‹ Vie de l'abbé Martin (d'Agde) curé de Saint-Denis, à Montpellier, précédée d'une introdChapitre 101 sur 135 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

qui la couvrait, la poussière de ce grand cœur qui les avait tant aimés ; il leur semblait que leurs baisers allaient réveiller cette cendre, et le bruit courut que le mort avait parlé et qu'on Pavait entendu, du fond du sépulcre, bénir encore le peuple et lui dire comme autrefois : La paix soit avec vous ^.v

Honoré des éloges que nous avons reproduits, le livre de l'abbé Martin fut l'objet d'une faveur plus grande. M*^' l'Archevêque d'Avignon, métropolitain de Montpellier, lui donna, après examen, une approbation officielle, dont la lecture suffit pour nous faire comprendre l'impression qu'avait produite ce livre sur M*' Debelay ;

« Avignon, le 3 juin 1861.

» Sur le témoignage qui nous a été rendu par un des membres de la commission chargée de l'examen des livres dans notre diocèse, nous donnons notre

* S. Chrys., t. 111, ch. xlvi, p. 369-37i. — Nicéphore raconte qu'au moment où les cendres de Jean traversèrent le Bosphore, un coup de vent s'éleva subitement et dispersa çà et là les bateaux qui couvraient la mer, mais qu'il poussa celui qui portait le sacré dépôi vers le champ de la veuve de Théognoste, dont Ghrysostome avait défendu les intérêts contre la rapacité d*Eudoxie, et à l'occasion de laquelle il avait encouru la disgrâce de la Cour et l'exil.

L'abbé Martin conservait, comme une précieuse relique, une feuille du laurier qui ombrage la fontaine de saint Ghrysostome, près du champ de la veuve de Théognoste. Cette feuille avait été cueillie par M. l'abbé d'Alzon, vicaire général de Nîmes, et en^ voyée de Constantinople àTabbé Martin, le 3 mars 1863,

^ L ABBB MASam

pleine approbation à Pexoellent oavrage que vient de publier M. FAbbé Martin (d'Agde), et qui a pour titre : Saint Jean Chrysostome, ses oeuvres et son siècle.

f» On ne saurait exprimer en moins de mots un cadre plus vaste, plus intéressant, et nous réserverons nous-même tous les éloges que mérite cette œuvre, en constatant avec satisfaction que le savant auteur l'a dignement rempli. Science sociale et religieuse, étude approfondie des immortels écrits de saint Jean Chrysostome, saisissante peinture d'un siècle qui fut si fécond en contrastes pleins d'enseignements, histoire du Sacerdoce catholique et de son action civilisatrice, détachée avec la figure de l'Apôtre et du Saint, comme d'un vaste tableau où la lumière rayonne à côté des ténèbres, la grandeur et la sainteté à côté de la bassesse et du vice ; forme attachante, style animé et cependant contenu, tout concourt à faire du livre de M. Martin une œuvre vraiment remarquable.

» Au milieu de notre siècle d'avortements ou de productions légères, il est bon , quand une œuvre de conscience, de travail et de méditation vient à paraître, de l'accueillir avec empressement et de lui faire encore, parmi les rares travaux de ce genre, la place d'honneur qui lui convient.

» C'est pourquoi nous conseillons à tous les lecteurs sérieux , et en particulier aux prêtres du diocèse d'Avignon, le bel ouvrage de M. Martin. î

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9» Les uns et les autres puiseront dans cette lecture, avec un accroissement de leur foi et de leur dévoue* ment à TÉglise, une admiration profonde pour la Religion qui a fait de si beaux génies, des caractères si élevés, et, par eux, tant et de si grandes choses.

9» Si le témoignage que nous rendons à cet excellent livre peut contribuer en quelque sorte à sa propagation, nous croirons avoir bien mérité de PEglise et de la société.

5» -|- J.-M. Mathus, archev. d'Avignon.»»

La distinction la plus flatteuse que puisse ambitionner le prêtre était réservée à l'œuvre de l'abbé Martin. Il reçut de Sa Sainteté Pie IX un Bref d'autant plus précieux, qu'on lui rapporta que le Souverain Pontife n'avait pu retenir ses larmes quand il avait lu le passage déjà cité * sur les épreuves actuelles de la Papauté.

Nous reproduisons la traduction de ce Bref :

PlB IX,

Cher Fils, Salut et Bénédiction Apostolique.

Nous avons reçu, avec Votre Lettre d'une soumission très-filiale , un exemplaire de l'ouvrage que Vous avez composé et publié sous le titre : Saint Jean Chrysostome , ses œuvres, son siècle. Il Nous serait agréable de lire de nouveau les traits glorieux de ce grand modèle de la fermeté et de la pa-

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tience sacerdotales ; mais les soins et les sollicitudes très-graves de Notre Charge ne Nous l'ont pas encore permis. Nous Vous félicitons cependant de Votre excellent travail, et Nous Vous louons des efforts que Vous avez faits pour célébrer, dans ces temps malheureux, les gloires de ce grand défenseur de la foi catholique ; et , comme gage particulier de Notre Affection, Nous Vous accordons la Bénédiction Apostolique, désirant qu'elle soit pour Vous, cher Fils, une source de félicité spirituelle et corporelle. Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 19 juin 1861, la seizième année de Notre Pontificat.

Pis IX V

• Plus p.p. IX,

Dilecte Fili, Salutemet Apostolicam Benedictionem,

Exemplar operis allatum Nobis fuit cum Litteris Tuis obse-

quentispimis , quod mox a Te exaralum, ac typîs in Incem

publicaoi editum , titulum habet : Saint Jean Chrysoslome , ses

œuvres, son siècle, Esset Nobis quidcm jucundum magni ejus

sacerdotalis constantiae exempli glorîosa gesta iteratô recolerfî ;

sed gravissimœ curœ et soUicitudines quibus continué Distine-

mur, nondùm sivenint, ut quidquam de Tuo eodem opère Degus-

laremus. Gùm Tibi idcircô de humanissimo officio Tuo gratias

Persolvimus, méritas simul Tribuimus laudes, quod tristissimo

hoc sanè tempore strenuum eumdem catholicœ fi dei propngnato-

rem litteris commendare ac celebrare Studueris. Et praecipuap

Nostrs in Te caritatis pignus sit ApostoUca Benedictio . quam

omnis et animi et corporis prosperitatis auspicem Tibi ipsi,

Dilecte Fili, amanter Impertiraur.

Datum Romœ, apud Sanctum-Petrum , die 19 Junii 1861.

Pontificatûs Nostri an no decimo sexto.

Plus P.P. IX.

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