctp-^Tica, u.o:;({oy xaî <j/a/.T-/ipcQ>» gnation de noni, montre claireuicut que yî^ovaa , ).ay6ayôïT<i>; otà tùv i^'îunace sont ces traits qui déplaisaient dans Ocitïv «^ tovç 7io).{iuiov; iyûpu.

David à celte secte ciirétienne. On lit ,

Marie, du Christ descendu en lui (1) 5 et, à ce point de vue, il n'y avait que leur aversion pour David qui pouvait les détourner de rapporter la généalogie à Jésus. Mais l'opinion fondamentale qui règne dans les Clémentines et un passage de ces Homélies (2), ont autorisé récemment la critique à conclure, non sans apparence de raison, que l'auteur de cet ouvrage avait aussi abandonné la doctrine de la conception naturelle, et même de la naissance naturelle de Jésus (3). Tout cela montre d'une façon encore plus évidente, que la raison pour laquelle cette secte rejetait les généalogies, lui appartenait en propre et ne lui était pas commune avec les autres Ébionites.

Toutefois, on n'est pas sans avoir des traces positives indiquant que les Ebionites issus du judaïsme ordinaire ont eu les généalogies. Tandis que les Ébionites d'Épiphane et des Clémentines ne nommaient Jésus que iils de Dieu et rejetaient la dénomination de fils de David comme entachée de la commune opinion juive [k) , d'autres Ebionites sont accusés par les pères de l'Eglise de reconnaître Jésus pour Iils de David seulement, à qui les arbres généalogiques conduisent, et non pour fils de Dieu (5). De plus, Épiphane raconte des anciens gnostiques judaisants, Cérinthe et Carpocrate, qu'ils se servaient, à la vérité, duméme évangile que les Ebionites, mais qu'ils employaient les généalogies, qu'ils y lisaient par conséquent, à prouver la génération humaine de Jésus par Joseph (6). Les mémoires, à7:o{j!.vr,pv£U{J!.aTa,

(1) Epiphan., Hœres,, 30, 14, 16, 34- portaient en conséquence le passage de

(2) Jfom., 3, 17. Mattli., 11, 27 : Personne ne connaît le {'à) Scliueckenbiirger , Uebev das père, si ce n'est lejils, a ceux qui regar-

Evang. der ^figypler, S. 7; Baur, christl. daient David comme le pcre de Christ et

Gnosis , S. 760 ff. Comparez Creduer, Cbrist comme son fils, et qui mécon-

I. c., S. 253 f., et Hoffmann , S. 208. naissaient le fils de Dieu , et ils se plai-

^4) Orig., Coinm. in Malth, ^T. 16 , gnaient (jii'au lieu de Dieu tous di-

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